• Vous aussi, dessinez quatre points sur votre poing pour afficher votre engagement dans la lutte contre le harcèlement scolaire.

     

     

    Pour afficher son engagement contre le harcèlement

    "Les quatre engagements contre le harcèlement : 

     

     

    - Je désapprouve le harcèlement et je n’y participerai jamais. 

     

    - Si le harcèlement m’inquiète ou m’attriste j’en parle autour de moi.

     

    - Je n’exclus personne.

     

    - J’essaierai toujours de défendre une personne qui se fait harceler. "

     

    source : http://deredactie.be/permalink/1.3124797  

    Mouvement "Manipest" parti de Flandre  #samentegenpesten  

     

    Article et vidéos de la RTBF 

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  •  « Mais le plus dur fut la prise de conscience que les collégiens n’étaient pas plus mûrs que les écoliers. Il trouvait que les élèves qui l’entouraient étaient souvent bêtes et méchants . Le début de l’adolescence décuplant l’agressivité de quelques-uns, il était devenu l’objet d’insultes et de moqueries d’une poignée de garçons, dont le plus virulent était dans sa classe.

     

    Un soir d’octobre, paniqué, il revint avec un mot sur le carnet de liaison signé de l’enseignante d’EPS. Elle lui reprochait d’avoir parlé pendant qu’ils couraient. Mais Elijah m’assura que ce que la prof décrivait comme un bavardage, était une tentative de se défendre d’attaques verbales et qu’elle ne pouvait l’ignorer, puisqu’il était allé la voir à trois reprises pour lui signaler la volée de « fils de pute, pédé, connard » et autres mots fleuris émanant de la bouche de ce jeune. Je ne manquai pas de porter cela par écrit à l’enseignante qui corrobora avoir été appelée à l’aide pour ces insultes répétées, et me dit sommairement de ne pas m’inquiéter. Mes objections ne reposaient pourtant pas sur une inquiétude, mais sur une incompréhension de la logique de cette enseignante qui sanctionnait la victime, pas le fauteur.

     

    L’agression arriva, au retour des vacances de Noël. Elijah fut frappé à l’oeil avec sa règle qui lui avait été arrachée des mains. Loin d’être calmé, Julien, son agresseur, l’avait aussitôt poussé contre un bureau avant de le rouer de coups de pieds et coups de poings, le voyant pourtant recroquevillé au sol, la main posée sur l’oeil, pleurant. Cela s’était produit en classe, à un intercours et alors qu’il rangeait ses affaires, pendant que l’enseignante d’allemand rangeait elle-même sa sacoche.

     

    Elle dira plus tard n’avoir rien vu de tout cela, ni rien entendu du fait du bruit des enfants changeant se salle, s’étant contentée d’accompagner son jeune élèves à la Vie scolaire. L’agresseur avait pourtant chanté durant le cours à voix haute « Je vais péter la gueule d’Elijah », allant jusqu’à se déplacer à quatre pattes à travers la classe vers mon fils pour le taper et le pincer. L’établissement s’était bien gardé de m’appeler et de m’informer de ce qui venait de se dérouler, le laissant poursuivre sa journée comme si de rien n’était, et alors qu’il avait demandé à ce que je sois avertie, et même aller à la piscine en EPS durant deux heures (quoi de mieux que le chlore pour une cornée potentiellement endommagée?). Il me fallut trois jours, une visite chez le généraliste et un rendez-vous en urgence chez l’ophtalmologue pour obtenir auprès de mon enfant les détails complets de ce qu’il avait subi. » (p.114-115)

     

     

    « Saisissant illico la direction, nous attendions de sa part une réaction intransigeante à l’égard de ce garçon de trois ans de plus qu’Elijah. Les deux enfants furent reçus seuls par le CPE. Elijah, bien que persuadé que l’autre viendrait se venger, avait eu le courage de l’affronter. L’agresseur, cherchant à nier dans un premier temps, dut s’incliner devant les détails donnés par sa victime. Il se justifia ainsi :

     

    - Il m’avait regardé, ça m’a énervé.

