• « - Je ne suis pas là pour juger vos goûts personnels.

    Le problème est que cette chose a été placardée partout et que ça jase chez les élèves. (...)
    Ce genre de rumeurs font très mauvais genre dans un lycée pour garçons.
    (…)
    Qu'y a-t-il mademoiselle Yamaguchi ? Cette histoire ne vous concerne en rien ! Je vous prie de sortir !


    - Il était une fois un yakuza qu'on appelait Hama !
    - Plaît-il ?
    - C'était une brute incontrôlable, qui ne sortait de zonzon que pour y retourner. (…) Et il y a à peine cinq ans, il a changé du tout au tout... Et pourquoi à votre avis ?!
    - Je... je n'en sais rien...
    - Il y a cinq ans, Hama a rencontré Akira !
    Akira avait fugué de chez lui, il s'agissait d'un petit voyou qui faisait le mal partout où il allait, mais au fond c'était un gars en or.
    Hama s'est attaché à lui, et à force de prendre soin de lui, chacun d'eux a fait de l'autre une meilleure personne.
    (…)

    Sous prétexte qu'ils sont différents


    Pour faire court, le monde est rempli de gens différents les uns des autres et chacun est unique !
    - ça, je le sais, pas la peine de me le dire !
    - Dans ce cas... vous savez que vous avez tort !!
    C'est mal de maltraiter et de brimer ses camarades sous prétexte qu'ils sont différents ! À charge pour les professeurs de l'enseigner à leurs élèves !
    Au lieu de ça, vous êtes là à ergoter et à justifier le renvoi de M. Miura...
    Un tel comportement revient à la même chose que de choisir un gamin comme souffre-douleur !
    Ordonnez-nous plutôt : « Retournez dans vos classes sur-le-champ et allez passer un savon à tous ces petits braillards, si vous êtes des profs ! ». (p.166-173)

    (Gokusen tome 11 de Kozueko MORIMOTO)

     

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  •  

    « Maria Candea souligne à quel point le genre influe sur le sens pour certains métiers : « La perception du « cuisinier », qui évoque les chefs de restaurant, n'est pas du tout la même que celle de la « cuisinière », qui rappelle la cantine scolaire ou la mère au foyer. »

     

     

     

    « Spécialiste de l'apprentissage de la langue, Danièle Manesse donne du crédit à l'accord de majorité – l'accord se fait par rapport au nombre : deux féminins l'emportent sur un masculin. Non pas pour contrer le « sexisme » de la règle de domination du masculin sur le féminin, mais pour pallier son « invraisemblance » : « Il faudrait au moins remplacer la stupide formule « le masculin l'emporte toujours sur le féminin » par « on accorde avec le genre appelé masculin ». Cela cesserait d'entretenir la confusion entre genre des mots et genre sexuel. »

     

    Un point de discorde

     

    « C'est une bonne idée d'écrire « agriculteurs.rices », mais il y a un problème de transcription à l'oral !, défend le socio-linguiste Louis-Jean Calvet. La langue, c'est d'abord le reflet de la parole. Une modification écrite qui entraîne un changement de prononciation, ça ne s'est jamais vu dans aucune langue. Il y a ici une double illusion : celle selon laquelle on peut changer la langue par l'écriture, et celle selon laquelle on peut changer les rapports sociaux avec la langue. »

     

     

     

    « Puisque « l'usage est le tyran des langues », soyons-en les despotes éclairés. »

     

     

     

    (extraits d'un article de Romain JEANTICOU pour Télérama n°3545-3546 – décembre 2017)

     

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  •  

    Une trans splendide

     

     

    « - Tu as eu le coup de foudre ?

     

    - Oui...

     

    - Elle est belle, Jun, hein ? On ne croirait pas que c'était un homme avant.

     

    - Quoi ? Hmm...

     

    - Tu préfères être avec une fille super moche ou une trans splendide ?

     

    - N'empêche, elle était belle... » (p.60-61)

     

     

     

    (La cantine de minuit de Yarô ABE)

     

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  •  

    « - On doit trouver les moyens d'agir ! décrète l'ancienne receveuse d'un ton chargé de révolte. Ces quatre dernières années, nous avons démontré que nous valions autant que les hommes et on ne nous a accordé aucune reconnaissance, d'aucune sorte ! On ne peut pas se soumettre à une telle injustice ! Tu acceptes de vivre comme avant, toi ?

