•  

    Liberté, à nous pour toujours

     

     

     

     

     

    Face à l'ouragan qu'est la société

     

    Face à cet ouragan qui vous emporte

     

    Face à cette force phénoménale

     

    Il faut lutter, ne pas se faire emporter

     

    Lutter pour s'affirmer,

     

    Se battre contre cette machine de société

     

     

     

    Il faut détruire ses chaînes

     

    Ces chaînes qui nous tiennent prisonnier

     

    Il faut vaincre et être puissant face à notre ennemi

     

     

     

    Personne n'a le droit de nous guider

     

    C'est à nous de choisir notre destin

     

    A cause de ce monde on est...

     

    ...Quasiment formaté,

     

    On ne peut aller où l'on veut, ni faire ce que l'on veut

     

    On est comme des moutons gardés par un berger qui a peur qu'on s'enfuie

     

     

     

    Dans ce monde c'est malheureux à dire

     

    mais pour avoir la paix il faut faire la guerre

     

    une guerre éternelle et oppressante

     

    Il faut toujours être sur ses gardes

     

    toujours être prêt à se battre

     

     

     

    Dans ce monde où la haine est reine

     

    Et où le mot combat rime avec quotidien

     

    C'est dans ce monde que je suis,

     

    moi qui suis pacifique, moi qui ai vu

     

    Ce qu'est la haine envers les autres

     

    moi qui suis différent d'eux, j'ai subi cette haine

     

     

     

    et pourquoi ?

     

    Tout simplement parce que je ne réagis pas comme eux

     

    Et cela je le sais, si je ne souris presque jamais

     

    C'est parce que la petite parcelle de bonheur qui m'habite

     

    Elle-même est noyée dans un océan de noirceur

     

     

     

     

    rédigé par un élève de 16 ans (2005)

     

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  • "A l'école, je n'ai pas d'amis. je ne sais pas pourquoi, on ne m'aime pas. parfois les enfants disent que je ne sais pas lire." (p.8)

     

    Je ne suis pas comme ils disent !

     

    "Tous ces mots sont comme des poignards qui déchirent mon cœur." (p.25)

     

    (Je ne suis pas comme ils disent ! d'Agnès Lestrade et Julien Praud)

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  • Le mal que l'on peut faire juste avec des mots

    "Le lendemain, au collège, tu avais changé. Pour lui, je pense. Mais les autres ne changent pas, Line, tu le savais. Ils ont même ri, en voyant du noir sur tes yeux et du rouge sur tes lèvres. Mais tu t'en fichais, ou du moins tu faisais comme si. Tu avais dû te maquiller en cachette de tes parents. J'avais trouvé cela amusant ; ça m'avait même donné envie de faire pareil, mais je n'aurais pas eu ce courage. Les premières de classe qui ne sont pas très belles n'ont pas le droit de se maquiller : c'est comme ça dans la tête des autres. Alors, on a eu droit aux imitations d'embrassades peu probables, aux paroles blessantes... Rien n'arrivait à te toucher. Tu as toujours eu du caractère, plus que moi. Tu leur tenais tête et ça les déstabilisait un peu. Avec le recul, je me demande si nous avions conscience du mal que l'on peut faire juste avec des mots. Mais, à deux, on est plus fortes."

     

    (Lettre à Line d'Amélie Billon, p.7-8)

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  • "Actuellement, à l'école, les enfants sont éduqués à la concurrence et à l'individualisme purement "rentables". On pousse à rentrer dans le rang, on enferme dans une case, on enseigne implicitement la loi du plus fort. Je considère qu'enseigner, ce n'est pas seulement faire son cours, et se contenter de cela ! Un enseignant, un professeur, doit faire preuve de vigilance et être attentif au bien-être de ses élèves. S'il assiste à des phénomènes de harcèlement, il doit intervenir, permettre l'échange, être un soutien pour la victime et sanctionner intelligemment le ou les meneurs." 

