• A propos de Mae JEMISON :

     

    « A la même époque, elle tombe dans le vortex des comics et de la science-fiction.

     

    - Je dirais que je suis moitié Catwoman moitié Spock. -

     

    Mais dans les romans qu'elle lit, les personnages intéressants ne sont jamais ni des filles ni des noirs. - Alors des filles noires, imaginez... -

     

     

    En tant que fille noire...

      

    A table, chez elle, ça parle de politique, de droits civiques, de Stokely Carmichael et de Malcolm X.

     

    - Ne dis plus que tu es « de couleur », Mae. Tu es NOIRE. -

     

    Sa mère lui apprend qu'elles sont belles comme elles sont et qu'elles porteront désormais avec fierté leurs cheveux naturels.

     

    Mais son père lui apprend aussi qu'elle a un devoir d'excellence.

     

    - En tant que fille noire, tu vas devoir être deux fois meilleur qu'un homme blanc pour arriver où tu veux. » (p.147)

     

     

     

    (Culottées de Pénélope BAGIEU)

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  •  

    « Déjà une semaine qu'on faisait ça. Nous préparer tous les soirs. Nous asseoir aux terrasses des cafés, pour finalement rentrer bredouilles au camping avant minuit trente. Deux pauvres cendrillons de pacotille, incapables de se faire inviter à une soirée amusante. Incapables de taper dans l'oeil des beaux garçons. Voilà ce que nous étions, seules et un peu dégoûtées. Un peu cruches aussi, je m'en rends compte maintenant, à nous gâcher les soirées. On aurait mieux fait de rigoler toutes les deux, de jouer aux cartes, aux fléchettes, de nous balader sur la plage. Au lieu de ça, nous nous mettions en vitrine comme deux tartes aux fraises, attendant d'être croquées. » (p.9)

     

    L'amour fait perdre la tête

     

    "Au lycée, Maman a dit que j'étais absente pour un petit examen médical. Un mot d'excuse. Un mensonge entendu. Ces choses-là ne se racontent pas. Elles font honte. Ma mère a honte, je le sens. Elle a ce petit sourire de travers qui fait semblant de pardonner. Moi, je ne veux pas qu'on me pardonne. Je veux qu'on accepte. Je veux qu'on dise que l'amour fait perdre la tête et que les cours d'éducation sexuelle devraient être accompagnés d'autre chose que d'un kit de prévention des risques. Capote-pilule-MST. Tu parles d'un triptyque ! C'est comme ça qu'on nous parle de la première fois. Rien sur les frissons, les émotions, rien sur la force des désirs. C'est comme si un marin se préparait au tour du monde sans tenir compte de la puissance du vent. Moi, j'ai glissé dans une tornade et personne ne m'avait prévenue d'un tel cataclysme. » (p.19)

     

     

     

    « Le désir amoureux, comme la mer, n'était pas sans danger. Fascinant, hypnotique, rassurant vu de loin, mais parfois, comme la mer, il prenait des vies, brisait des corps et ravivait des manques. » (p.35-36)

     

     

     

    « - Tu sais déjà ce que tu veux faire plus tard, Pia ? M'a demandé l'amie de ma mère.

     

    J'ai eu envie de la mordre. De lui gueuler que je ne voulais pas être enceinte à quinze ans et faire des études longues, très longues. Parce que j'étais une bonne élève, parce que j'aimais étudier, parce que je n'avais pas envie de devenir mère à un âge où on ne veut surtout pas ressembler à la sienne. J'avais envie de lui hurler ma peur de l'avenir. Ce terrible avenir qui se cachait peut-être sous mon pull, tout cela parce que j'avais eu envie de faire l'amour avec un garçon et que je l'avais fait. » (p.60)

     

     

     

