•  

    « Lorsque j'étais ado, il y en avait un comme lui, dans mon quartier. Un blondinet aux fesses rondes que ses parents avaient eu la bonne idée de prénommer Jean-Marc, ce qui est dur à porter quand on aime emprunter les jupes de sa mère et qu'on chante François Deguelt avec une voix de soprano.

     

    Il avait droit à tous les noms d'oiseaux ? Tantouze, lopette, p'tite fiotte, pédé, c'était les plus flatteurs et les plus distingués.

     

    Son père était routier et le cognait chaque dimanche pour le guérir de ses mauvais penchants. Sa mère le consolait et l'appelait mon bébé. Il se faisait charrier par tous les cons de mon âge.

     

    Sa vie n'était qu'une tartine de fiel sur un quignon de pain moisi.

     

    Il s'est jeté du toit de sa maison, à la fin d'un week-end trop long. Sûrement découragé par la bêtise humaine. Il a raté son grand plongeon, et s'est retrouvé paraplégique.

     

    Il avait à peine quinze ans.

     

    On ne décide pas

     

     

    Quand j'ai appris ce qui lui était arrivé, je me suis senti merdeux, même si je n'y étais pour rien à titre personnel – à titre plus personnel que les autres, en tout cas. Je ne lui avais jamais adressé la parole. Mais les regards en coin, les rires gras, les clins d'oeil, ça aussi ça peut pousser quelqu'un dans le vide, je crois. Du coup, si on fait bien le compte, on était quelques-uns à le faire sauter du toit, ce soir-là. Son père en première ligne, et nous autres, en renfort. Nous tous, les hommes forts.

     

     

     

    Arrivé à mon âge, à moins de n'avoir rien compris à la vie, on se fout du choix des gens. Il y a des hétéros, il y a des homos. Il y a des multicartes. Il y a des indécis. On ne décide pas plus de ce qui nous fait bander que de naître gaucher, frisé ou aux yeux verts.

     

    Ni mérite ni honte.» (p.55)

     

     

     

    (Bon rétablissement de Marie-Sabine ROGER)

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  • Xavier

     

    Pas viril

      

    « Quand il était encore bébé

     Xavier

     Voyant sa mère qui pouponnait

     Son cadet

     Voulant tout faire comme Maman

     Tendrement

     Langeait et berçait son ourson

     Sans façon

     Vous voyez, vous voyez

     Qu'il était bien disposé

     Mais les amis mais les parents

     Apprenant

     Qu'il était tendre et maternel

     L'eurent belle

     De tomber à bras raccourcis

     Sans merci

     Sur la pauvre maman tranquille

     Malhabile

     Vous voyez, vous voyez

     Qu'elle n'y avait pas pensé

     Ils lui prédirent avec terreur

     Quelle horreur!

     Qu'il allait être paraît-il

     Pas viril

     Dirent qu'il fallait mettre aussitôt

     Une auto

     Dans les mains de ce petit mâle

     Anormal

     Vous voyez, vous voyez

     A quoi on peut échapper

     Mon Xavier n'a pas protesté

     Pas pleuré

     A enroulé vaille que vaille

     La ferraille

     Dans le mouchoir de sa maman

     Tendrement

     Puis il a fait faire dodo

     A l'auto

     Vous voyez, vous voyez

     Qu'on pouvait bien s'inquiéter

     Je dois pourtant vous rassurer

     Sur Xavier

     Il a passé sans avanie

     Son permis

     Ses sentiments pour son auto

     Sont normaux

     Tous ne peuvent pas en dire autant

     Bien souvent

     Vous voyez, vous voyez

     Tout finit par s'arranger"

     

     

    Anne SYLVESTRE - Écrire pour ne pas mourir (1981)

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  • « Je croyais que c'était beau d'être une femme. J'y avais cru dans les yeux de ma mère.

     

    J'ai découvert que ça pouvait être une maladie. Honteuse. Qu'il faut faire oublier pour pouvoir vivre tranquille. Je ne dis même pas « respectée ». Je dis « tranquille ».

     

     

    J'ai vu des filles se mettre à parler comme ces garçons qui nous gâchent la lumière. Je les ai vues s'habiller comme eux, prendre leur allure, leur langage. Pour être acceptées. Pour être tranquilles.

     

    Moi je tresse mes cheveux, je les parfume. Rien ne me fera jamais penser qu'être une femme, c'est mal.

     

    Je n'ai pas envie de repenser à tous les mots que j'ai entendus. Tous ces mots qui font de chacune de nous une serpillière à essuyer les crachats.

     

    Il faut se mettre un voile sur la tête pour éviter qu'ils nous souillent ?

     

     

     

    Même mes frères s'y sont mis. Et ma mère n'a rien dit.

