• C'est malsain ?

     

    « Douze ans & en sixième & maintenant je portais des lunettes & j'étais dégingandé, maigre, des poils sous les bras, à l'entrejambe & leurs yeux glissaient sur moi, même les professeurs & en classe de gym je refusais d'aller à la douche refusais de me promener nu parmi eux & leurs bites luisantes & en train de se gratter le torse, le ventre, certains si musclés, si beaux & riant comme des singes sans deviner sauf s'ils me voyaient & mes yeux toujours en mouvement bondissant & filant parmi eux comme des vairons s'ils me voyaient ils savaient & leur visage se durcissait de dégoût PÉDÉ PÉDÉ QUENTIN EST UN PÉDÉ & ce jour où Papa a foncé au premier où je faisais mes devoirs dans ma chambre & m'a tiré par le bras & traîné en bas & dans le garage & montré les revues Body Builder & la poupée Ken nue de la cour de récréation rapportée cachée derrière des piles de vieux journaux & il l'avait trouvée le visage marbré & furieux & à ce moment-là Papa portait une barbiche comme le docteur M... K. & elle aussi était blanche d'indignation. Serrant les revues à deux mains comme s'il tordait le cou d'un poulet pour s'épargner la vue des couvertures & des dessins que quelqu'un avait faits dessus au feutre rouge fluorescent. & aussi l'intérieur avec d'autres dessins du même genre sur les doubles pages centrales de corps mâles musclés & ce jeune type ressemblant à Barry quand il aurait été plus vieux & avec pas mal de kilos en plus & la banane rose vif toute droite entre ses cuisses & des parties de certaines photos découpées aux ciseaux. « C'est malsain Quentin » la bouche de Papa remuait, haletait, « c'est dégoûtant je ne veux plus jamais jamais revoir des choses comme ça de ma vie. Nous n'en parlerons pas à ta mère » sur le point d'en dire davantage mais la voix lui a manqué. » (p .41-42)

     

    (Zombi de Joyce Carol OATES)

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  •  

    « - Tu sais depuis combien de temps je suis amoureuse de toi? demande-t-elle en me rendant les avirons.

     

    J'évite de risquer une réponse qui pourrait me faire passer pour inattentif ou prétentieux.

     

    - Cinq minutes. Quand, après m'avoir embarquée, tu as loué un troisième ciré et que tu es allé abriter mon fauteuil.

     

    Mes yeux se posent sur la tache jaune entre les pins au loin. Mon souci était d'éviter qu'elle ne se trempe les fesses au retour, mais ce qui semble l'avoir touchée davantage, c'est ma façon de traiter son compagnon de route comme une part d'elle-même. »

     

      

    Pas résumable à un fauteuil roulant

      

    « En face d'elle, un garçon de quinze ans, recroquevillé dans un fauteuil électrique, le corps sanglé à son dossier, lisait un roman.

     

    Concentré, absorbé, isolé des bruits de flipper et de Nintendo. Toutes les minutes et demie, son visage se contractait et c'était la torture : il devait s'y reprendre à dix fois pour commander son geste, rassembler ses forces, coordonner ses mouvements et finalement réussir, au prix d'un effort de volonté intense, l'opération si simple de tourner la page.

     

    -Et tu sais ce qu'il y avait alors, dans ses yeux ? Du plaisir. Du plaisir devant ces mots étalés face à lui, gagnés à la sueur de son front ; du plaisir plus fort que la peine et la contrainte qui l'attendaient au bas de la page suivante. C'est ce petit corps tordu au dessus d'un roman qui m'a appris qu'on pouvait toujours être libre. »

     

     

     

    « Si je vous avais dit qu'elle a ce handicap, vous l'auriez traitée comme telle et vous seriez passés l'un à côté de l'autre, parce qu'elle n'a pas changé, Thomas : elle n'est pas résumable à ce fauteuil. »

     

     

     

    (La Demi-pensionnaire de Didier van CAUWELAERT)

     

     

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  • « Avec ces Petites histoires de quartiers, j'ai eu envie de mettre en lumière des inégalités du quotidien, celles que l'on croise ou que l'on subit, qui n'ont souvent l'air de rien mais qui font mouche et mal.

