• « Nos patients souffrent de maladies liées à un traumatisme crânien, de handicaps résultant d'un accident, ou encore de troubles de stress post-traumatique...

     

    Nous les aidons par un accompagnement psychologique et des thérapies de développement. Il s'agit certes d'un lieu d'hospitalisation, mais c'est aussi un établissement où des enfants et des adolescents vivent ensemble. » (p.18)

     

     

    En tant qu'êtres humains

     

     

     

    « Toutefois, je souhaiterais éviter tout malentendu...

     

    Ce que je vous ai décrit là, ce ne sont que des maladies et leurs symptômes ! Ces enfants n'ont pas de problèmes en tant qu'humains. C'est un point très important. » (p.23)

     

     

     

    « On porte tous un fardeau dans notre cœur, même si on n'en a pas envie. Et ça on n'y peut rien.

     

    Alors arrête de te faire du mal et accepte-toi tel que tu es, tout entier. C'est probablement la seule solution. » (p.92)

     

     

     

    « Avant, je voulais être acceptée par les autres... mais aujourd'hui, je veux être ignorée par la terre entière ! » (p.163)

     

     

     

    (Tokyo Kaido, T.1 de Minetarô MOCHIZUKI)

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  • « Je tombe sur un article sur la prostitution masculine au Maroc. Et je pense à Camille.

     

    J'ai été lamentable.

     

    Je lui ai parlé avec la prétention de ceux qui se croient sages parce qu'ils disent tout haut le fond de leur pensée. Comme s'il suffisait d'être sincère pour être habilité à donner son avis. « Si j'avais un

     

    gamin, ça me tuerait de savoir qu'il fait ce que tu fais... »

     

    Comment j'ai pu oser dire ça ?!

     

    Toujours à la ramener, mézigue et ma grande gueule, et mon air doctoral.

    Comment j'ai pu oser dire ça ?!

     

    Il a vécu du lourd, du méchant, ce gamin. Je repense à la façon qu'il a eue de me dire :  « Dans ma famille, on n'aime pas les pédés. »

     

    Je suppose que ses parents ont eu honte de lui et qu'ils l'ont foutu à la porte, comme des clients déçus renvoient la marchandise.

     

    Pas de ça chez nous, merci.

     

    Chez ceux qui sont bornés, la bêtise est sans bornes.

     

    Ils devraient voir son courage, aujourd'hui. Il en faut de la volonté pour supporter tous ces moments sordides, tout en gardant intactes sa détermination et son envie de réussir.

     

    Il habiterait en Thaïlande ou dans les favelas, ce môme, on trouverait son parcours admirable, on ferait des reportages, ça tirerait des larmes. Là-bas, il serait une sorte de héros.

     

    Ici, c'est seulement une pute à homos.

     

    C'est un mec bien, Camille, ce n'est pas si fréquent. Non seulement il m'a sauvé la vie, mais il est allé témoigner au commissariat, au risque de se faire emmerder par les flics sur son emploi du temps et son emploi tout court. Il est venu prendre de mes nouvelles. Et moi...

     

    Moi, je peux toujours critiquer les cons, dans leur équipe je jouerais avant-centre. » (p.114-115)

     

     

     

    (Bon rétablissement de Marie-Sabine ROGER)

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  • « Je dois faire honneur à ces prénoms, soutenir tous les jours le regard de mon père et de ma mère qui auraient tellement voulu que je fusse ce garçon fort et baraqué, différent de ma sœur, de mes tantes, de ce gynécée étouffant, et ce, d'autant plus que mon père est fils unique. J'ai honoré autant que j'ai pu ce prénom d'Alex et j'y ai même trouvé du plaisir. Ça m'amusait quand j'étais petite ces « bonjour p'tit gars, comment ça va ?, « il est adorable, votre fils ».

     

    A force de voir papa m'encourager à faire du foot, à force de m'applaudir quand je battais tous les records d'athlétisme ou que j'arrivais à grimper au sommet des réverbères puis à courir plus vite que papa, Manon, ma grande sœur, celle qui avait eu le droit, elle, d'être une fille a cru longtemps que j'étais son petit frère.

     

    Garçon manqué

     

    Sur les photos de mon enfance, impossible de distinguer si je suis Alexandre ou Alexa. Je n'ai jamais porté de robes, j'ai toujours refusé les maillots de bain deux pièces, je me suis même baignée souvent en tee-shirt. Mes parents ne se sont pas vraiment inquiétés de cette obstination. Ils ne m'y ont pas non plus encouragée. Je dois leur rendre cette justice.