     

    (De la rage dans mon cartable de Noémya Grohan)

    http://www.violencescolaire.fr/

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  • "Dans tous les cas cités, la participation des AUTRES est importante. Ce sont eux qui portent les jugements diagnostics, cernent les différences et prennent le grand risque d'isoler." (p.18) 

     

    Les autres

     

    "La ségrégation dont ils sont l'objet, qu'elle soit le fait de la bonne volonté naïve, de l'efficacité professionnelle, de l'indifférence ou des jugements tout faits, accentue leurs différences, sans en signaler la richesse propre." (p.133) 

     

    (Vous avez dit Pauvres d'Esprit ? de Martine Bouju)

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  • "Il est possible de détruire quelqu'un juste avec des mots, des regards, des sous-entendus : cela se nomme violence perverse ou harcèlement moral."

    Le harcèlement moral

    "L'agression ne se passe pas ouvertement, ce qui pourrait permettre de répliquer, elle est pratiquée de façon sous-jacente, dans le registre de la communication non verbale : soupirs excédés, haussements d'épaules, regards méprisants, ou bien non-dits, sous-entendus, allusions déstabilisantes ou malveillantes, remarques désobligeantes... On peut ainsi amener progressivement le doute sur les compétences professionnelles d'un salarié, en remettant en question tout ce qu'il dit ou fait.

    Dans la mesure où ces agressions sont indirectes, il est difficile de se défendre. Comment décrire un regard chargé de haine ? Comment rapporter des sous-entendus, des non-dits ? La victime elle-même doute parfois de ses propres perceptions, elle n'est pas sûre de ne pas exagérer son ressenti. On l'amène à douter d'elle-même. Pour peu que ces paroles viennent faire écho à un manque de confiance du salarié, celui-ci perdra toute confiance en lui et renoncera à se défendre."

    (Le harcèlement moral de Marie-France Hirigoyen, p.80-81)

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  •  

    Pas sans leur consentement ou Le coucou

     

     

     

    Il est entré au CDI peu après la sonnerie.

     

    Les cours venaient de laisser place à la pause repas.

     

     

     

    Comme il fermait la porte derrière lui, j'ai tout de suite vu, à ses yeux humides et au tremblement de ses lèvres, qu'il s'était passé quelque chose.

     

    Alors quand il a éclaté en sanglots, ne pouvant réprimer les larmes de son désespoir, j'ai voulu tuer le responsable d'une telle détresse.

     

    Sa souffrance m'a bien sûr aussi renvoyé en miroir les événements qui m'avaient touchée tous ces derniers mois au collège...

     

     

     

    Nous étions collègues depuis bientôt seize ans.

     

    Nous nous connaissions très bien et d'ailleurs notre complicité avait vite poussé les élèves à vouloir nous marier. Ça nous faisait rire et nous laissions dire.

     

    Nous partagions les mêmes valeurs, le même goût pour les activités pédagogiques innovantes, toujours en quête de nouvelles idées à mettre en pratique.

     

     

     

    Il était un modèle pour moi et j'admirais sa façon de gérer sa classe, de motiver les élèves et de leur apprendre à raisonner tout en développant leur curiosité sur le monde dans lequel nous évoluons.

     

    Sa matière, la technologie, n'avait pas l'aura des disciplines « classiques » et il devait encore se battre pour qu'on reconnaisse qu'il était un « vrai » professeur, même auprès de certains collègues qui n'avaient aucune idée de ce à quoi pouvaient ressembler ses cours.

     

     

     

    La nouvelle chef d'établissement ne dérogeait pas à la règle.

     

     

     

    ***

     

     

     

    Quand est-ce que tout a basculé ?

     

     

     

    Je revois une salle des professeurs qui résonne de discussions et de rires, de collègues qui mangent autour de la même table et s'échangent des recettes de cuisine, qui partagent un gâteau pour fêter l'anniversaire d'un des leurs.