     

    Inégalités parce que l'on est d'un sexe plutôt que de l'autre, qu'on est plus ou moins clair de peau, plus ou moins riche, plus ou moins français, qu'on est plus ou moins dans la « normalité ».

    Les inégalités du quotidien

     

    (…) Je crois profondément que chacun de nos gestes, chacune de nos actions peuvent faire tourner la terre autrement : nous construisons l'humanité ; c'est à nous de tracer le chemin sur lequel nous avons envie d'avancer. » (Préface p.8)

     

     

     

    (Petites histoires de quartiers de Julia Billet)

     

     

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  • « Dans les années quarante, les femmes quittèrent l'univers domestique pour combler le vide laissé par les hommes (désormais mobilisés) dans les usines de munitions ou pour aller s'asseoir dans les cabanes solitaires des postes d'aiguillage, le long des voies ferrées. Pour la première fois, des femmes mariées travaillaient hors de chez elles ; ce n'étaient plus seulement les jeunes filles ou les vieilles filles ou les femmes pauvres. Les effectifs de la main-d’œuvre féminine augmentèrent de 57 pour 100.

     

    Le travail des femmes

    Néanmoins, il n'y avait toujours pas de femmes médecins. Pas de femmes prenant des décisions au plus haut niveau. Pas de salaires égaux. Et, quand les hommes revinrent de la guerre, ce fut le retour au foyer, où l'on vous encouragea à trouver de nouvelles recettes pour les dîners de famille, à contrôler les devoirs des enfants que l'on vous priait de mettre au monde – des enfants qui avaient besoin d'être attendus par leur mère quand ils rentraient à la maison après l'école, tout comme les maris s'attendaient à trouver leurs femmes à la porte, leur tendant un Martini pour les requinquer, tandis que l'odeur du dîner en train de mijoter emplissait la maison. » (p.153-154)

     

     

     

    (Le jour du patchwork de Whitney OTTO)

     

     

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  • « - Pourquoi tu m'as dit que ton père était mort ?...

     

    - Parce qu'en réalité, il est en prison !... et que j'en ai honte ! » (p.22)

     

     

    « Depuis que mon père est en prison, on a été obligés de déménager trois fois. A chaque fois que les voisins apprenaient pour lui, on était montrés du doigt... » (p.32)

     

     

     

    (Tendre banlieue Tome 19 : L'absence de Tito)

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  •  

    "- Homosexuel ?

    - Oui... Sous le IIIè Reich, l'Alsace, la Moselle et l'est de la France étaient devenus des provinces allemandes. Clément a été condamné en vertu du paragraphe 175 qui pénalisait le simple contact visuel ou physique entre deux personnes de sexe masculin. Le chef des SS, Heinrich Himmler, menait sa croisade contre les homosexuels. Dès leur arrivée dans les camps, ces bourreaux demandaient aux garçons de se distinguer des autres en apposant un triangle rose à hauteur de leur poitrine. Sur leur maudite veste rayée. » (p.77)

    Un triangle rose

     

     

     

    « A cause de quoi ? Parce qu'Himmler, le chef des SS, reprochait aux homosexuels de ne pas procréer...

     

    « L'homosexualité fait échouer tout rendement, tout système fondé sur le rendement : elle réduit l'Etat dans ses fondements. A cela s'ajoute le fait que l'homosexuel est un homme radicalement malade sur le plan psychique... Il faut abattre cette peste par la mort ! » (Dixit Himmler dans son discours du 16 novembre 1940) » (p.87-88)

     

     

     

    « D'autres mouraient sous le scalpel des apprentis médecins... Morts d'avoir aimé un jour, une nuit un être du même sexe. Sur un chemin de traverse. Hors les normes. Morts, le sang contaminé par des injections à base de sulfure, de térébenthine ou d'hormones synthétiques... Recherches fantaisistes sur la malaria, la fièvre jaune... Piqûres dans l'aine droite pour obtenir une inversion des tendances de l'individu, piqûres d'extermination contre les « déviants criminels ». A Buchenwald, Dachau, Ravensbrück, Auschwitz...