     

    Eh oui, à 12 ans, si jamais on me regarde et que ça me déplaît, s’ensuit une pluie de coups, sans aucune conscience de la gravité de mes actes. Super ! Cerise sur le gâteau, le CPE de l’établissement s’était permis de me conseiller par écrit d’apprendre à mon fils à éviter les regards désagréables ou provocateurs envers d’autres. Fichtre, voilà que l’adulte responsable de la sécurité et de la politique éducative dans l’établissement trouvait que, pour un enfant de 9 ans, le fait de regarder de manière « niaise » un autre enfant de 12 ans pouvait constituer une provocation et, par voie de conséquence, un appel à l’agression. Cela me rappelait d’autres discours indécents sur les agressions sexuelles et les phrases du style « elle l’a cherché ». J’ai donc remis en place ce personnage, lui rappelant sans cérémonie qu’il était question de l’enceinte d’un collège, pas de la rue ou d’une cité sensible où l’on risque effectivement de se faire rosser pour la simple raison que l’on a regardé quelqu’un qui se sent défié ou provoqué.

     

    Elijah n’a jamais su répondre aux offensives. Il n’a jamais eu l’étoffe d’un bagarreur et ne comprend pas que l’on puisse agir ainsi, il n’en saisit pas la raison. Mais est-ce un tort ? Est-ce là le prix à payer pour sortir des clous ? Ne pas être dans la norme impliquerait-il de subir ce type d’agressions ? Faudrait-il l’accepter comme le revers de la médaille, le risque inhérent à toute différence ou encore la punition pour avoir un haut QI ? On prendrait le pack « haut potentiel intellectuel et victime de violences volontaires ». non, je refuse de vivre dans un monde qui demande à un enfant de baisser la tête et de regarder ses pieds pour ne pas en agacer un autre, sous peine d’être injurié et cogné.» (p.116)

     

     

    (Les Tribulations d’un Petit Zèbre d’Alexandra REYNAUD)

     

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  •  

    «  Il fut harcelé par certains, poursuivi jusqu'à la cantine. M'étonnant devant deux professeurs que l'équipe agisse comme si elle ne voyait rien de ce qu'il vivait, l'un d'eux me dit : « Nous ne pouvons pas faire du social toute la journée. » Et mon fils fut placé, quelques jours plus tard, à côté de l'un de ses harceleurs par son professeur principal, monsieur Toscan.

     

    Ce n'était pas une première, il avait déjà fait l'objet plus tôt dans l'année de ce type de traitement, placé tantôt à côté du cancre de la classe, sur la sellette depuis le premier conseil de classe pour des avertissements répétés de comportements, tantôt à côté d'un maître des insultes. Sur trente élèves, tous ceux qui partageaient le bureau du zébrillon étaient des bourreaux, jamais des élèves paisibles. Et à chaque fois qu'il demandait à changer ce plan de classe, expliquant les tensions et l'impossibilité pour lui de se concentrer dans ces conditions, monsieur Toscan balayait sa requête par des « on ne va pas tout modifier pour toi, ne fais pas le bébé, tu feras avec ». Lorsqu'il avait fait valoir qu'il voyait très mal à l'avant-dernier rang, portant des lunettes, le professeur avait renvoyé le duo (formé par Elijah et son camarade de table) au dernier rang ! Plus nous voulions signaler les anomalies, plus l'équipe s'échinait à aller dans le sens opposé, comme si l'objectif était de me dire : « On fera ce que l'on voudra, Madame, avec votre enfant. »

     

     

    Non assistance

     