    « Je ne suis pas une jeune fille rangée. J'ai grandi plus vite que prévu. Je suis tombée enceinte par accident et j'ai décidé d'avorter, parce que je ne veux pas être mère. Pas maintenant. Pas comme ça. C'est un choix, un droit, c'est la moindre des choses et pourtant ce n'est pas une moindre chose. Je hais ceux qui osent penser que les femmes font cela à la légère. Je n'oublierai jamais ce jour, je le sais. Je sais aussi que désormais, j'ai un corps. Un corps avec ses désirs, ses fougues, ses blessures, ses secrets. Un corps qui m'appartient. » (p.93)

     

     

     

    (Trop tôt de Jo WITEK)

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  •  

    « Je sais. Je dis trop de choses. Je veux trop de choses. Et je ne suis pas un garçon ! La belle affaire ! Comme s'il fallait être un garçon pour souhaiter vivre libre ! Est-ce qu'être une femme est une malédiction ?

     

    Vous me reprochez d'avoir un cerveau et de m'en servir ! Vous dites que je prends de mauvais chemins, que vous craignez que je ne sois pas une bonne chrétienne. Pourtant je suis comme votre dieu m'a faite, et qu'y puis-je s'il a placé sous mes cheveux quelque chose qui vit, qui bat, un esprit qui me dit que la vie est pleine de choses à tenter et qu'il est inutile de porter corset et bas de soie pour être vivante ! » (p.9)

     

    Souhaiter vivre libre

     

    « J'aime discuter avec Louison, elle aussi veut apprendre le beau métier de la médecine. Nous parlons toutes les deux chaque soir de tout ce que nous ferons dans le monde. C'est moi qui lui ai appris à lire, ma mère, à la cuisine. Et j'en suis fière !

     

    Vous voyez qu'il s'en passe de belles choses dans les cuisines. Louison, en plus d'être femme, est née pauvre, alors apprendre lui est doublement interdit ! Et tout cela ne vous révolte pas, non, je sais. Vous trouvez que le monde est ainsi fait et qu'il va bien. Il y a les hommes et les femmes, les riches et les pauvres comme il y a les malades et les bien portants !

     

    Eh bien non ! Je ne m'y ferai jamais à un tel monde ! » (p.18-19)

     

     

     

    (Même les chinoises n'ont plus les pieds bandés de Jeanne BENAMEUR)

     

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  • « C'est l'été précédent ma rentrée en CE2. Une nouvelle famille vient d'emménager en face de chez moi. Ils ont un garçon, Ricky, d'à peu près mon âge. On a tous les deux le même vélo, un super Schwinn fluo : c'est plus qu'il n'en faut pour devenir amis vite fait bien fait. Il n'articule pas bien et il réfléchit au ralenti, mais il marche vite. Chacun de ses pas est rapide et délibéré, comme s'il était toujours en retard. Nous passons l'été entier ensemble. Et c'est trop bien. Et puis l'école reprend. Devant tout le monde et dans la cour, Ty Zarnstorff dit : « Hé Mim, si tu aimes tant Ricky le Gogol, pourquoi tu ne te maries pas avec lui ? » Tout le monde rigole. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'en sais suffisamment pour me rendre compte que ce n'est pas gentil. Alors je colle un coup de poing à Ty, je lui casse le nez et je me fais virer un jour de l'école. Ce soir-là au dîner, je demande à Maman ce que « gogol » veut dire et si Ricky est un gogol. Elle dit : « Gogol c'est un mot très méchant utilisé par des gens très méchants. Ricky a une maladie qui s'appelle la trisomie 21, et ça veut juste dire qu'il est un peu plus lent que les autres, c'est tout. (…)

     

    Il y a bien pire dans la vie que d'être un peu lent d'esprit, dit-elle. Tu as cassé le nez de ce gamin, n'est-ce pas ? Celui qui s'est moqué de Ricky ? » Je dis « Affirmatif, madame. » « Bien », conclut-elle. » (p.126-127)

      

    Ce que gogol veut dire

     

