•  « J'ai cru qu'on allait m'offrir un vélo avec sept vitesses et une selle de sport, un mauve et tout, et puis ils m'en ont offert un qui était bleu clair. Avec un panier. Un vélo de fille en plus.

     - Ben, t'es une fille.

     - Ça c'est du sexisme. Donner des trucs de filles aux gens juste parce que c'est des filles. »

       

    (De bons présages de Terry PRATCHETT)

     

     

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  •  « Vendredi matin, papa a (…) continué de sa belle voix calme :

     

    Peut-on parler de race ?

    - Peut-on parler de race juive ?... Parler d’une race juive, dit Rivet, a exactement le même sens que parler d’une race de bossus. Les études sérologiques montrent que les juifs palestiniens sont des Arabes, les juifs allemands, des Allemands… » (p.64)

      

    (Un lycée pas comme les autres d’Yvonne MEYNIER)

     

     

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  • « La chorale « Les copains d’abord » regroupait des sans-toit qui chantaient pour l’enterrement de leurs condisciples. Ses membres avaient depuis longtemps renoncé à aller dans l’Essonne au cimetière de Thiais, là où la municipalité parisienne envoyait les corps des clochards que personne ne réclamait jamais.

     Trop loin, trop de morts, trop paumé, trop d’emmerdes dans le RER.

     Désormais, « Les copains d’abord » chantaient au Père-Lachaise, le jour de l’enterrement, à l’heure dite… ou à peu près. Un hymne à la vie en guise de salut à un mort. Les chanteurs à la voix cassée par la rue savaient bien que les crevés ne leur en voudraient pas de rester dans Paris centre et d’y faire la manche auprès des touristes attendris par leurs chants. » (p.13)

     

    « - Pourquoi Christiana elle s’assoit par terre où c’est sale et où les gens ils peuvent la voir ?

     - Parce qu’elle s’en fout. Ses fesses n’accrochent pas la poussière ni elle les regards.

     - Elle est imperméable ?

     Sam sourit et confirma :

     - Elle essaie, en tout cas. C’est pas facile, ça demande de l’entraînement. » (p.45)

      

    « Entre deux chansons, la petite demanda :

     - Pourquoi on chante ?

     - Pour que le Galeux ne soit pas seul pour le grand voyage, répondit Christiana.

     (…)

     - Il était gentil, le Galeux ?

     - Les gens comme nous, on ne peut pas se permettre d’être gentils. Et puis, on s’en fiche, petite, c’est pas le problème. Le truc, c’est que le Galeux, c’est un humain mais qu’il est crevé comme un rat. Alors nous, on vient rappeler à tout le monde que c’était un homme. » (p.68)

      

     Les gens comme nous

    «L’interrogatoire achevé, Jordan vida le fond de la bouteille de gel hydroalcoolique sur ses mains.

     Le major Boulet le regarda faire.

     - Tu en as sorti quelque chose ?

     - Elle connaît le grand Black de vue, rien d’autre. Et j’avais pas vraiment envie de jouer les prolongations. Deux minutes de plus, et je craquais. Ces loques, là, elles sont infestées de saloperies et elles font aucun effort pour s’en sortir.

     - Tu crois quoi, Jordan ? Que le monde est juste et qu’eux, ils font exprès de rester en marge ?

     - Ta gueule avec tes leçons de morale franchouillarde, s’insurgea Jordan. Quand on veut, on peut. » (p.82)

     

    « - J’ai pas de conseil à te donner, Sam. Sur ces sujets, tout le monde est à égalité. Mais il y a une chose que je sais. Souffrir parce qu’on a aimé, ça veut dire qu’on a au moins des souvenirs, qu’on a un passé. Tu sais pourquoi je picole pas comme les autres ?

     - Non.

     - Parce que l’alcool anesthésie la vie et brouille la mémoire. On peut pas avoir de futur si on n’a pas eu de passé. » (p.154)

     

    (Robin des graffs de Muriel ZÜRCHNER)

     

     

     

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  • « J'oubliais que j'étais chinoise sauf quand on me le rappelait.

         Mais tu as le visage tout aplati !!!

         Non, mais en vrai ton prénom c'est quoi ?

         Vous mangez vraiment des chiens ? » (p.64)

      

    « Mes parents aussi me rappelaient que j'étais chinoise.

         Ma chérie, tu as vraiment des yeux très bridés. Ils sont trop petits... On m'a fait une petite opération en Chine pour créer une double paupière. On t'opérera la prochaine fois qu'on retourne à Hong Kong, tu veux ? 