    Les brimades ont continué. Puis le dernier conseil de classe s'annonçant, le professeur principal, monsieur Toscan, a demandé à me rencontrer. Je me rendis donc à cet entretien en pensant qu'il souhaitait peut-être faire son mea culpa pour cette année rocambolesque et l'attitude peu compréhensible de la quasi-totalité des enseignants (ma naïveté me perdra...). Que nenni ! L'objectif de cette rencontre était tout autre : atterrant et surprenant à la fois. Il me demanda avec impudence si nous avions envisagé un redoublement pour Elijah, qui lui serait bénéfique socialement, selon lui, car il ne voulait que son bien, me dit-il. Cela me donna l'impression dérangeante et écœurante que l'on se foutait allègrement de nous. » (p.117-118)

     

     

     

    «  Au magnétisme des jeux s'est rapidement ajouté celui de ses YouTubers/gamers fétiches, comme il me l'expliquait un jour où je voulais savoir ce qui le captivait tant dans ces séquences :

     

    - Le collège, c'est l'enfer. On m'a frappé et insulté, on se moque de moi dans les couloirs, dans la cour ou au gymnase, on rigole tous les jours dans mon dos à la cantine, quand on ne crache pas sur mon plateau. Et les profs n'arrivent pas à faire stopper ça. Les jeux et l'informatique sont le seul endroit où je ne crains pas d'être agressé ou jugé par les autres, les vidéos que j'aime me donnent l'impression d'avoir des amis qui me parlent de leur vie. C'est mon seul moment de répit ! » (p.130)

     

     

     

    (Les Tribulations d’un Petit Zèbre d’Alexandra REYNAUD)

     

     

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    « Le saviez-vous ? Les orques se déplacent en meutes. Chaque meute a sa propre série de cliquetis, sifflements et cris. Cela renforce la cohésion du groupe.

     

    C’est exactement pareil à la rentrée des classes : une floppée d’enfants terrifiés arrivent d’un peu partout, et en l’espace de quelques semaines, ils forment leur bande. Les sportifs s’intègrent dans les équipes de sport ; les intellos s’inscrivent à des clubs, genre « échecs » ou « informatique » ; les adeptes de la fumette se trouvent un coin derrière des buissons, juste à la sortie du bahut.

     

    Si bien que quand un nouveau arrive en janvier, personne ne le remarque vraiment. Chacun a déjà sa bande. Ce qui me va très bien. Je suis content d’être comme Luna, l’orque qui s’est séparée de sa meute et a voyagé toute seule pendant deux ou trois ans , au large des côtes de Vancouver. (…)

     

    Mais le problème, le voici : il y a toujours au moins un autre élève qui, lui aussi, nage en solitaire, parce que aucune bande ne veut de lui. » (p.8-9)

    La meute

     

     

     

    « Je respectais le journaliste du coin parce qu’il avait aussi déniché beaucoup d’infos sur la tyrannie constante qu’avait endurée mon frère, y compris quelques incidents dont mes parents et moi ignorions tout : la page « Jesse Larsen est un PD » sur Facebook, qui avait été supprimée rapidement mais pas avant qu’il l’ait vue – ainsi que les cinquante-deux « likes » qu’elle s’était attirés en moins d’une semaine ; la chute « accidentelle » dans le couloir qui l’avait envoyé aux urgences pour se faire recoudre (nous étions au courant pour les points de suture, bien sûr, mais pas que Scott en était responsable) ; la crotte de chien qu’il avait trouvée un jour dans son casier. Ce journaliste-là présentait l’histoire sous toutes ses facettes. Mais beaucoup d’autres articles que j’ai lus étaient truffés de mensonges. Plusieurs soi-disant « experts » , des gens qui ne nous connaissaient même pas, laissaient entendre que mes parents avaient dû être violents, ou absents, ou carrément débiles. » (p.50)

     

     

     

    « - Tu veux aller le dire au proviseur ?

     

    Là, il m’a regardé comme si j’étais fou à lier. Il n’a pas eu besoin d’ajouter un mot : je savais exactement ce qu’il voulait dire. Aller voir le proviseur pouvait éventuellement améliorer les choses… ou, plus sûrement, les aggraver.

