• "En même temps, il en a vu d'autres, Mansour. C'est pas la première fois qu'on le prend pour un moins que rien. Le lycée lui refile les félicitations, mais personne ne le sait dans la rue, c'est pas écrit sur sa tête, ça ne se lit pas non plus dans son nom. Sa tête et son nom se rangent dans le tiroir "balayeur, maçon, éboueur ou marabout". Après tout, il s'en fout. Il sait pourquoi il reste au lycée après les cours, pourquoi il travaille plus que les autres. Un jour, il sera médecin, et tous ceux qui le voyaient balayeur, ou éboueur, il faudra bien qu'ils s'y habituent." (p.95)

    Couleur de peau

     

    "Assia n'a pas demandé à naître plus blanche que les Blancs. Peau blanche, cheveux blancs, et ses yeux... tellement clairs. "Tu l'as vue la gamine de Nafy ? Toute déteinte... C'est le mauvais œil, mauvais esprit ! T'approche pas d'elle, ça porte malheur." Chaque jour le regard aiguisé des autres. épiée, crainte, persécutée. Les gens comme elle, les albinos, on ne les apprécie guère au pays." (p.106)

    (Coup de chaud de Raphaële Frier)

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  • "Être femme est une infirmité naturelle dont tout le monde s'accommode. Être homme est une illusion et une violence que tout justifie et privilégie. Être est simplement un défi." (p.94)

     

    être

    "Je sais, dans ce pays, une femme seule est destinée à tous les refus. Dans une société morale, bien structurée, non seulement chacun est à sa place, mais il n’y a absolument pas de place pour celui ou celle, surtout celle qui, par volonté ou par erreur, par esprit rebelle ou par inconscience, trahit l’ordre. Une femme seule, célibataire ou divorcée, une fille-mère, est un être exposé à tous les rejets."

     

    "Si la femme chez nous est inférieure à l’homme, ce n’est pas parce que Dieu l’a voulu ou que le Prophète l’a décidé, mais parce qu’elle accepte ce sort."

     

    "La violence de mon pays est aussi dans ces yeux fermé, dans ces regards détournés, dans ces silences faits plus de résignation que d'indifférence..."

     

    (L'enfant de sable de Tahar Ben Jelloun)

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  • "Quelle que soit son origine ou la forme qu'elle prend, la discrimination est porteuse de violences et d'exclusion et trouve son origine dans l'intolérance et le refus de la différence."

    Des droits souvent bafoués

    Des droits souvent bafoués

    Des droits souvent bafoués

    rappel : les 20 critères de discrimination

     

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  • "C'est fou comme les gens ont besoin de s'enfermer les uns les autres dans des camps bien étanches. Quand ce n'est pas ta religion, c'est la couleur de ta peau, le pays de tes parents, le quartier où tu vis, les gens que tu aimes...
    Tu penses qu'il ne suffit pas d'être une personne pour exister. Pour parler de quelqu'un, tu as besoin de tout un tas d'étiquettes. Comme si nous étions des bêtes en route pour l'abattoir. Avec leurs labels accrochés sur l'oreille." (p.168)

     

    (J'envie ceux qui sont dans ton cœur de Marie Desplechin, aux éditions de l'Ecole des Loisirs)

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  • "En français, ce mot [bébé] n'a pas de féminin. Et, curieusement, il en va de même pour tous ceux qui désignent un nouveau-né. Par chance, quelque bon génie de la langue a épargné aux oreilles délicates l'affreuse sonorité de nourrissonne et enfançonne !"

    "Pendant neuf mois il n'y aurait rien, ni dans la chambre du bébé ni dans l'esprit de la famille, qui puisse marquer sa future identité sexuelle : elle attendait un enfant à aimer, et elle l'aimerait de toute façon."

    Esclave de son apparence

    "Est-il humain d'enfermer quelqu'un pour toujours dans une catégorie au seul prétexte que la population dans son ensemble se contente d'être esclave de son apparence ?"  (p.38)

    "Car finalement, comment s'assurer de l'adéquation entre une anatomie et la personne qui va devoir vivre avec ? Difficile de résumer un être à deux ou trois stigmates physiques !"