     

    Mes frères, je ne vous reconnais plus. Vous dites que vous me « protégez ». Mais de quoi me protégez-vous ? D'être une femme ? Il faut qu'on se cache pour être respectée ? De quoi ? De vos pensées ? » (p.32-33)

     

     

     

    (Le ramadan de la parole de Jeanne BENAMEUR)

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  • « Mon beau-neveu Gaël est spécialisé dans le team building, le team learning et les événements outdoor. Rien que l'énoncé me déprime.

     

    Ce garçon est un échantillon vivant de son travail : bien coiffé, bien sapé, pragmatique, efficace, remarquablement creux. Il vit dans un monde parallèle dans lequel il est persuadé que ce qu'il fait est important. Un univers virtuel, totalement improductif, mais, semble-t-il, incontournable, résonnant de termes obscurs aux oreilles du péquin moyen : organisations pyramidales, transversales ou matricielles, stratégies, déploiements d'objectifs, interfaces.

     

    Je n'ai rien à lui dire.

     

    Lui non plus, c'est heureux.

     

    Conformisme : un échantillon vivant

     

    Quant à ma nièce, depuis qu'elle est maquée avec son team builder, elle a abandonné – sans efforts déchirants – toute velléité de penser par elle-même. Elle s'est transformée en « femme-de-Gaël » et elle a adopté sans faillir sa façon de penser, de parler, d'envisager la vie, la politique, les grosses cylindrées et les montres de prix. Elle est devenue parfaite et inutile, lisse et décorative. Ils forment un couple élégant, aimé de leur banquier, béni par le destin. Leur seul échec, c'est leur fils Jérémy, qui tient de pépé Jean son mépris de la hiérarchie, de mon père, un vieux fond de convictions sociales et de moi (ça alors!), une grande facilité à se moquer de l'opinion des gens. Un mélange harmonieux. J'aime bien ce gamin. » (p.131-132)

     

     

     

    (Bon rétablissement de Marie-Sabine ROGER)

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  • La vaisselle

     

    « {Refrain:}

     

    Qui c'est qui fait la vaisselle?

     

    Faut pas qu'ça se perde!

     

    Qui c'est qui doit rester belle

     

    les mains dans la merde ?

     

    Mais tout change {2x}

     

    et voici Jules qui lange

     

    les fesses de l'héritier.

     

    Il balaie {2x}

     

    et bientôt, quelle merveille,

     

    il astique le plancher.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

     

    Mais tout bouge {2x},

     

    et voici que les yeux rouges

     

    il fait cuire le rôti.

     

    Il cuisine {2x}

     

    - quelle splendeur assassine! -

     

    fait la plonge et il essuie.

     

    Ça fait rien, on change rien

     

    {au Refrain}

     

    Mais tout marche, mais ça marche,

     

    et voici qu'il ne se cache

     

    quand il reste à la maison.

     

    C'est Germaine qui ramène

     

    tout l'argent de la semaine,

     

    ce n'est pas contre saison.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

     

    Mais il l'aime, mais ils s'aiment,

     

    et ce n'est pas un problème

     

    de savoir qui va porter

     

    la culotte ou bien les bottes,

     

    et le seul drapeau qui flotte,

     

    c'est une taie d'oreiller.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

    La vaisselle

     

    Mais voici que sonne l'heure

     

    de traîner l'enfant qui pleure

     

    vers l'école aux bancs de bois.

     

    L'enfant de Germaine et Jules,

     

    sans y penser, articule

     

    dans les livres d'autrefois.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

     

    Tout recule {2x}

     

    et plus tard le petit Jules

     

    aura des enfants aussi

     

    qui derrière leur cartable,

     

    dans l'école imperturbable

     

    épelleront ces niaiseries.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

     

    Qui c'est qui fait la vaisselle?

     

    Faut pas qu'ça se perde.

     

    Oh, mais non!

     

    Merde!"

     

     

     

    Anne SYLVESTRE - Écrire pour ne pas mourir (1981)

     

     

     

     

     

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  • « Quand un enfant vient au monde, il naît avec un sexe biologique, mâle ou femelle.

     

    Ce qui est biologique, par exemple, c'est que les femmes peuvent avoir leurs règles alors que les hommes n'en ont pas. Ou que les hommes ont des testicules mais pas les femmes.

     

    Pour annoncer la naissance d'un enfant, les parents envoient un faire-part, souvent rose pour les filles et bleu pour les garçons. Les filles et les garçons ne savent pas à la naissance s'ils préfèrent le rose ou le bleu.

    Ce qui est biologique et la question du genre

     

     

    Le genre n'est pas biologique. Utilisé en sciences sociales, le genre est un concept qui définit l'ensemble des qualités et des comportements attendus de la part des hommes et des femmes par la société.