    « Tching tchang tchong »

     

     Je n'ai jamais cédé.

     Ni teint mes cheveux en châtain ou porté des lentilles de couleur, comme certains Chinois. » (p.70)

     

     « N'ayant pas d'autres membres de ma famille en France, ça m'a donné l'impression de n'avoir ni mémoire ni passé. C'est sans doute pour ça que j'ai toujours été mauvaise en histoire.

     Le fait d'être née à Hong Kong, sachant que cette ville s'apparente plus à Londres ou New York qu'à Pékin, ne fait qu'accentuer ce sentiment de « non-appartenance ». » (p.82)

     

     « Mes cousines consacrent un budget monstrueux aux produits cosmétiques pour avoir un joli teint. Elles veulent ressembler à des petites japonaises à la peau blanche. Il est très mal vu en Chine d'avoir une peau mate car cela rappelle les « paysans » exposés au soleil. » (p.108)

     

     (Banana Girl. Jaune à l'extérieur, blanche à l'intérieur de Kei LAM)

     

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  • « Ici, nous sommes si nombreuses à ne pas être dans la norme que, finalement, la norme, c'est d’être différente. »

      

    « Déguisés en gens ordinaires

     Des monstres vivent près de nous

     Ni griffes, ni crocs, aucun repère

     Pourtant ils sont présents, c'est tout.

     

    Nous pourrions être sans défense

     Face à ces brutes sans conscience

     Mais ensemble on peut les faire fuir

     Il suffit toi, moi, nous, de se soutenir.

      

    Oui, ton corps est beau tel qu'il est

     Et tes amours ne regardent que toi

     Si vie et mort sont dans nos pensées

     Pour les chanter la poésie est là.

       

    Le monstre est fort, il faut le savoir

     Il joue sur la peur, isole dans le noir

     Mais ensemble on peut le faire fuir

     Il suffit toi, moi, nous, de se soutenir.

       

    Aux heures les plus sombres

     Quand tu te sens découragée

     Que tu pleures dans l'ombre

     Que t'en as marre de lutter

     Que t'es prête à rendre les armes

     Derrière toi jette un coup d’œil

     Et aussitôt sèche tes larmes

     Car je suis là pour toi, et je veille. » (p.84)

     

    La norme ?

      « J'ai regardé Clayton droit dans les yeux et j'ai déclaré : « Parce que ce n'est pas comme si je venais vous voir de mon propre gré pour que vous m'aidiez à calmer mes angoisses. Ce que tout le monde veut à Red Rock, vous la première, c'est me transformer en une espèce d'automate obéissant, qui ne s'opposerait jamais à sa belle-mère, approuverait tout ce que dit son père, et ne ferait jamais rien de « rebelle », du genre se teindre les cheveux et jouer dans un groupe. Ce que vous n'avez pas pigé et que mon père semble avoir oublié, c'est que je n'ai rien d'une rebelle. J'ai simplement été élevée ainsi. » » (p.87)

       

    « Pour cela, je devais changer. Car malgré ce que pensaient Clayton et mon père, malgré mes tatouages, ma coiffure punk et mon goût pour les guitares électriques, j'étais une fille bien. J'avais obéi à mes parents, puis à mon père quand ma mère était partie. J'étais gentille avec Billy. Je ne me droguais pas, je ne buvais pas, je ne volais pas et je n'agressais pas les gens. J'étais honnête. Je pouvais aimer et être aimée. Je n'avais rien de la révoltée dont l'équipe de Red Rock me renvoyait l'image. Mais je me rendais compte que si je voulais sortir d'ici et reprendre ma vie en main, je devais devenir cette fille-là. Le temps était venu de réveiller la rebelle qui sommeillait en moi. » (p.164-165)

      

     « J'ai repris mon souffle avant de continuer : "Ma mère me disait : "Suis ta propre voie sans te préoccuper du reste." C'était son credo. Je n'ai pas dévié. Ce sont les autres qui ont changé de trajectoire. Voilà pourquoi je suis ici." »

       

    (Les cœurs fêlés de Gayle FORMAN)

     

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  • « Quand un garçon naît, c’est la fête, on dit qu’un champion est né.

     Quand c’est une fille, on dit que ce n’est pas grave, la prochaine fois, ce sera un garçon.

      Mariam voit ses frères courir, sortir dans la cour et jouer avec des cousins et des voisins.

     - Moi on me dit de rester assise et de ne pas bouger.