     

    Clément est juste mort d'avoir aimé Hans. Rien d'autre n'a jamais pu justifier son décès. » (p.91)

     

     

     

    (Les roses de cendre d'Erik Poulet-Reney)

     

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  • « ...ces droits qui se rapportent à la dignité humaine dans ce qu'elle a de plus élémentaire et immédiat : avoir un toit, manger à sa faim, se laver, se soigner, en somme participer aux formes les plus simples de la vie sociale." ; " c'est bien la nature indivisible des droits de l'homme qui se trouve ici en question. Le droit à une vie décente, le droit au logement, le droit aux soins de santé, le droit au travail, le droit à l'éducation, le droit à la participation sociale et politique doivent être considérés comme des droits fondamentaux de l'homme" » (p.9 de la Préface de Pierre-Henri Imbert)

     

     

     

     

     

    « Fondamentalement, les droits de l'homme sont le droit d'être un homme et surtout que ce n'est pas pour le respect des droits qu'il faut se battre mais pour le respect des personnes privées de ces droits ; car chaque droit doit avoir pour nous un visage. » (p.10 de la Préface de Pierre-Henri Imbert)

     

     

     

    « Là encore, je retrouvais des familles traitées en objets de mesures, d'aide et de contrôle, plutôt qu'en sujets de droit. Des familles n'ayant pour seule identité qu'une appellation négative : « asociales », « inadaptées » « lourdes » « familles à problèmes » la seule étiquette à peu près neutre de « sans-abri » leur étant peu à peu subtilisée. » (p.18)

     

     

     

    « Sans domicile reconnu, sans travail, sans carte d'électeur, mais aussi sans possibilité de faire inscrire les enfants à l'école, la famille était poursuivie pour squattage. (…) Curieusement, la famille avait un dossier auprès des instances judiciaires, alors qu'elle n'existait pas pour les instances scolaires ou de relogement. » (p.20)

     

     

     

    « Car la précarité de l'habitat engendre l'insécurité des relations, de l'amitié entre voisins, de l'amour entre époux, entre parents et enfants. Naissent alors le désordre et la violence. Ainsi, les familles, par leur misère, deviennent peu à peu des indésirables, sources de répugnance et de peur pour leur environnement. » (p.21)

     

     

     

    « Le pire des malheurs est de vous savoir compté pour nul, au point où même vos souffrances sont ignorées. Le pire est le mépris de vos concitoyens. Car c'est le mépris qui vous tient à l'écart de tout droit, qui fait que le monde dédaigne ce que vous vivez et qui vous empêche d'être reconnu digne et capable de responsabilité. » (p.23)

     

     

     

    (Les plus pauvres, révélateurs de l'indivisibilité des droits de l'homme de Joseph Wresinski)

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  •  

    « L'univers n'est pas fait pour les gens comme Roswell.

     

    Il se tient replié sur lui-même comme s'il regrettait quand il était fœtus. Il est maigre, tordu.

     

    Dès que je l'ai vu, il m'a fait penser à cet extra-terrestre de l'affaire Roswell, dont la soucoupe volante s'était soi-disant écrasée aux Etats-Unis dans les années quarante.

     

    J'aurais pu l'appeler E.T. et cela lui irait très bien aussi.

     

    Mais Roswell, c'est plus classe. » (p.26)

     

     

     

    « Dix fois par jour, elle lui demande :

     

    • T'as pas soif, l'imbécile ?

     

    Ou : le crétin, le gogol , l'ahuri. Neuneu ou Débilou dans les jours de tendresse.