     

     

     

    - Non, concède Agnès. Mais que pouvons-nous faire ?

     

     

     

    - Il paraît que les députés débattent d'une proposition de loi pour nous accorder le droit de vote, chuchote Renée. Ils essaieront sûrement d'enterrer le projet en prétendant que les femmes, par nature, n'aspirent à rien d'autre que de s'occuper de leur famille et de leur maison. Le club organise une réunion la semaine prochaine pour discuter de la manière de les pousser à prendre la bonne décision. Il paraît que Madeleine Pelletier viendra tout exprès de Paris pour y assister, tu te rends compte ? » (p.72)

     

    Voter c'est exister !

     

    « -Les hommes ont voulu la guerre et nous l'avons endurée pendant quatre ans. Ils nous ont sacrifiées à leur jeu mortel, exigeant que nous soyons là pour les pleurer, les panser, les réconforter. Et nous avons été là. Nous avons permis, par nos sacrifices consentis et silencieux, que notre pays ne s'effondre pas. Mais que font les hommes, aujourd'hui ?

     

    (...)

     

    Au lieu de nous reconnaître enfin comme leurs égales dans le sacrifice, les hommes nous renvoient à nos foyers. Ils nous demandent de nous soumettre à leur volonté, comme nous l'avons toujours fait, et de réparer l'immense massacre dont ils sont responsables en enfantant très vite de nouveaux soldats, la chair à canon de leurs futures guerres. Il est grand temps que cela cesse, mesdames! Il est temps qu'on cesse de décider à notre place et que nous choisissions, ce que nous, nous voulons.

     

    Il est temps que la Française puissent voter ! » (p.86-87)

     

     

     

    « Voter, c'est exister ! scande-t-elle, aussitôt imitée par Renée. Voter, c'est exister ! » (p.90)

     

     

     

    « Ce sont les hommes qui ont défini les règles que nous suivons aveuglément. Il est absurde de nous plier à un code de conduite que nous n'avons pas choisi ! Si nous ne dépassons pas nos peurs, nous ne changerons rien à notre situation et les hommes continueront à décider pour nous ! » (p.97)

     

     

     

    (Celle qui voulait conduire le tram de Catherine CUENCA)

     

     

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  •  

    « Chaque personne est un cas d'espèce, et il est capital de toujours garder cela en tête afin de considérer chacun dans le respect de sa singularité. Il ne s'agit pas d'un surdoué, ou d'une précoce, mais avant tout d'un être humain. Qu'il soit doué d'une intelligence hors de la norme ne fait pas moins de lui un individu à part entière.

     

    Ni meilleur ni moins bon du fait de cette particularité, il ne doit surtout pas être envisagé par le seul prisme de cette spécificité et réduit à cette précocité. Mais la pire injure consiste encore à la nier, à la contester ou à la retourner contre lui. La gageure consiste à trouver le juste milieu. » (p.44-45)

      

    Un décalage perpétuel

     

    « Elijah, de son côté, avait immédiatement détecté l’hostilité de la directrice. Particulièrement sagace, il la sentait malveillante et était persuadé qu’elle ne bougerait pas le petit doigt pour lui rendre la vie moins pénible. (…)

     

    Aussi avait-il ouvertement choisi de se mettre en retrait en refusant inflexiblement de jouer le jeu : snobant les fameux ateliers, faisant un pas de côté dès qu’il s’agissait de la vie de la classe, répugnant à faire semblant d’être heureux. Il ne voyait pas l’intérêt d’être regardé encore plus différemment par les autres élèves, et comme il ne trouvait aucun soutien du côté de l’enseignante, il essayait autant que faire se peut de ne pas sortir du lot.

     

    Au prix d’une lente agonie, je le voyais s’éteindre, se mettre en veille dès qu’il entrait dans la cour de l’établissement. Il attendait avec abattement que les heures passent et que sonne l’heure de la délivrance. A la maison, dans la voiture, il était naturel, et dépensait en classe une énergie considérable à cacher méthodiquement qui il était, persuadé qu’il valait mieux se faire petit. Il me dit un soir :

     

    - A l’école, j’essaie d’être monsieur Tout-le-Monde.