     

    Jesse était allé se plaindre, une fois. Le proviseur avait parlé à Scott. Et savez-vous ce qui s’est passé ? Scott a simplement fait plus attention à ne pas se faire prendre. Et Jesse était officiellement devenu une balance. » (p.83)

     

     

     

    (Le journal malgré lui de Hanry K. Larsen par Susie NIELSEN)

     

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    « J’y ai réfléchi un bon moment, en silence, et ensuite j’ai jeté un coup d’oeil à Sam.

    - Il l’a violée, c’est ça ?

    Elle a juste hoché la tête. Impossible de dire si elle était triste ou si elle était juste au courant de plus de choses que moi.

    - On devrait le dire à quelqu’un, tu crois pas ?

    Cette fois, Sam a juste fait non de la tête. Ensuite elle m’a expliqué tout ce qu’il fallait faire de compliqué pour pouvoir prouver ce genre de chose, surtout au lycée, quand ça se passe entre un garçon et une fille qui sont amoureux et bien vus des autres. » (p.46)

    Difficile à prouver



    « Je ne vais pas dire qui. Je ne vais pas dire quand. Je vais juste dire que ma tante Helen a été « agressée sexuellement ». Je déteste cette expression. La personne qui a fait ça était très proche d’elle. C’était pas son père. Elle a fini par le dire à son père. Il l’a pas crue à cause de qui c’était : un ami de la famille. ç’a rien arrangé, loin de là. Ma grand-mère a jamais rien dit non plus. Et cet homme, il a continué de leur rendre visite. » (p.109)

    (Le monde de Charlie de Stephen CHBOSKY)

     

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    « Je ne sais pas pourquoi ils sont comme ça. (…) On est polis chez nous. On ne se fait pas remarquer, on ne fait pas de scandale. Les profs, eux, ne disent rien. Dans la cour, il y a des surveillants, mais ils ne font rien non plus. Ils ne l'avoueront pas, mais ils avaient autant peur que moi. Ils auraient pu faire quelque chose à l'intérieur de l'établissement, ils avaient le droit d'intervenir, mais ils ne l'ont jamais fait. Dans mon cas, ils ne me croyaient pas. Et ils avaient la trouille. En récréation, il faudrait presque un gardien. Quelqu'un qui surveille vraiment, qui n'ait pas peur, qui voie quand les élèves coincent un autre élève contre un mur. Parce que ça se passe toujours de la même manière. Ils savent bien faire ça. Ils se mettent en rond comme s'ils jouaient, et celui qui est coincé se prend des coups partout. On lui prend son argent, on le « traite » sur ses baskets , parce qu'elles sont nulles, on l'insulte sur sa race. S'il a un gros nez, s'il est trop petit, c'est pareil.

     

     

     

    J'aurais beaucoup mieux travaillé si on m'avait laissé dans mon coin sans m'embêter. Parce que ma vie à l'école, ça n'a été que des insultes et des menaces. Je m'en veux tellement de ne pas avoir réussi à en parler. Mais je suis décidé maintenant. J'ai dix-huit ans, j'ai grandi. Je suis allé porter plainte à la police. (…)

     

    Pourquoi ils s'en sont pris à moi ?

     

    Le psychologue qui me suit m'a bien aidé à comprendre pourquoi ils s'en sont pris à moi. Il m'a dit que j'ai été une victime parce que j'avais tout pour ça : je ne me bagarre pas, je suis trop gentil, je n'étais pas bon à l'école, j'étais gros, et je ne parlais pas. Je me laissais prendre mon argent sans résister. C'était facile pour eux. Et moi, pendant ce temps, je pensais au suicide.