     

    C'est moi qui ai refusé d'être Alexa, qui ai imposé Alex, y compris à mes profs et à tous mes copains, c'est moi qui ai voulu toujours avoir les cheveux ultracourts, c'est moi qui ai voulu devenir la reine du roller. » (p.16-17)

     

     

    (Rollermania de Brigitte SMADJA)

     

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  •  

    « écoutez-moi. Je ne prends pas la défense de mon fils. Ce qu'il a fait n'est pas très malin. (…) Donc, voilà, passons. Cette histoire de fauteuil n'a aucun intérêt.

     

    Par contre, ce qui est très important , et je sais que ce que je vais vous dire peut vous sembler choquant, mais j'y crois vraiment, c'est que Valentin, ce matin, s'est bien comporté avec votre fils. Il s'est bien comporté parce qu'il n'a établi aucune différence entre eux deux. Et vous savez pourquoi ?

     

    Mais parce qu'il n'en voit pas, j'imagine.

    Une question d'honneur

     

    Maxime, pour Valentin, n'est ni faible ni vulnérable . C'est un gamin exactement comme les autres et qui doit donc subir la même dure loi de la cour de récréation que les autres. Il n'a pas fait de discrimination ni même de discrimination POSITIVE comme nous disons, nous adultes qui cherchons toujours à tout discriminer. Non, il l'a traité en égal. Pour des raisons que nous ignorons, et qu'il faut ignorer var les secrets d'enfant sont sacrés, Valentin a eu besoin de s'en prendre à votre fils. S'il avait pu, il l'aurait brutalisé, lui aurait fait un croche-pied, donné un coup dans l'épaule ou que sais-je encore, mais comme il ne le pouvait pas, il s'en est pris à son fauteuil. C'était de bonne guerre.

     

    C'était de bonne guerre et je dirais même : c'est sain.

     

    Nos enfants s'envisagent sur un pied d'égalité et nous avons tort (…) d'accorder une si grande importance à un événement aussi banal. Si Valentin s'était empoigné avec un autre gamin dans la cour (…) auriez-vous convoqué ainsi les parents en simulant une espèce d'état d'urgence ?

     

    Non. Bien sûr que non. L'adulte qui les surveillait les aurait séparés et voilà tout. Et bien là, c'est pareil. C'était un simple croche-pied, ni plus ni moins. (…)

     

    Je vous le redis, je n'excuse pas mon fils, je ne l'excuse pas et je souhaite aussi qu'il soit puni, mais je maintiens que loin d'humilier le vôtre, il lui a, en crevant sa roue, rendu honneur. » (p.170-171)

     

     

     

    (Fendre l'armure d'Anna GAVALDA)

     

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  • « Du coup, on nous regardait comme des bêtes curieuses, ou pas du tout. Je crois qu'aux yeux des autres lycéens, on faisait un peu pitié. On dit que la musique adoucit les mœurs, mais je crois que c'est parce qu'elle est faite par des gens plutôt doux, au départ, qui vont vers elle par besoin de douceur, par fragilité. Et cette douceur, cette fragilité, comme la culture, la sensibilité au beau ou la bonne éducation sont tout sauf un atout dans la jungle d'un lycée. » (p.114)

     

     « C'est une règle universelle, les mecs cool détestent les coincés, et vice versa. Sauf que les cool ont le mépris cool justement, détendu et élégant, alors que les coincés le sont encore plus quand ils sont en présence de quelqu'un qui ne l'est pas ! » (p.161)

     

     

    La bête curieuse

      

    « Je sentais monter en moi une humeur que je connaissais trop bien. J'étais en train de m'exclure de la soirée, de me refermer à double tour, d'endosser le rôle du mec différent qui se tient à l'écart parce que c'est dans sa nature profonde. Ben voyons ! J'aurais adoré être ce type que je voyais en train de faire rire deux filles, ou cet autre qui dansait, yeux fermés, un verre à la main tenu par le dessus entre ses doigts, ou celui-là encore, entouré d'une grappe de filles, qui se roulait un pétard. Mais moi, j'étais celui qui ne se sentait jamais à sa place et qui essayait, en vain, de se convaincre que c'était parce que l'attendait un destin extraordinaire. » (p.166)

     