     

    Et je tremblais en anticipant le jour où il ne pourrait plus se détacher de ce faux-self [concept développé par Donald Winnicott = c’est une construction de personnalité de façade dont l’individu s’habille pour être conforme aux attentes d’un environnement et se fondre dans la masse]. » (p.34)

     

     

     

    « Dans l’imagerie d’Epinal, un surdoué est en fait un prodige, une entité rare et supérieurement intelligente, brillante en tous domaines. Il est un être infaillible qui ne connaît pas l’échec, la réussite vient à lui presque comme par magie. Nulle place dans ce croquis pour l’hyperémotivité et pour l’affect, seul l’intellect froid et pragmatique y trouve sa place.

     

    Ces figures réductrices adoptées par automatisme constituent une terrible injustice à l’encontre de ces personnes décalées, qui n’ont pas choisies de l’être. Enfants comme adultes, elles souffrent de ces incompréhensions quotidiennes et répétées, de ces jugements rapides mais aussi dénués d’empathie et d’humanité. Comment pourrait-il en être autrement quand les intéressés se sentent en totale contradiction avec cette description sans complaisance dans laquelle ils ne se reconnaissent pas un instant ?! Se trouvant moyens en tout, pour ne pas dire nuls dans d’innombrables domaines, et culpabilisant aussi de faire mentir ce haut QI censé déterminer un aussi haut niveau de performance, en parfaite proportionnalité. Ils se lamentent en croyant être passés à côté de leurs ambitions d’enfant et avoir renoncé à leurs rêves. Ils ont continuellement l’impression d’être un extra-terrestre oublié sur Terre par leur vaisseau, avec presque l’envie de ne plus bouger jusqu’à ce que ce dernier s’en rende compte et revienne fissa les chercher, ne comprenant pas vraiment le sens du monde qui les entoure et n’arrivant pas forcément à y trouver une place.

     

    On les perçoit comme imbus de leur personne, pédants, usant délibérément de mots complexes dans le but de rabaisser et d’humilier les autres avec un plaisir malsain. Alors qu’ils passent leur temps à se remettre en question, à se déprécier et à douter, de tout, et plus encore d’eux-mêmes, à tenter de comprendre tous ces codes qui leur font tellement défaut, et à analyser encore et encore, de façon quasi obsessionnelle, des échanges ayant pris une tournure qu’ils n’avaient pas vu venir et qui les ont fait se sentir plus anormaux encore.

     

    « Qu’ai-je bien pu dire pour me faire rabrouer de la sorte ? » ; « Qu’attend-on de moi ? » Voilà les questions incessantes que se posent de nombreux enfants et adultes intellectuellement doués en situation sociale courante, tout en croisant les doigts pour ne pas reproduire la faute tant redoutée, celle qu’ils n’ont toujours pas pu identifier. Ce décalage perpétuel, cette incapacité à être entièrement présent dans une conversation, dans un échange (qui, s’il n’a pas une certaine profondeur, n’aura à leurs yeux qu’un très faible attrait), sans se poser alors mille questions, est éreintant, mais aussi incommensurablement énergivore pour celui qui ne peut faire autrement, parce que c’est sa nature et qu’il ne peut s’en détacher. » (p.77-79)

     

     

    (Les Tribulations d’un Petit Zèbre d’Alexandra REYNAUD)

     

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  • Additionnons nos différences

    Visuel d'une campagne de sensibilisation de l'APAJH

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  • Un droit égal pour les homosexuels

    Un droit égal pour les homosexuels

    Un droit égal pour les homosexuels

     

    (article d'Eric FASSIN, paru dans la revue "Manière de voir" n°41

    en septembre-octobre 1998)

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  • Le monstre des autres

    extrait de : 

    Le monstre des autres

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  •  

    « Tout nous pousse à nous déterminer. À le faire haut et fort. Décliner son identité. Je suis indéterminée, mon corps est un compromis. Je ne suis plus celui de ma carte d'identité, et Lauren n'existe pas officiellement. Si je ne me définis pas, suis-je vraiment ? »

     

     

     

    « Tout ce qui compte pour moi aujourd'hui, c'est d'être celle que je suis.