     

    Roswell se marre, montre son verre, hoche la tête, et chuinte :

     

    • Ah sschi : assch' ouaf ! » (p.26)

     

     

     

    « Dans les yeux de Roswell, il y a de la confiance aveugle, sans limite. Quelque chose d'un tout petit gamin, et d'une bête aussi. D'un chien battu, voilà.

     

    Autant d'amour dans l'oeil, ça me gave : je me crois obligée de m'occuper de lui. C'est pas du tout de moi, cette façon de ne pas m'en foutre. Mon cœur, ce n'est pas un chenil.

     

    Mais le soir, il n'y a rien à faire, je ne pourrais pas le laisser dormir sans un dernier bisou sur sa barbe râpeuse. Sans ses « Hésschantille-hein ? » et sans ses « Oké-sschef ! ». (p.33)

     

     

     

     

     

    « Je crois bien que Roswell est seul de son espèce.

     

    Tout seul et séparé de nous par une vitre invisible. C'est un poisson rouge en bocal. Il nous voit, on le voit, ce n'est pas pour autant qu'on vit vraiment ensemble. » (p.38)

     

     

     

    « La première fois qu'on voit Roswell, il fout la trouille.

     

    Ça cause un choc, ses grosses dents jaunies en bazar dans sa bouche, et son corps mal foutu, tout caricaturé. On a le sentiment que c'est une grave erreur, une gaffe de la nature, un vrai n'importe quoi. On voudrait pouvoir le démonter, le détordre, le mettre à plat, et le reconstruire dans l'ordre. Le regarder, ça met salement mal à l'aise, on se sent trop normal. Enfin, c'est ce que j'ai pensé, moi, en le découvrant tassé sur le canapé, avec le petit fil de bave luisant qui coulait de sa bouche, sa laideur incroyable, son sourire de monstre et ses yeux de bébé. » (p.43)

     

     

     

    « Seulement, pour ceux qui sont comme Roswell, ceux qui sont réellement affreux, c'est plus compliqué, je crois bien. Il faudrait oublier ce qu'ils montrent, pour pouvoir découvrir ce qu'ils cachent. Très vite, il faudrait l'oublier. » (p.111)

     

     

     

    « Il est d'une laideur parfaite. Il y a rien en lui qui ne soit pas raté, déformé, effrayant, ridicule. Rien sauf son regard de chiot, d'une douceur pas racontable. Sauf son rire éclatant , plein de vie et d'humour. » (p.111)

     

     

     

    « Qui peut dire jusqu'où Roswell comprend vraiment les choses ? L'autre jour, au canal, il n'a même pas eu peur, quand on a vu les deux racailles. Je lui ai dit : « C'est un jeu. » Il a trouvé ça drôle.

     

    C'est vrai qu'il y a eu sa question, au retour, pour savoir s'il était un monstre. Et puis ?

     

    Est-ce-que ça signifie qu'il pense ? Qu'il en souffre ? Il rit tellement, pour rien, tout le temps. Son frère a peut-être raison, après tout : Roswell n'est peut-être bien qu'un simple perroquet, qui répète les mots sans comprendre les phrases.

     

    J'aimerais bien en être convaincue. » (p.151)

     

     

     

    « Un être aussi différent, aussi moche et difforme, comment ne pas être hypnotisé ? Impossible de ne pas poser les yeux sur lui, de faire comme si de rien n'était. Trop dur. Réagir comme si tout allait bien, comme s'il était normal, ce serait gommer Roswell de la surface de la Terre, nier le peu qu'il a : ce look pas racontable, qui fait de lui un être unique au monde. » (p.178)

     

     

     

    « Gérard, lui, il s'en fout complètement de se tenir « comme il faut ». Il est au-dessus de tout ça, bien plus haut que la stratosphère. Comment faire autrement, quand tu as la gueule en vrac et le reste en pagaille ? Quand tu baves pire qu'un boxer, que tu bouffes tellement les mots que personne n'y comprend rien ? Quand les gens qui te voient passer se retournent en chuchotant, pour te mater en douce, comme si tu étais un alien ou un monstre de foire ?