     « J'ai compris ce soir-là ce que j'aimais chez ma tante. C'était qu'elle ne m'avait jamais traité comme un enfant, ni comme un adolescent. jamais elle ne m'avait demandé comment allait l'école, si j'avais une amoureuse, ce que je voulais faire plus tard. Avec elle, je n'avais même pas l'impression d'être son neveu, mais moi-même, tout simplement. Un individu qu'elle prenait tel qu'il était. S'il était très difficile à quelqu'un qui ne la connaissait pas de lui donner un âge (sans même parler de ses tenues vestimentaires hors d'âge et de modes), c'était parce que le temps n'avait pas de prise sur elle car pas d'importance. Et du coup, il en allait de même pour l'âge des personnes qu'elle fréquentait. Elle s'en moquait et se comportait de la même façon avec tout le monde, ne cherchant à plaire à personne, ni professionnellement (...), ni amicalement, ni amoureusement. Elle ne jouait pas à la vie comme nous tous, et cela faisait d'elle un être reposant. et sans doute plus libre malgré ses airs coincés que bon nombre d'entre nous qui passons notre temps à vouloir démontrer aux autres combien nous le sommes. » (p.189-190)

     

     (Le monde dans la main de Mikaël Ollivier)

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  • « C'est depuis la famine, depuis que les troupeaux sont décimés et qu'on se bat à mort pour une poignée de mil, qu'Okoboé s'est trouvé en danger. Un soir, il est venu comme à son habitude s'asseoir avec les hommes mais personne ne lui a adressé la parole. Cela l'a alerté. Depuis un bout de temps déjà, ce renard de Songa, qui passe son temps à consulter les esprits, le regardait d'un air trop doucereux et Okoboé s'est retrouvé peu à peu au centre des regards.

     

    Adouna a saisi les coups d'oeil obliques sur son homme, elle les a repérés quand ils ont dévié sournoisement sur elle et sur son enfant. Alors elle a su qu'un grand oiseau noir planait au-dessus d'eux. Et les nuits l'ont trouvée sans sommeil. Elle pensait, les yeux grands ouverts, à l'oiseau de la haine qui planait, planait sans se lasser, toujours en éveil. Elle n'osait plus fermer les yeux : l'oiseau noir n'attendait que cela, qu'ils oublient et ferment les paupières.

     

    Adouna n'avait même pas envie de pleurer. Elle se rappelait seulement, comme d'un instant d'intense clarté, le jour où son père l'avait conduite jusqu'à la maison de son fiancé :

     

    - Je te donne ma fille, Okoboé. Prends-en soin, comme un homme doit prendre soin de sa femme. Que notre famille remplace celle que tu as quittée.

     

    Tout le monde avait entendu ces paroles et personne n'avait protesté. On avait dansé trois jours pour fêter comme il convenait le mariage d'Adouna, fille dernière de Zarza, avec Okoboé, l'homme bleu.

     

    Le Touareg était devenu un homme du peuple zarma. Il avait pris ses repas avec la famille, il s'était occupé des ânes, des ovins et des quelques vaches que ces familles d'agriculteurs entretenaient sans conviction. Il avait construit des murs de pisé, réparé les toits, creusé des rigoles d'irrigation. Jamaius durant ces années de bonheur, personne n'avait été le témoin du moindre conflit entre Zarza, ou quiconque au village, et Okoboé. Il avait la peau claire, cela faisait rire les hommes quand ils voulaient le plaisanter puisqu'ils ne trouvaient rien à lui reprocher. Okoboé avait l'âme droite et l'estime de Zarza, son beau-père, dont la parole comptait dans le village. 

     

    Sans doute Adouna n'aurait-elle jamais pris la décision de partir si son père avait été encore là.» (p.8-9)

     

     

    « Merveilleuse Adouna ! Elle avait le cœur aussi large que celui de son père. Okoboé lui savait gré d'avoir pris d'elle-même la décision qu'il n'osait pas lui proposer : partir vers le Nord, retourner au pays touareg en espérant que le destin y serait plus favorable. Elle n'avait pas hésité, elle avait laissé sa tribu derrière elle, chassant sans doute l'espoir de revoir un jour les siens. « Des oiseaux qui émigrent, aimait à dire Zarza, aucun ne sait se réhabituer à son ancien nid. » Elle allait être une étrangère, sentir le regard défiant d'une autre famille. Saurait-elle l'apprivoiser ? (p.12)

     

     

     

    « Adouna se savait moins faite pour la route que son homme. Elle n'avait aucun attrait pour les transhumances ni pour les caravanes. Comme il avait fallu que son nomade s'attache à elle pour demeurer de longues années auprès de Zarza et des siens, dans un village d'agriculteurs ! C'était pour elle, encore aujourd'hui, source d'émerveillement. Okoboé ne connaissait depuis sa tendre enfance que la carte des puits, le tracé des oueds et le nom des montagnes. Il concevait la vie comme une longue piste à parcourir. Elle voyait l'existence, au contraire, comme une ferme entourée de champs cultivés, un immense damier de verdure inscrit dans la boucle d'un fleuve et qu'on peut contempler à loisir, saison après saison, du sommet des collines. » (p.80)

     

     

     

    (Issa, enfant des sables de Pierre-Marie BEAUDE)

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  • « - Jamais mon connard de père ne ferait une chose pareille. Je suis sûre qu'il n'a jamais tenu de journal de toute façon.