    « Walt sautille sur son siège et applaudit en poussant de petits couinements. Sans me laisser le temps de le calmer, Beck détourne son objectif sur lui et, une fraction de seconde, je vois la scène se dérouler au ralenti. Un sourire intense et sincère sur le visage de Beck, il sourit AVEC, pas A. Maman disait qu'on apprenait beaucoup sur une personne à la façon dont elle traitait les innocents, et Walt est l'incarnation pure et simple de l'innocence. Tout comme Ricky. Je repense à Ty Zarstorff et à ses petits clones brutaux, unis dans leur mépris pour les enfants qui s'écartaient de la meute. Même s'ils étaient inoffensifs, naïfs ou faibles. Même si Ricky avait fini par arrêter d'essayer de se faire des amis et décidé de demeurer dans le désir pathétique qu'on lui fiche la paix.

     Même si j'étais amie avec Ricky cet été-là, avant, Dieu me pardonne, de l'ignorer à la récré, en classe, à la cantine et au sport. Purée, je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça. Et mes instincts ne se sont pas améliorés avec le temps. Au lieu de me joindre au rire, à la joie immaculée, comme Beck, ma première réaction à l'enthousiasme de Walt a été de vouloir le calmer. De minimiser sa honte. Minimiser la mienne, en fait.

     Je me retourne vers la vitre, avec mon sourire à moi, plus timide que je ne le voudrais. Et je pleure en pensant à tous les Ricky et tous les Walt du monde, qui sourient au nez de tous ces Ty Zarnstorff. Je pleure parce que je n'ai jamais souri comme ça, pas une seule fois de ma vie. » (p.202-203)

     

     (Mosquitoland de David ARNOLD)

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  • « Il faut se rappeler que la période de mon enfance, qui s'étend de la fin des années 2040 au déclenchement de la guerre en 2061, fut une des plus troublées de l'histoire de l'humanité. On se cloîtrait, et on s'armait. Déjà les dirigeants préparaient l'opinion à l'apparente nécessité du conflit.

    L'homme n'aime pas ce qui lui est étranger

     

    Et puis à l'époque déjà, rares étaient ceux qui ne vivaient pas en ville. On regardait les hors-cité avec amusement, un peu de commisération, un peu de méfiance aussi, puisque l'homme n'aime pas ce qui lui est étranger. A mesure que passeront les années, ceux qui comme moi auront décidé de s'affranchir des contraintes des mégalopoles, qui ne supporteront plus la promiscuité assortie de la solitude, qui ne voudront plus regarder leur vie à travers un masque, ceux-là seront de plus en plus rejetés. Mais l'ostracisme m'importe peu ; c'est moi qui ai fait le premier pas pour m'éloigner du monde. C'est moi qui ne veux plus d'eux tous, après ce que j'ai vécu. Donnez la vue à un homme aveuglé par le bandeau de son ignorance, en lui retirant la pièce de tissu tendue jusqu'alors sur ses yeux. Comment pourrait-il prétendre à un retour à son ancienne condition ? La guerre m'a arraché mon bandeau, j'ai vu ce dont nous sommes capables, je ne serai plus jamais le même, et je ne veux plus jouer leur comédie. » (p.24-25)

      

     (La guerre des plaines bleues de Jean-François CHABAS)

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  •  

    « Lorsque j'étais ado, il y en avait un comme lui, dans mon quartier. Un blondinet aux fesses rondes que ses parents avaient eu la bonne idée de prénommer Jean-Marc, ce qui est dur à porter quand on aime emprunter les jupes de sa mère et qu'on chante François Deguelt avec une voix de soprano.

     

    Il avait droit à tous les noms d'oiseaux ? Tantouze, lopette, p'tite fiotte, pédé, c'était les plus flatteurs et les plus distingués.

     

    Son père était routier et le cognait chaque dimanche pour le guérir de ses mauvais penchants. Sa mère le consolait et l'appelait mon bébé. Il se faisait charrier par tous les cons de mon âge.

     

    Sa vie n'était qu'une tartine de fiel sur un quignon de pain moisi.