     

    C'est peut-être pour ça qu'il plaît tant au Mérou, Gérard. Même combat. Rien à carrer de rien. Hors gabarit, hors normes.

     

    Le jour où je l'ai vu pour la première fois, je me suis dit qu'avec sa tête, il devait avoir un QI de têtard. Mais non, il est intelligent, Gérard. Pas de chance pour lui. Malgré tout, il se marre et il aime la vie. » (p.265)

     

     

     

    (Vivement l'avenir de Marie-Sabine Roger)

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  • « On ne me croyait pas, il fallait que j'avoue, c'est ça qui me rendait folle, qu'ils attendent ça de moi, cet aveu, comme si j'avais fauté, comme si j'étais coupable... J'aurais pu inventer une histoire de garçon, j'aurais dit c'était un soir comme ça, juste une fois, j'aurais pu ajouter qu'il y en avait eu d'autres, des histoires sans lendemain, mais je venais de comprendre que ça ne changerait rien, ce n'était pas ça qu'ils attendaient. Ils exigeaient des justifications, des vraies, des tangibles, des explications limpides sur ces mois d'attente où je n'avais rien attendu. Je devais malgré tout en savoir quelque chose, malgré tout, j'avais dû sentir, percevoir, deviner et je l'avais caché, enfoui, dissimulé, sans le vouloir, certes, mais il y avait forcément eu des signes que j'avais étouffés, des signes de cette vie qui grandissait en moi, car enfin sinon... j'avais des comptes à rendre, des mots à fournir parce que tout de même... » (p.101)

     

    Drogue du viol

     

     

     

    « Google... j'ai tapé « ghb ».

     

    J'ai lu :

     

     

     

    Drogue du viol : le GHB ou acide Gamma Hydro Butyrique est un produit stupéfiant que les consommateurs utilisent pour favoriser des relations sexuelles forcées. Il induit un état hypnotique et des amnésies (troubles de mémoire). » (p.216-217)

     

     

     

    « Cette nuit-là, déjà, tu as su qu'il te voulait du mal, que son amour vorace te voulait tout entière et que toi, tout entière ne suffirait jamais à combler son désir, tu ne voulais pas, souviens-toi, tu ne voulais pas, il te faisait peur, ce n'est pas à toi qu'il parlait, c'était à une image, c'est pas ça que tu voulais, il ne t'aimait pas, toi, il aimait quelqu'un d'autre, celle qu'il a violée.

     

    Mais celle qu'il a violée, c'est toi, qu'est-ce que toi tu peux faire avec ça ? Tu n'es pas elle, et pourtant elle, c'est toi. Tu es là, tu n'es pas là, il t'a coupée en deux... en trois... en mille morceaux. Tu n'es plus rien, il n'est plus rien, tu n'es pas là, c'est ça qu'il ta donné, cette absence à toi-même. » (p.224-225)

     

     

     

    (La décision d'Isabelle Pandazopoulos)

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    « Tous les jours (…) j'ai conscience de la couleur de ma peau – on me fait sentir la couleur de ma peau, que ma peau a une couleur, que j'appartiens à une race. Je suis d'abord la couleur de ma peau et ensuite Anna. Comme si on pouvait diviser, séparer les gens comme ça. » (p.195)

     

    La couleur de ma peau

     

     

     

    « Anna se rend compte que sa position dans la société américaine change avec l'avènement des droits civils, mais elle considère ceux-ci comme une exigence et un cadeau, alors qu'ils ne devraient être ni l'une ni l'autre. Les Américains noirs ne devraient pas avoir à exiger, à supplier, à cajoler, de même que les Américains blancs ne devraient pas être en mesure de refuser ou d'accorder. A quoi s'ajoute la question de la gratitude ; avec un des deux camps qui aimerait bien que l'autre se montre reconnaissant, alors que cet autre camp veut bien être pendu s'il parvient à comprendre de quoi il devrait l'être. » (p.215-216)

     

     

     

    (Le jour du patchwork de Whitney OTTO)

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