     

    - Qu'est-ce que tu en sais ?

    Une tapette électronique

     

    - Il pense que c'est pour les femmes ou les tapettes, tu vois le niveau.

     

    - tu l'as prévenu que j'avais un blog, et que donc, je suis une tapette électronique ? » (p.76)

     

     

     

    (Blog de Jean-Philippe BLONDEL)

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  • « Au fil des jours, j'interrogeai ainsi les autres locataires mais ils n'avaient pas le caractère facile et les langues, décidément, ne se déliaient pas. En tout cas, on pensait des choses effroyables des habitants de la terrasse. Des histoires atroces circulaient sur leur compte. Qu'ils étaient drogués, cocaïnomanes ou morphinomanes, qu'ils portaient sur les oreilles un Walkman dont le volume était poussé à fond pour ne plus entendre les bruits du monde.

     

    D'autres disaient au contraire qu'ils étaient doux et inoffensifs comme des sauvages d'une île des mers du Sud.

     

    Un étudiant me jura qu'ils vivaient nus.

     

    Une ménagère m'assura qu'ils suçaient des cailloux en guise de repas et n'avaient même pas de réfrigérateur. » (p.19)

     

     

    Les habitants de la terrasse

     

     

    « Je comprenais, oui, je comprenais maintenant que sur la terrasse de l'immeuble, surplombant les quinze étages du bâtiment, vivait (si l'on peut appeler cela vivre) une famille éplorée, composée d'une gosse de quatorze ans que la mort de son père avait rendue anorexique, d'une femme que la mort de son mari avait rendue comme folle et d'un vieux monsieur que la mort de son fils avait rendu muet. » (p.21)

     

     

     

    « On pourrait faire imprimer des cartes de visite au nom de tous les habitants de l'immeuble et mettre sur chacune « Meurtrier ». C'est vrai que nous ne leur avons pas donné d'argent et c'est vrai aussi que nous ne les avons pas aidés. Nous avons réfléchi après. Ça arrive souvent de réfléchir après. Mais quand il a été trop tard, alors nous avons trouvé des tas de solutions. Moi, je me suis aperçu que j'avais plus d'argent que ce que je pensais et puis la mercière s'est aperçue qu'elle cherchait, depuis trois ans, une secrétaire un peu comptable pour le magasin. Et puis l'entrepreneur de jardins et espaces verts qui loue l'appartement 284 s'est aperçu qu'André jouait très bien de la cisaille et pourrait entretenir la cité des Mimosas pour trois ou quatre mille francs par mois, en plus de sa retraite. Mais on s'en est aperçu après, quand la grue de la dépanneuse a sorti de l'eau la voiture de Michel. Tu sais, on a tous assisté au spectacle et, au fur et à mesure que la voiture sortait de l'eau, c'est nos idées qui émergeaient peu à peu de la boue de notre crâne. Voilà pourquoi nous sommes des meurtriers. » (p.56-57)

     

     

     

    « Depuis que tu es allé déposer, Dieu sait pourquoi, un panier garni de je ne sais quoi sur la marche de l'escalier, André ne se tient plus de rage. Je le connais bien, tu sais, c'est une vraie brute quand on l'humilie. C'est un soldat, tu comprends ça ? Il a tout perdu en perdant son fils. Alors pour lui, crever, c'est rien. Et faire crever sa belle-fille et la petite Émilie, ça lui est égal. Il préférera les voir mourir de faim plutôt que de les laisser en bas, là où on se traîne, nous, là où on rampe, là où son fils est mort dans la vase. » (p.57-58)

     

     

     

    « J'étais un type complètement gâteux, séchant les cours pour aller escalader un immeuble et ravitailler une famille d'excentriques qui avaient refusé de se laisser humilier par la stupidité de la vie, par l'aveuglement des autres, par l'inexorabilité du chômage. » (p.63)

     

     

     

    « Monsieur André, ce n'est pas la guerre, ce n'est plus la guerre. Je ne suis pas un ennemi. Je ne suis pas un soldat. Je n'ai pas d'armes. Quand est-ce que vous comprendrez cela ? Le chômage, et la solitude et le suicide de votre fils, ce n'était pas un guet-apens, ce n'était pas une bataille non plus, c'était la vie, tout simplement, dans ce qu'elle a de plus moche. Mais ces problèmes-là, André, ne se résolvent pas à coups de carabine ou de grenade. Il faut être malin, un peu plus malin que vous ne l'êtes.