     

    Il s'est jeté du toit de sa maison, à la fin d'un week-end trop long. Sûrement découragé par la bêtise humaine. Il a raté son grand plongeon, et s'est retrouvé paraplégique.

     

    Il avait à peine quinze ans.

     

    On ne décide pas

     

     

    Quand j'ai appris ce qui lui était arrivé, je me suis senti merdeux, même si je n'y étais pour rien à titre personnel – à titre plus personnel que les autres, en tout cas. Je ne lui avais jamais adressé la parole. Mais les regards en coin, les rires gras, les clins d'oeil, ça aussi ça peut pousser quelqu'un dans le vide, je crois. Du coup, si on fait bien le compte, on était quelques-uns à le faire sauter du toit, ce soir-là. Son père en première ligne, et nous autres, en renfort. Nous tous, les hommes forts.

     

     

     

    Arrivé à mon âge, à moins de n'avoir rien compris à la vie, on se fout du choix des gens. Il y a des hétéros, il y a des homos. Il y a des multicartes. Il y a des indécis. On ne décide pas plus de ce qui nous fait bander que de naître gaucher, frisé ou aux yeux verts.

     

    Ni mérite ni honte.» (p.55)

     

     

     

    (Bon rétablissement de Marie-Sabine ROGER)

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  • Xavier

     

    Pas viril

      

    « Quand il était encore bébé

     Xavier

     Voyant sa mère qui pouponnait

     Son cadet

     Voulant tout faire comme Maman

     Tendrement

     Langeait et berçait son ourson

     Sans façon

     Vous voyez, vous voyez

     Qu'il était bien disposé

     Mais les amis mais les parents

     Apprenant

     Qu'il était tendre et maternel

     L'eurent belle

     De tomber à bras raccourcis

     Sans merci

     Sur la pauvre maman tranquille

     Malhabile

     Vous voyez, vous voyez

     Qu'elle n'y avait pas pensé

     Ils lui prédirent avec terreur

     Quelle horreur!

     Qu'il allait être paraît-il

     Pas viril

     Dirent qu'il fallait mettre aussitôt

     Une auto

     Dans les mains de ce petit mâle

     Anormal

     Vous voyez, vous voyez

     A quoi on peut échapper

     Mon Xavier n'a pas protesté

     Pas pleuré

     A enroulé vaille que vaille

     La ferraille

     Dans le mouchoir de sa maman

     Tendrement

     Puis il a fait faire dodo

     A l'auto

     Vous voyez, vous voyez

     Qu'on pouvait bien s'inquiéter

     Je dois pourtant vous rassurer

     Sur Xavier

     Il a passé sans avanie

     Son permis

     Ses sentiments pour son auto

     Sont normaux

     Tous ne peuvent pas en dire autant

     Bien souvent

     Vous voyez, vous voyez

     Tout finit par s'arranger"

     

     

    Anne SYLVESTRE - Écrire pour ne pas mourir (1981)

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  • « Je croyais que c'était beau d'être une femme. J'y avais cru dans les yeux de ma mère.

     

    J'ai découvert que ça pouvait être une maladie. Honteuse. Qu'il faut faire oublier pour pouvoir vivre tranquille. Je ne dis même pas « respectée ». Je dis « tranquille ».

     

     

    J'ai vu des filles se mettre à parler comme ces garçons qui nous gâchent la lumière. Je les ai vues s'habiller comme eux, prendre leur allure, leur langage. Pour être acceptées. Pour être tranquilles.

     

    Moi je tresse mes cheveux, je les parfume. Rien ne me fera jamais penser qu'être une femme, c'est mal.

     

    Je n'ai pas envie de repenser à tous les mots que j'ai entendus. Tous ces mots qui font de chacune de nous une serpillière à essuyer les crachats.

     

    Il faut se mettre un voile sur la tête pour éviter qu'ils nous souillent ?

     

     

     

    Même mes frères s'y sont mis. Et ma mère n'a rien dit.