     

     

     

    Ce que je voudrais, c'est que ça ne recommence pas pour les autres . Pour ceux qui vont à l'école aujourd'hui. Quand on est harcelé, ça rend fou de ne pas savoir ce qu'il faut faire. Sur notre site internet, on a mis des conseils si ça arrive : parler à sa famille, au proviseur, et même à la police. Il faut essayer de ne pas avoir peur. Parfois, le harcèlement, c'est comme la guerre. Si non a envie de mourir, comme j'ai fait, il faut parler. Ce livre, il est pour que les parents fassent plus attention aux enfants. Il est aussi pour que les profs identifient mieux ceux qui se font « traiter ». Les profs ne doivent plus avoir peur de punir les élèves violents. Le directeur doit directement parler aux parents des agresseurs pour les menacer d'exclusion. Ces jeunes-là n'ont rien à faire au collège, ils ne veulent même pas travailler.

     

     

     

    Si un élève veut mourir comme je l'ai fait, il faut qu'il écoute ce que je dis. Ça ne sert à rien de mourir. Quand on meurt, c'est les autres qui gagnent. Et puis les autres, je veux qu'ils aillent en prison, qu'ils restent longtemps enfermés. » (p.129-132)

     

     

     

    (Condamné à me tuer de Jonathan DESTIN)

     

     

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    Le p'tit sac à dos

     

     

     

    « L'était pas bien grand

     

    L'était pas bien gros

     

    Et toujours courant

     

    Jamais au repos

     

    Sourire aux oreilles

     

    Et loin d'être idiot

     

    Sitôt le réveil

     

    Il portait faraud

     

     

     

    Un p'tit sac à dos

     

     

     

    Un p'tit sac fidèle

     

    Et bien comme il faut

     

    Avec des bretelles

     

    Des poches à gogo

     

    Ce qu'il y rangeait

     

    On n' savait pas trop

     

    Parait qu'il gardait

     

    Même pour faire dodo

     

     

     

    Son p'tit sac à dos

     

     

     

    Si on v'nait lui dire

     

    Pose ton ballot

     

    Ça le faisait rire

     

    C'était rigolo

     

    J' peux danser la gigue

     

    Et le fandango

     

    Jamais j' me fatigue

     

    C'est pas un fardeau

     

     

     

    Mon p'tit sac à dos"

     

     

     

    Qu'as-tu là-dedans?

     

    Est-ce ton magot?

     

    De l'or des diamants

     

    Un Eldorado

     

    Il répondait Chut

     

    Dites plus un mot

     

    C'est mon parachute

     

    Mon attrape-nigaud

     

     

     

    Mon p'tit sac à dos

     

    Le p'tit sac à dos

     

    Un soir de décembre

     

    Il y eut un complot

     

    On vint dans sa chambre

     

    Avec des ciseaux

     

    On trouva discrète

     

    Cachée aux badauds

     

    Fragile et secrète

     

    Comme incognito

     

     

     

    La bosse de son dos

     

     

     

    Il dit C'est ma mère

     

    Qui m' fit ce cadeau

     

    Pour m'avoir fait naître

     

    'Vec un bout de trop

     

    Y mit son amour

     

    Pour me tenir chaud

     

    Depuis j'ai toujours

     

    Qu'il vente ou fasse beau

     

     

     

    Mon p'tit sac à dos

     

     

     

    Tour à tour j'y range

     

    La neige en cristaux

     

    Des parfums d'orange

     

    Et des chants d'oiseaux

     

    Des rêves de fleurs

     

    De bruits de ruisseaux

     

    Pour porter bonheur

     

    Touchez dans mon dos

     

     

     

    Mon p'tit sac à dos

     

     

     

    Pour porter bonheur

     

    Touchez dans mon dos

     

     

     

    Mon p'tit sac à dos »

     

     

     

    Anne SYLVESTRE – Juste une femme (2013)

     

     

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  •  

    « En sixième, je n'avais pas de copains, en cinquième non plus. Quand j'ai redoublé, les nouveaux sont arrivés. Pour faire pareil, s'attaquer à moi parce que je me laissais tout le temps faire. Je ne répondais pas. Ils se regroupaient entre eux. Ils me cherchaient sur le physique, les fringues, les filles aussi. Moi, je n'avais pas de copine, alors j'étais encore plus un con pour eux. Dans ma tête, je les traitais de grands cons. Mais ça ne sortait pas. J'espérais tellement qu'ils m'oublient, me lâchent pour de bon.