     

    (Dominique de Cookie Allez)

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  • "Donnons un lexique de toutes les notions qui se rapportent à l'exclusion, l'intolérance, le racisme, etc. Avec chaque fois une définition humoristique. Drôle mais juste. En tête de liste, je verrais bien l'injure suprême : intello !" (p.51)   

    Qui n'est pas comme eux

    "Le crayon de Sliman a ensuite sauté sur une feuille pour croquer un père furieux contre son fils qui lui rapportait un bulletin scolaire rempli de bons résultats. "T'es la honte de la famille ! Tu veux que tout le monde nous traite d'intellos ?" (p.54)   

    "La bande des Quatre. Ils se sentent insultés comme si on les avait caricaturés en singes.

    - Oui, et alors ? Quand ils traitent d'intello, de fayot, de p'tite merde celui qui lève le doigt pour aller au tableau, qu'est-ce qu'on leur dit à eux ? Est-ce qu'ils se demandent le mal qu'ils font quand ils s'en prennent à un boloss ou à quelqu'un qui n'est pas comme eux ?

    - Bien sûr, mais eux...

    - Eux quoi ? Ah oui, je sais, tu veux dire qu'on doit avoir peur. Dans ce cas, ce sont les terroristes du collège, et ça leur donne le droit de faire la loi ? Est-ce que c'est ça la République qu'on aime, comme dirait M. Ségurat ? Non, Tom a eu raison de créer Charliberté et je suis fière d'être avec lui. Viens, on va le rejoindre." (p.55)

     

    (Je suis CharLiberté d'Artur Ténor)

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  • "- Quarante-deux kilomètres à courir, c'est pas pour les femmes ! Encore moins pour les jeunes filles !
    - Tu crois vraiment que c'est un sport réservé aux mâles ?
    Les femmes qui gagnent des marathons aujourd'hui vont plus vite que les champions olympiques des années cinquante !
    Et pourtant, le premier marathon olympique féminin ne date que des jeux de Los Angeles en 1984." (p.14)   

    Un défi enthousiasmant

    "- Il est certain que dans les marathons mixtes, ils vont vous craindre dorénavant !
    - Soyons clairs, ce sont des courses qui montrent que les hommes et les femmes peuvent participer à une même épreuve. Alors bien sûr, c'est un défi enthousiasmant pour une femme..." (p.44)   

    "J'aimerais remercier mes parents et surtout mon père qui a compris qu'on pouvait grandir sans la liberté et la dignité en tournant le dos à l'obscurantisme.
    (...)
    Je voudrais également dédier ma médaille d'or aux femmes qui ont lutté pour obtenir le droit de courir. Je pense aussi aux jeunes filles qui encore aujourd'hui ne sont pas libres d'aller où bon leur semble, libres de rencontrer leurs amis, et qui endurent les interdits de pères ou de grands frères tyranniques.
    Pour toutes ces femmes esclaves des traditions et des préjugés, il y a encore beaucoup à faire !" (p.45)   

    (Le marathon de Safia de Didier Quellat-Guyot)

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  • "Si le mot "ptochophobie" n'existe pas, ou pas encore, il pourrait bientôt désigner un mal bien réel : la haine des pauvres. Intéressant quand on sait que depuis le 14 juin la "précarité sociale" est un nouveau critère de discrimination (le vingt et unième), au même titre que le sexe, l'origine, l'apparence physique, le patronyme, le handicap, l'âge, l'appartenance à un syndicat, etc.
    Le mouvement ATD Quart-Monde a lancé il y a plus d'un mois une consultation sur les réseaux sociaux, baptisée #UnNomPourDireNon, à l'issue de laquelle six termes ont été retenus et sont actuellement proposés au vote du public. Il faudra ensuite que le mot retenu rencontre au moins trente mille occurrences sur divers supports (livres, journaux, blogs...) pour commencer d'exister et entrer, peut-être un jour, dans le dictionnaire.(...)"