     

    Tu ne peux pas t'imaginer la force qu'il me faut.

     

    Je veux te montrer qu'il faut être soi-même, malgré les épreuves, malgré l'incompréhension. »

     

     

     

    « Le chemin est long, Laurent. Mais tu le parcours, et tu y es. Maintenant, tu fais face. Mathilda s'impose à toi. Et, crois-moi, tant que tu ne lui feras pas la place qu'elle mérite, elle ne te lâchera pas. Alors, ne fuis pas, et traverse ce qui doit l'être. Je suis à tes côtés. Je n'ai jamais douté que, un jour, tu seras celle que tu es. »

     

     

     

    « Je suis dans une impasse. Comment réunir ma peau d'homme avec la femme que je suis à l'intérieur, ses formes, son esprit, ses désirs ? [...] Combien de temps faut-il pour être soi-même ? Et je voudrais demander cela à tous ceux qui n'ont pas à changer de sexe. Combien d'années, de décennies, pour être en adéquation ? Adéquation de corps, adéquation de rêves, adéquation de pensées, avec ce que nous sommes profondément, cette matière brute dont il reste quelques traces avant qu'elle ne soit façonnée, lissée, rapiécée par la société, les autres et leurs regards, nos illusions et nos blessures. » (p.96)

     

    Un décalage très profond

     

    « C'est comme ça depuis que je suis tout petit, quelque chose qui n'allait pas, qui clochait dans ce que j'étais. Et aujourd'hui encore. J'ai mis du temps à savoir quoi. C'est un mal-être, un décalage très profond entre celui que je vois dans la glace et moi-même.

     

    (…)

     

    Je ne peux pas vous expliquer le désespoir, la misère que c'est de ne pas être celui qu'on voit. Chaque jour je me suis interrogé, sans jamais pouvoir en parler.

     

    (…)

     

    Le foot, je n'ai jamais aimé ça, je ne me sentais pas à ma place, mais je n'avais pas le choix, j'étais incapable de l'avouer à mes parents. Ça remettait trop de choses en question.

     

    (…)

     

    Il n'y a pas de raison de ne pas vous le dire. J'ai lutté. Je lutte encore pour croire que je suis l'homme que vous voyez. Mais ça résiste dedans, ça résiste tellement que ça sort parfois. » (p.101-102)

     

     

     

    « Tout débute maintenant pour Laurent. Cynthia va d'abord le mettre en contact avec le seul psychiatre en ville qui les entend et les soutient. Il enverra Laurent chez l'endocrinologue pour que l'hormonothérapie puisse commencer. C'est un réseau discret et solide de personnes qui comprennent, ne cèdent pas à la panique ni aux préjugés, sur le chemin tortueux du changement de sexe. » (p.124)

     

     

     

    « Névrose obsessionnelle ! Tu te rends compte, Cynthia ? Ça m'a sauté à la gorge. Comment peut-on réduire quelqu'un à deux mots ? C'est là que j'ai réalisé que tout le monde croyait que j'étais malade. Pas juste une tournure de phrase, mais vraiment malade. On va te soigner dès qu'on aura mis un nom sur ta maladie. C'est tellement simple : une maladie, un médicament ! » (p.125)

     

     

     

    (Point cardinal de Léonor DE RECONDO)

     

     

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    « Je rêve d'une éducation égalitaire entre filles et garçons. Qu'on arrête de se pâmer d'admiration devant un garçon qui embrasse deux filles d'affilée dans une soirée, alors qu'on traitera systématiquement de salope celle qui osera embrasser deux garçons.

    Je rêve...

     

    Je rêve d'une grande école humaniste où la première valeur enseignée serait le respect de l'individu qu'il soit homme, femme, riche, pauvre, intelligent ou pas. Une école où le désir des garçons ne serait pas plus valorisé que celui des filles, une école de l'entraide plutôt que du jugement, de la solidarité plutôt que de la domination. Et qu'on arrête de nous faire croire que les êtres humains sont des animaux sauvages qui ne peuvent pas vivre sans tuer, violenter, jalouser, asservir, violer et tout bousiller sur leur passage ! » (p.88-89)

     

     

     

    (Une fille de... de Jo WITEK)

     

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