     

    André me gifla et je fus sonné comme un boxeur. J'étais de nouveau allé trop loin pour l'orgueil de ce vieil homme implacable. J'admettais mon erreur. » (p.100-101)

     

     

     

    (Le valet de carreau de Régine DETAMBEL)

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  • La louve et l'afghane

     

    « Une louve efflanquée cloutée plutôt zonarde

     

    Et par certains côtés rappelant la renarde

     

    Une louve cherchant l'aventure en un bar

     

    Vit une chienne afghane entrée là par hasard

     

    La belle était soyeuse et parfumée Chanel

     

    Vêtue de soie légère et de vison pastel

     

    Cette aisance dorée que fortune vous donne

     

    Était comme étalée sur toute sa personne

     

     

     

    Ah dites-moi la belle afghane

     

    D'où vous est tombée cette manne

     

    Il semble que vous ayez tout

     

    Elle répond que prenez-vous

     

     

     

    Et l'afghane commande et l'autre l'accompagne

     

    Et vidant force coupes du meilleur champagne

     

    On se raconte un peu on compare son sort

     

    Mais comment pouvez-vous dit celle cousue d'or

     

    Pouvez-vous supporter cette vie de bohème

     

    Où le premier venu est celui qui vous aime

     

    Celui qui payera peut-être le loyer

     

    Et la maigre entrecôte et le collant filé

     

     

     

    Mais dites-moi ma belle afghane

     

    A moi qui suis vraiment profane

     

    Comme faire pour obtenir

     

    Ce qu'à mes yeux faites reluire

     

    Femme et liberté

     

    Presque rien cuisiner faire un peu de ménage

     

    Élever des enfants s'assurer qu'ils soient sages

     

    Être aimable toujours amoureuse parfois

     

    Mais jalouse jamais en échange de quoi

     

    On a tout ce qu'il faut pour être longtemps belle

     

    Massages thalasso et dessous de dentelles

     

    Caresses  le dimanche et pas les autres jours

     

    Et puis si l'on insiste quelques mots d'amour

     

     

     

    C'est merveilleux ma belle afghane

     

    Je suivrai votre caravane

     

    Mais quel est ce regard inquiet

     

    Sur la montre à votre poignet

     

     

     

    Eh bien je regardais - quoi donc - s'il était l'heure

     

    D'y aller - quoi déjà - eh bien oui je demeure

     

    Assez loin et s'il était rentré - rentré qui

     

    - Peu importe - ah non je veux savoir - mon mari

     

    - L'anneau que vous portez à ce point vous enchaîne

     

    - Pas vraiment pas toujours voyez je me promène

     

    - Oh oui promenez-vous j'ai compris la leçon

     

    Pour moi je me sens libre avec mon vieux blouson

     

     

     

    Rentrez chez vous la belle afghane

     

    Moi je préfère ma cabane

     

    Et sans rester dans le décor

     

    Louve s'enfuit et court encore."

     

     

     

    d'après Le loup et le chien, fable V 8 de Jean de La Fontaine

     

     

     

    Anne SYLVESTRE chante... au bord de La Fontaine (1997)

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  • « Je suis allée vérifier la définition du mot « alcoolique » dans un dictionnaire : « Qui boit trop d'alcool. » Bon. Je buvais trop d'alcool. Je n'ai pas envie de m'étendre sur ce sujet, ceux qui savent savent et n'ont pas besoin qu'on leur raconte avec quel génie le cerveau se met au service du coude et ceux qui ne savent pas ne peuvent pas comprendre. Il arrive un moment où l'on prend conscience que l'alcool (et toutes les pensées qui en découlent, se battre, résister, marchander, céder, nier, gagner du terrain, lutter, négocier, pavoiser, capituler, culpabiliser, avancer, reculer, trébucher, tomber, perdre) est l'occupation la plus importante de la journée.

     Pardon. Est la seule occupation de la journée.

     

    Misère morale

     

    Ceux qui ont une fois, ou plusieurs, mais toujours en vain, tenté d'arrêter de fumer auront une vague idée de la misère morale dans laquelle nous plonge l'inanité d'une telle relation entre soi et soi-même à la différence près, et quelle différence, que fumer n'est pas un acte honteux aux yeux du monde. Voilà. Passons. » (p.52)

      

    (Fendre l'armure d'Anna GAVALDA)

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