     Pourquoi eux, ils peuvent faire tout ça ?

     - Ce sont des garçons. Tiens, va ranger ce bazar. » (p.12)

       

    « - Jouer avec des filles, ce n’est pas bien pour tes frères. Ils doivent être de vrais hommes. Et toi, tu dois être exemplaire.

     - C’est quoi être exemplaire ?

     - Tu dois cacher ton visage. Aucun homme ne doit le voir.

     Et si d’autres filles laissent dépasser une mèche de cheveux ou un bout de visage : réprimande-les.

     - Pourquoi ?

     - Parce que c’est bon pour ta réputation. Tu dois montrée que tu es très attachée aux traditions. La réputation se travaille dès le plus jeune âge.

     - Pourquoi ?

     - Il faut tout faire pour que les gens parlent bien de toi, sinon on ne te trouvera jamais un mari. » (p.13)

       

    « Ce que recherche un homme, ce n’est pas une femme forte ou intelligente, c’est une femme qui respecte les traditions et qui obéit. » (p.14) 

    D’une prison à une autre

      

    « A l’école, j’ai souvent vu des filles arriver avec des marques de coups, des bleus.

     Elles les cachaient, non pas pour couvrir les auteurs des coups, mais parce qu’elles avaient honte d’avoir été punies : cela voulait dire qu’elles avaient désobéi.

     Elles pensent que si elles sont battues, c’est pour être élevées, c’est pour leur bien. » (p.15)

       

    « C’est très compliqué de manger avec un niqab. Mais la plupart des Saoudiennes en se livrant à des acrobaties, y parviennent. » (p.22)

     

     « - écoute, jeune fille… on vit dans une société traditionnelle, on ne peut pas faire n’importe quoi… C’est pour te protéger, tu comprends ?

     Alors ça ira pour cette fois, mais fais attention.

      

     Mais le 1er novembre 2016, la vie de Mariam bascule. Elle est arrêtée et envoyée dans un centre de détention. C’est son père qui a demandé à la police de l’arrêter.

     

    Son crime ? Elle avait refusé de lui obéir. » (p.23)

      

     « Depuis plusieurs semaines, Mariam était entrée en conflit avec l’un de ses frères. Il ne voulait pas qu’elle aille rendre visite à sa grande sœur, mariée, qui vit dans une autre ville.

     Mariam insiste.

     Il la bat et l’insulte.

     Mariam décide alors, contre la volonté de son père, de déposer plainte contre son frère.

     Elle est accusée de désobéissance parentale. » (p.24)

      

     « Si ma famille choisit pour moi, ce sera quelqu’un qui pense comme eux. Je passerai d’une prison à une autre. » (p.25)

     

      (« Au royaume du flirt interdit » de Julie LERAT et Léon MARET in TOPO n°8)

     

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  •  « - Bonnie prétend que la fille a cette maladie des gens qui s’interdisent de manger. Mais je ne sais pas si c’est vrai.

     Margaret secoua la tête.

     - De jolies jeunes filles qui s’affament toutes seules. J’ai lu des articles là-dessus. Elles font ça pour avoir l’impression de garder le contrôle de leur corps, et tout à coup elles perdent le contrôle et ne peuvent plus s’arrêter. C’est d’une tristesse... » (p.135)

       

    « Elle laissa glisser sa main jusqu’à l’épaule osseuse et la jeune fille – des larmes filtraient de ses paupières closes – appuya la joue contre la main d’Olive.

     - Je ne veux pas être comme ça, murmura Nina.

     - Bien sûr, répondit Olive. Et nous allons trouver un moyen de t’aider.

     La jeune fille secoua la tête.

     - Ils ont déjà essayé. Mais je rechute toujours. Je suis un cas désespéré. 

    La maladie des gens qui s'interdisent de manger

    Olive prit une chaise et s’assit à côté de Nina (…). Elle se mit à caresser les cheveux de la jeune fille et en frotta quelques-uns entre ses doigts. Elle regarda Harmon et Margaret avec un mouvement de tête significatif, avant de laisser tomber les fragments de cheveux secs par terre.

     On perd ses cheveux quand on est affamé.