     

    (…)

     

    Mais tout le monde ne se sent pas forcément « homme » ou « femme ».

     

    Aujourd'hui, un courant qu'on appelle le mouvement queer (« « bizarre »), théorisé par l'intellectuelle américaine Judith Butler, rejette la distinction homme/femme trop limitative : il y a les transgenres (qui se sentent appartenir à l'autre sexe), mais aussi ceux qui se sentent homme et femme ou ni homme ni femme...

     

    Pour Judith Butler, le genre peut évoluer, changer, être réinventé. » (p.61)

     

     

     

    par Zineb DRYEF et Donatien MARY

     

    TOPO n°3 (janvier-février 2017)

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  • Ne plus pouvoir marcher

    « Ce n'est pas parce qu'on ne peut plus marcher qu'on perd de la valeur en tant qu'être humain !! »(p.38)

     

     

     

    (Real - Tome 2 de Takehiko INOUE)

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  •  ça n'se voit pas du tout

     

    « "Les enfants des chômeurs

     

    Des sans-abris, des RMistes

     

    Reçoivent le meilleur

     

    De ce qui passe sur nos listes

     

    Couverts de pied en cap

     

    De vêtements des grandes marques

     

    Fini le handicap

     

    Et bien malin qui les remarque

     

    Ca gêne beaucoup moins

     

    Et quand ils se lavent les mains

     

    Je vous jure, on s'y tromperait

     

    On dirait des enfants, des vrais

     

    Ça n'se voit pas du tout, pas du tout

     

    Ça n'se voit pas du tout

     

    Ces gens dans le métro

     

    Qui nous imposent leur musique

     

    Ou ceux qui parlent trop

     

    En recherchant le pathétique

     

    Jamais vous ne croiriez

     

    Qu'ils sont vraiment ce qu'ils prétendent

     

    Ils sont bien habillés

     

    Y en a qui sentent la lavande

     

    Leur faire la charité

     

    Moi, j'aurais peur de les vexer

     

    Entre nous, et bien franchement

     

    Ils sont pauvres ou ils font semblant ?

     

    Ça n'se voit pas du tout, pas du tout

     

    Ça n'se voit pas du tout

    ça n'se voit pas du tout

     

    Mon épicier m'a dit

     

    Qu'autrefois dans le voisinage

     

    Il y avait des taudis

     

    Qui déparaient le paysage

     

    Il devait s'y passer

     

    Les choses que l'on imagine

     

    On ne pouvait laisser

     

    Proliférer cette vermine

     

    On les a remplacés

     

    Par des immeubles policés

     

    Ce qu'on a fait des habitants ?

     

    Ils sont relogés depuis longtemps

     

    Ça n'se voit pas du tout, pas du tout

     

    Ça n'se voit pas du tout

     

    Quand ma fille a fauté

     

    J'ai failli la mettre à la porte

     

    Mais j'étais révoltée

     

    A la seule idée qu'elle avorte

     

    Il y a des endroits

     

    Où on peut arranger les choses

     

    Et tout le monde croit

     

    Qu'en ce moment elle se repose

     

    Elle a eu son bébé

     

    Il était bien un peu foncé

     

    Mais tout de même assez mignon

     

    Ça sera mieux pour l'adoption

     

    Ça n'se voit pas du tout, pas du tout

     

    Ça n'se voit pas du tout

     

    Mon fils qui est très beau

     

    Va bien se décider, j'espère

     

    A reprendre le flambeau

     

    De la famille et des affaires

     

    Il n'a pas l'air pressé

     

    De rechercher le mariage

     

    J'ai beau lui présenter

     

    Des jeunes filles de son âge

     

    Il n'y a que des garçons

     

    Qui viennent le voir à la maison

     

    Mais s'il avait des goûts pervers

     

    Je le saurais, je suis sa mère

     

    Ça n'se voit pas du tout, pas du tout

     

    Ça n'se voit pas du tout

     

    Je suis sollicitée

     

    Par les œuvres de la paroisse

     

    Je suis trop occupée

     

    Pour éprouver la moindre angoisse

     

    Je me lève très tôt

     

    Pour attraper la première messe

     

    Puis dans les hôpitaux

     

    Je vais secourir les détresses

     

    Oui, j'aime mon prochain

     

    Et je m'applique à faire le bien

     

    Car j'ai un cœur très généreux

     

    Mais j'ai l'impression, c'est curieux

     

    Ça n'se voit pas du tout, pas du tout

     

    Ça n'se voit pas du tout"

     

     

     

    Anne SYLVESTRE – Partage des eaux (2000)

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  • « - Et toi ? T'as quelqu'un ?

     

    - Eum... Je suis pas sûr... je sais pas...

     

    - Comment ça, tu sais pas ?