    (Sophie Rahal, article extrait du Télérama de la semaine du 6 juillet 2016)


    https://www.atd-quartmonde.fr/sondage-un-nom-pour-non/

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  • LES 20 CRITERES DE DISCRIMINATION PROHIBES 
     
    Références législatives Loi n°2014-173 du 21 février 2014 - art. 15 Loi  n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations  Article L. 1132-1 du Code du travail  Article 225-1 du Code Pénal
     
    1. l’origine fp

    2. le sexe * fp

    3. les mœurs 

    4. l’orientation sexuelle fp

    5. l’identité sexuelle fp

    6. l’âge* fp

    7. la situation de famille 

    8. l’état de grossesse et de maternité fp

    9. les caractéristiques génétiques 

    10.  l’appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie fp

    11.  l’appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée,  à une nation * 

    12.  l’appartenance ou non appartenance, vraie ou supposée, à une race fp

    13.  les opinions politiques fp

    14.  les activités ou opinions syndicales fp et/ou mutualistes (code du travail)

    15. les convictions religieuses fp

    16.  l’apparence physique * fp

    17.  le patronyme (nom de famille) fp

    18.  le lieu de résidence fp

    19.  l’état de santé * fp

    20.  le handicap * fp
     
     
     
    * Critères sur la base desquels la loi autorise des dérogations
     
    fp  Critères prohibés dans la fonction publique par la loi du 13 juillet 1983 Le Pors 
     
     

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  • "Nous échangeons sur le handicap.
    Avec l'aisance qui la caractérise, Carole commence : "Pour nous, le handicap, c'est de ne pas avoir de papiers. On ne peut pas travailler et ça génère l'isolement, on n'arrive pas à obtenir un logement décent et ça nous oblige à rester en marge des autres..." (p.21-22)

    "Depuis l'annonce de la condamnation, des journalistes s'intéressent à leur situation. Carole ne veut pas leur parler. Selon elle, "pour vivre heureux, vivons cachés". Nelly, elle, refuse ce genre de sollicitation parce que, dit-elle : "Je parle pas bien."
    Elles avouent avoir peur que les journalistes ne puissent s'empêcher de les juger en voyant le délabrement des lieux." (p.22)

    Le minimum

    "Rien n'avance, personne ne va mieux. Au contraire, il me semble être le témoin impuissant de l'indifférence et du mépris. Je ne peux pas me substituer à la volonté des personnes, juste je vois et je m'interroge sur ma responsabilité.
    Je me demande si la Terre est pour tout le monde ? Pourquoi y a-t-il des personnes qui ne peuvent pas habiter quelque part ? Ce serait tellement plus confortable d'être dans l'ignorance." (p.36)

    "Nous sommes tous fatigués, notre patience est du coup altérée et nous faisons sûrement moins attention à la manière dont nous nous tenons.
    Je sens le poids du regard dont on parle tout le temps, il est sur moi aussi." (p.42)

    "Carole me fait part de sa honte de venir pas lavée, les cheveux sales. Elle me dit : "Vendredi non plus, il n'y avait pas d'eau. Je suis pas allée travailler. je me voyais pas me présenter au bureau dans cet état-là." (p.60)

    "Le fait d'être propre sur soi change beaucoup, déjà le regard porté sur soi-même et puis, pour être honnête, mon regard aussi a changé. Pourtant je connais très bien chacun de ces adultes, chacun de ces enfants, je sais que, propres ou pas, ce sont des personnes formidables. Le respect est le même, ça ne change rien à ce que je peux dire ou faire avec chacun. mais le regard change, je crois qu'il y a quelque chose de l'ordre de la reconnaissance, comme si on était un peu plus semblable, comme si on était de la même vie." (p.69)

    (Je ne suis pas un escargot ! de Marlène Jourdan)

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