     (…)

     - Ton corps va se laisser mourir si tu ne lui donne pas un peu de carburant. Je sais que tu as déjà entendu cent fois ce genre d’explications, c’est pour ça que tu restes plantée là, sans rien répondre.» (p.146-147)

      

     « - Cette satanée Madame-Je-Sais-Tout de bru ! A l’entendre parler, on croirait que c’est une experte en tout. Elle m’a dit : « Olive, il ne fallait pas vous attendre à ce qu’elle guérisse vraiment. Les gens qui ont cette maladie ne s’en remettent jamais. » Alors je lui ai dit : « Enfin, Suzanne, il n’en meurent quand même pas tous. » Et elle : « Eh bien, Olive, beaucoup en meurent, si. »

     - L’enterrement est privé, annonça Margaret à Harmon. Juste la famille.

     Il hocha la tête.

     - Elle avalait des laxatifs, poursuivit-elle en posant une tasse de thé devant lui puis en frottant ses narines avec un mouchoir. Sa mère a trouvé la boîte dans un tiroir de sa chambre, et c’est logique, je suppose, puisqu’elle avait cessé de conserver le peu de poids qu’elle avait repris. Ils l’ont emmenée à l’hôpital jeudi…

     Margaret s’assit et prit sa tête dans ses mains.

     - C’était une scène atroce, expliqua Olive. D’après ce qu’à raconté la mère, Nina ne voulait pas y aller, bien sûr. Alors il a fallu appeler du renfort, la police, et elle est partie en se débattant comme une enragée.

     - Pauvre trésor, dit Margaret.

     - Elle a eu une crise cardiaque cette nuit. » (p.153)

      

     (Olive Kitteridge d’Elizabeth STROUT)

       

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  •  

    Déterminisme du vêtement

     

    Déterminisme du vêtement

     

    (L'air de rien d'Aude PICAULT)

     

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  •  « "Si t'as d'la thune, on oublie d'où tu viens, ta couleur, tes origines. Le vrai passeport pour la tranquillité et la reconnaissance à perpète, c'est pas le bac pro, c'est la monnaie…" » (p.7)

       

    « Elles se ressemblent toutes un peu... »

    « - Votre métier, c'est d'enquêter ou de juger ?

     - Oh ça va ! Me prends pas de haut, surtout pas, t'as compris ?

     - Est-ce que vous devez me tutoyer ? C'est dans le code pénal ?

     Il la foudroie du regard. Ce regard, elle le connaît par cœur, un classique ! Pourtant elle pensait que jamais plus elle n'aurait à le subir, à se retrouver entre leurs mains, impuissante, déjà cataloguée complice, coupable, acculée, sans pouvoir rien faire. » (p.35)

       

    « - Oui, il me semble, j'ai dû la croiser lors des parloirs et des visites, mais vous savez, je ne peux l'affirmer, je vois tellement de monde et puis pas mal de détenus ont des femmes... comment dire... comme…

     - Comme quoi ? Réagit violemment Coumba, sentant les allusions lourdingues du gros type.

     - Comme mademoiselle... Je veux dire, noires, quoi... Elles se ressemblent toutes un peu... » (p.42)

      

     (La rebelle de Thierry CRIFO)

       

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  • « A six ans, Gabrielle empruntait en cachette le rouge à lèvres de sa mère. A huit ans, elle essayait ses habits quand elle se savait seule. A onze ans, sa mère l'avait surprise en train de se maquiller. Elle l'avait emmenée sur-le-champ à l'église pour prier. Gabrielle était alors un petit garçon et ses proches lui affirmèrent qu'elle était possédée et finirait en enfer. Pendant quelques années, elle a été traînée de thérapie en thérapie, contrainte de prier pendant des heures tout en étant qualifiée de dégoûtante. Rien n'y faisait : elle avait toujours autant envie de s'habiller en fille. A dix-sept ans, elle fut décrétée schizophrène puisque, en dépit des prières, elle ne guérissait pas, et placée sous traitement psychiatrique. Un homme, qui l'avait repérée dans sa Caroline du Nord natale, lui a donné un peu d'argent pour fuir. Elle a pris un bus, a atterri à New York, dans la rue. Dans la neige. Dans un monde dont elle n'imaginait pas la cruauté. Elle a failli en mourir.

     

    Envie de s'habiller en fille

    Chaque année aux Etats-Unis fuient leurs familles ou sont mis à la porte par elles. Ils quittent leur province et se dirigent vers New York qui a la réputation d'être la plus gay-friendly des villes américaines et celle qui offre le plus de perspectives de travail. Mais là, ils déchantent. Sans nulle part où s'abriter, ils grossissent les rangs des sans-abri – 40% des jeunes sans-abri de New York sont LGBT, avec une moyenne d'âge de 14,4 ans. » (p.141-142)

      

    (La révolution du partage d'Alexandre MARS)

     

     

     

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