     

    - Ben, je l'ai embrassé avant qu'il parte en vacances.

     

    - Qu'elle.

     

    - Quoi ?

     

    - Qu'elle. T'as dit qu'il ne parte, c'est qu'elle ne parte.

     

    - Mmmmm.... non.

     

    Je sais pas trop

     

    - OH ! Tu... T'es... Ah ! Euh... Tuuu ?...

     

    - NON ! Enfin... Je sais pas trop...

     

    Peut-être ?

     

    - Héé... C'est pas grave.

     

    C'est même assez cool ! J'ai jamais eu de copain gay.

     

    - Euh, je sais pas vraiment si je...

     

    - Enfin... J'ai jamais eu de copain "peut-être gay ou peut-être pas finalement"...

     

    - Hum !

     

    Merci... » (p.118)

     

     

     

    (Simon & Louise de Max de RADIGUES)

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  • «Pendant que je reboutonnais le babygros de Tyler, je me suis brusquement rendu compte que ces gamins étaient sacrément ordinaires. « Ils se conforment aux stéréotypes de leur sexe », dirait Liam. Pardon ? En tout cas je savais qu'on ne prendrait jamais Mirelle pour un garçon, ni Cody pour une fille. Tyler était encore un bébé, alors il ne comptait pas. Si on lui mettait des habits à volants, les gens diraient sans doute : « Quelle jolie petite fille ! » en roucoulant au-dessus de lui.

     

    « Jolie .» Un mot pour les filles. Comme on emploie « beau » pour parler des garçons. Liam avait raison : les gens ne parlent pas des garçons et des filles de la même façon. Ils attendent un comportement différent selon le sexe. Et quand les enfants ont une attitude « hors rôle », comme disait Liam, ils reçoivent l'étiquette de « garçon manqué » ou de « chochotte ».

     

    Il y a des lignes qu'on ne franchit pas, en matière de vêtements, de comportement, d'attitude. Par exemple, si je portais du rouge à lèvres et de la dentelle au lycée, personne ne le remarquerait. Pourtant, ils devraient, parce que je n'ai jamais mis ni l'un ni l'autre. Je ne suis pas très féminine. Les gens acceptent qu'on soit plus ou moins féminine tant qu'on reste du bon côté de cette échelle graduée, ce spectre qui va de « très masculin » à « très féminin » : princesse un jour, souillon le lendemain. Pareil pour les garçons.

     

    Jusqu'à un certain point.

    Question de genre

     

    La limite autorisée n'est pas aussi éloignée dans un sens que dans l'autre, sur le spectre. Par exemple, quand on est une fille, on peut être exagérément féminine, ça ne pose pas de problème, mais si on a un comportement ou des sentiments un peu trop masculins, on est une gouine.

     

    Pareil pour les garçons. MUCHO macho, pas de problème. Doux et tendre égale tapette.

     

    Que se passe-t-il quand on est né hors du spectre, entre les deux pôles, comme Liam ? On est un monstre, voilà tout.

     

    Voilà ce que ressentait Liam, je le sais. Un jour, il m'a dit qu'il n'y avait pas de place pour lui sur cette Terre, qu'il ne pouvait s'intégrer nulle part. Il était vraiment hors du spectre. Garçon le jour, fille la nuit. Sauf qu'il était tout le temps une fille au fond de lui. C'était gravé dans son cerveau, disait-il, comme l'intelligence ou la mémoire. Son corps ne reflétait pas son image intérieure. Son corps le trahissait. A cause de la façon dont les gens voyaient Liam – comme un garçon -, il devait se conformer à ce qu'ils attendaient de lui. Se déguiser pour ressembler à son personnage. Jouer ce rôle. Et Liam était doué pour ça, un expert. Il avait eu tant d'années d'entraînement. Ç'avait dû être horrible, cela dit, jour après jour après jour, de voir partout autour de lui ce qu'il voulait être, si désespérément, et ne pourrait jamais être. » (p.81-83)

     

     

     

    « Alors quand ? Ça commence quand ? A un moment donné, la société exige qu'on soit comme ci et pas comme ça, et on sait ce qu'elle attend de nous. Comment le sait-on ? Est-ce, genre, une tendance naturelle, innée ? Sommes-nous programmés comme ça ? Peut-être qu'on apprend à observer ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Qu'on essaie de s'adapter. Qu'on veut s'intégrer. Qu'on ne peut pas. Est-ce que nos parents nous l'apprennent, font de nous des être conformes ? » (p.83)

     

     

     

    « Tout est possible. C'est pas noir ou blanc. Entre le genre masculin et le genre féminin, il y a diverses teintes de gris. » (p.110)

     

     

     

    (La face cachée de Luna de Julie Anne PETERS)

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