     

    Dans la classe, pendant les cours, ça allait encore. Mais c'était à la récréation. Je voyais arriver les grands du collège, ceux de troisième. Souvent, je restais dans les couloirs ou dans une cage d'escalier, pour me cacher, j'attendais que ça passe. Les professeurs, eux, voulaient m'obliger à quitter mes cachettes.

     

    - Il faut aller dans la cour de récréation, il faut aller jouer... allez !

     

    Mais moi, je ne jouais pas dans cette cour, je me faisais frapper. Je répondais aux professeurs :

     

    - J'aime bien rester seul. Je réfléchis.

     

    Je n'ai jamais dit qu'ils m'embêtaient. Les grands m'avaient prévenu de me taire :

     

    - Sinon, demain, on va te faire encore plus mal.

     

    - On va te tabasser, on va te tuer...

     

    Ils se croyaient plus forts que tout le monde.

    Dans la cour

     

    L'année de quatrième a été pire que les autres. A la fin de ma deuxième cinquième, mes parents avaient décidé de me changer d'école. Ils m'ont mis au collège Saint-Pierre, à Lille, un établissement privé avec une classe de quatrième beaucoup plus ralentie. J'avais le même programme que les autres quatrièmes, mais en plus lent. Ça me convenait mieux, ma moyenne était bien meilleure. Malheureusement, les élèves étaient aussi embêtants avec moi. Pas ceux de ma classe, mais les élèves des autres classes de quatrième, les classes pas aménagées. Ils m'attaquaient dans la cour. C'était un collège-lycée, et les lycéens s'en prenaient aux collégiens. Ils faisaient un mur autour de moi. Ils se mettaient devant et de chaque côté, pour que je ne puisse pas m'échapper. Ils me traitaient de bon à rien. Ils disaient :

     

    - Bon à rien, tu sers à rien... T'as rien à foutre là, ça sert à rien, pour toi, d'être sur Terre... faut te barrer...

     

    Un jour, ils m'ont coincé contre le mur et m'ont cogné la tête. Un prof est intervenu mais les autres ont dit que j'étais tombé tout seul.

     

    - Non, c'est pas nous, c'est lui, il s'est fait mal tout seul, on n'y est pour rien.

     

    Moi j'ai dit que c'étaient eux qui m'avaient tapé. Mais il ne m'a pas cru. Il a cru les autres parce qu'ils étaient quatre ou cinq. Le prof, lui, était tout seul et, peut-être, il ne voulait pas d'ennuis. Les profs ont souvent peur qu'on leur crève un pneu. Après, pour eux, c'est trop de problèmes, alors ils laissent tomber. C'est pour ça aussi qu'on ne dit rien.

     

    Parce que ça ne sert à rien. » (p.39-41)

     

     

     

    (Condamné à me tuer de Jonathan DESTIN)

     

     

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    « C'est en CM2 qu'ils ont commencé à m'embêter. Ils me « traitaient » du matin au soir. Au début, c'étaient des moqueries, sur mon nom de famille, Destin. Ils trouvaient toujours des mots qui allaient avec. Ils disaient : « C'est ton destin. » C'est ton destin d'être nul... ton destin d'être gros. A force de l'entendre, ça me faisait mal. T'es un con... T'es gros... J'étais assez enrobé. A onze ans, je devais faire dans les soixante-dix kilos. On m'embêtait surtout dans la piscine. Dès qu'ils me voyaient nager, ils balançaient des insultes sur mon compte. Évidemment, mes bourrelets, ils se voyaient bien dans l'eau. Je mangeais très mal cette année-là, parce que je grignotais entre les repas, beaucoup, j'avais toujours faim. Je pense que c'était une compensation. Plus les autres me traitaient de gros, plus je mangeais. La nourriture me réconfortait un peu, surtout le sucré comme les tartines de Nutella ou les biscuits. Ma mère me disait bien de faire attention. Mais moi, plus j'entendais les moqueries, plus j'entendais les insultes - « T'es gros... Gros porc... » - et plus je mangeais. Les garçons et les filles m'embêtaient comme ça tout le temps. C'était plus dur encore quand c'étaient les filles. Je ne disais rien, je ne répondais rien, je me taisais, j'avais peur d'eux. Le matin, je n'osais pas aller à l'école. Mes parents voyaient bien, quand j'avais des contrôles, que ça n'allait pas au niveau de mes notes. Je pense qu'ils savaient que je me faisais embêter. Une fois, ma mère a eu des doutes. Elle m'a suivi sur le chemin de l'école. Elle était loin derrière moi. A un moment, elle a vu des jeunes qui se mettaient à me jeter des cailloux. Ils étaient cachés derrière des voitures. Elle les a reconnus. Ils venaient d'une autre école. Je suis arrivé en classe en pleurant. Ma mère, elle, est allée voir le directeur de cette école et lui a désigné les fautifs :