     

    Mes frères, je ne vous reconnais plus. Vous dites que vous me « protégez ». Mais de quoi me protégez-vous ? D'être une femme ? Il faut qu'on se cache pour être respectée ? De quoi ? De vos pensées ? » (p.32-33)

     

     

     

    (Le ramadan de la parole de Jeanne BENAMEUR)

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  • « Mon beau-neveu Gaël est spécialisé dans le team building, le team learning et les événements outdoor. Rien que l'énoncé me déprime.

     

    Ce garçon est un échantillon vivant de son travail : bien coiffé, bien sapé, pragmatique, efficace, remarquablement creux. Il vit dans un monde parallèle dans lequel il est persuadé que ce qu'il fait est important. Un univers virtuel, totalement improductif, mais, semble-t-il, incontournable, résonnant de termes obscurs aux oreilles du péquin moyen : organisations pyramidales, transversales ou matricielles, stratégies, déploiements d'objectifs, interfaces.

     

    Je n'ai rien à lui dire.

     

    Lui non plus, c'est heureux.

     

    Conformisme : un échantillon vivant

     

    Quant à ma nièce, depuis qu'elle est maquée avec son team builder, elle a abandonné – sans efforts déchirants – toute velléité de penser par elle-même. Elle s'est transformée en « femme-de-Gaël » et elle a adopté sans faillir sa façon de penser, de parler, d'envisager la vie, la politique, les grosses cylindrées et les montres de prix. Elle est devenue parfaite et inutile, lisse et décorative. Ils forment un couple élégant, aimé de leur banquier, béni par le destin. Leur seul échec, c'est leur fils Jérémy, qui tient de pépé Jean son mépris de la hiérarchie, de mon père, un vieux fond de convictions sociales et de moi (ça alors!), une grande facilité à se moquer de l'opinion des gens. Un mélange harmonieux. J'aime bien ce gamin. » (p.131-132)

     

     

     

    (Bon rétablissement de Marie-Sabine ROGER)

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  • La vaisselle

     

    « {Refrain:}

     

    Qui c'est qui fait la vaisselle?

     

    Faut pas qu'ça se perde!

     

    Qui c'est qui doit rester belle

     

    les mains dans la merde ?

     

    Mais tout change {2x}

     

    et voici Jules qui lange

     

    les fesses de l'héritier.

     

    Il balaie {2x}

     

    et bientôt, quelle merveille,

     

    il astique le plancher.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

     

    Mais tout bouge {2x},

     

    et voici que les yeux rouges

     

    il fait cuire le rôti.

     

    Il cuisine {2x}

     

    - quelle splendeur assassine! -

     

    fait la plonge et il essuie.

     

    Ça fait rien, on change rien

     

    {au Refrain}

     

    Mais tout marche, mais ça marche,

     

    et voici qu'il ne se cache

     

    quand il reste à la maison.

     

    C'est Germaine qui ramène

     

    tout l'argent de la semaine,

     

    ce n'est pas contre saison.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

     

    Mais il l'aime, mais ils s'aiment,

     

    et ce n'est pas un problème

     

    de savoir qui va porter

     

    la culotte ou bien les bottes,

     

    et le seul drapeau qui flotte,

     

    c'est une taie d'oreiller.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

    La vaisselle

     

    Mais voici que sonne l'heure

     

    de traîner l'enfant qui pleure

     

    vers l'école aux bancs de bois.

     

    L'enfant de Germaine et Jules,

     

    sans y penser, articule

     

    dans les livres d'autrefois.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

     

    Tout recule {2x}

     

    et plus tard le petit Jules

     

    aura des enfants aussi

     

    qui derrière leur cartable,

     

    dans l'école imperturbable

     

    épelleront ces niaiseries.

     

    Ça fait rien, on change rien.

     

    {au Refrain}

     

    Qui c'est qui fait la vaisselle?

     

    Faut pas qu'ça se perde.

     

    Oh, mais non!

     

    Merde!"

     

     

     

    Anne SYLVESTRE - Écrire pour ne pas mourir (1981)

     

     

     

     

     

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