     

    - Ces trois jeunes-là ont jeté des cailloux à mon fils.

     

    Le directeur les a tout de suite punis et ils n'ont pas recommencé. Mais les autres, ceux de mon école, eux, ont continué. Ils me bousculaient tout le temps. C'étaient des insultes sans arrêt. Un groupe de quatre garçons s'en prenait toujours à moi. Parmi eux, il y en avait un qui, au début, était plutôt gentil avec moi. Du moins, c'était ce que je pensais. On avait le même âge. Et puis un jour, il a commencé à me frapper, parce qu'il m'avait « traité » et que je lui avais répondu. Il s'est mis à me cogner. Et tous ses copains sont venus le rejoindre et ils m'ont tapé tous en même temps. Ils me frappaient sur la tête, dans les jambes, avec leurs mains, leurs pieds. Ils avaient dit du mal sur ma mère :

     

    - Ta mère, c'est une grosse comme toi !

     

    Je n'ai pas supporté ça. Sur moi, je pouvais encore supporter et me taire, mais pas sur elle. J'ai répondu :

     

    - Non, c'est pas vrai, ma mère est pas grosse. De toute façon, vous ne la connaissez pas !

     

    Et ils m'ont frappé juste parce que j'avais répondu. J'ai eu des bleus partout sur les jambes tellement j'avais reçu de coups de pied. Ils étaient quatre, ils s'amusaient. J'ai pleuré. Je suis même parti en courant voir mon professeur principal. Il m'a dit :

     

    - C'est pas grave, ils ne font que s'amuser avec toi.

    Personne ne voyait ce qui se passait

     

    Il ne les avait pas vus me frapper. Il pensait qu'on jouait ensemble. Il s'en fichait. Après, je les évitais, ces garçons. A la récré, je demandais si je pouvais rester dans la classe pour réviser. Je ne voulais pas sortir. J'essayais de les éviter pour tout. Au début, j'allais à la cantine de temps en temps, quand je ne pouvais pas retourner à midi chez moi, mais je n'aimais pas du tout. On me jetait de l'eau. Ils se foutaient de moi parce que je mangeais trop. Ils me mettaient des coups de pied sous la table, ils rigolaient et me tapaient parce que j'étais gros. Ils me regardaient manger en se moquant de moi. Ils me faisaient des grimaces. Du coup, je n'osais pas toucher à mon assiette. J'essayais d'aller à une autre table, mais la plupart du temps ils me rejoignaient. Il n'y avait pas de surveillants, seulement les cuisiniers et les professeurs. Personne ne voyait ce qui se passait parce qu'ils me donnaient des coups de pied sous la table. Je n'allais pas me plaindre au professeur, j'avais peur de lui, et de ce qu'il m'avait répondu le premier jour. « Ils s'amusent avec toi. » S'il préférait les croire, et ne pas voir, alors j'étais seul. Complètement seul. » (p.25-28)

     

     

     

    (Condamné à me tuer de Jonathan DESTIN)

     

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