     

    J'entends aussi les critiques et les soupirs d'exaspération face aux caprices d'une chef d'établissement aussi peu diplomate que mauvaise communicante, dont l'incompétence le dispute a un désir démesuré de reconnaissance sociale. Le culte de l'apparence, la vitrine de SON établissement qui doit refléter une réalité idyllique qui n'existe que dans ses rêves.

     

    Et puis ELLE est tellement ridicule avec son élocution empruntée et son maintien guindé, ses tics langagiers plus qu'approximatifs que tous reprennent dans son dos pour se moquer...

     

     

     

    Quand est-ce que tout a basculé ?

     

     

     

    Je revois une salle des professeurs dans laquelle quelques collègues commentent les dernières nouvelles de l'administration.

     

    ELLE a encore retenu untel dans son bureau pendant deux heures pour lui raconter sa vie sous prétexte de préparer la réunion du lendemain.

     

    ELLE a encore décidé de faire acheter de nouveaux pots de fleurs alors que la réparation du portail n'a toujours pas été effectuée.

     

    ELLE veut encore envoyer les élèves voir une pièce de théâtre, contre l'avis des professeurs de français, parce que c'est son mari qui est responsable de l'action culturelle de la commune voisine.

     

     

     

    Quand est-ce que tout a basculé ?

     

     

     

    J'entends des collègues murmurer en salle des profs que la secrétaire est à bout et qu'elle ne va plus tenir très longtemps.

     

    Je vois des agents d'entretien faire grève devant l'entrée du collège pour dénoncer une gestion inhumaine et autocratique de leur service.

     

     

     

    Je comprends que ça ne peut plus durer...

     

     

     

     

    ***

     

     

    Des souvenirs viennent me hanter...

     

    comme le reproche de ne pas être partie quand j'en avais encore la possibilité.

     

     

     

    Des souvenirs viennent me hanter...

     

    pour m'accuser d'avoir laissé sombrer des compagnons d'infortune sans réagir.

     

     

     

    Des souvenirs viennent me hanter...

     

    ressassant inlassablement les mêmes interrogations.

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    Pourquoi ne pas m'être indignée quand les secrétaires et les gestionnaires ont succombé les uns après les autres, d'arrêt maladie en dépression, de dépression en mutation voire démission.

     

     

     

    Pourquoi m'être détournée, me disant que ça ne me concernait pas puisque je ne travaillais pas à l'administration ? J'étais protégée de SES maléfices. ELLE mettait rarement les pieds dans ma salle.

     

     

     

    Pourquoi avoir refusé de voir que SA toile se tissait, que les mailles du filet se resserraient et que des collègues de passage, contractuels, plus isolés, plus faibles, étanchaient SA soif de pouvoir, d'emprise sur les êtres à sa portée ?

     

     

     

    Pourquoi avoir pensé que ça ne pouvait pas m'arriver et que je serais assez forte et assez maligne pour ne pas me laisser vampiriser ?

     

     

     

    Pourquoi ne pas avoir tenté de dénoncer cet état de fait de plus en plus envahissant qui projetait sa pourriture sur l'ensemble de notre environnement de travail ?

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    J'entrevois un début de réponse...

     

     

     

    Je savais que je me sentirais très seule si j'entreprenais quoi que ce soit. Je sentais instinctivement que très peu de collègues auraient le courage de soutenir une telle démarche.

     

    « Nous avons tous nos petits soucis, que voulez-vous ». C'est la loi de la jungle...

     

     

     

    Sans doute n'ai-je pas voulu croire, au début, qu'une telle situation puisse complaire au moindre collègue.

     

     

     

    Sans doute étais-je trop naïvement ancrée dans la certitude que le monde enseignant ne peut qu'être vertueux.

     

     

     

    Ne sommes-nous pas les médiateurs des valeurs sacrées de la République auprès des jeunes générations ? Liberté, Égalité, Fraternité devraient résonner au cœur de chaque adulte, le poussant à se dresser contre toute forme d'injustice, de discrimination et de harcèlement...

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    Quand ai-je pris conscience du piège dans lequel je m'étais laissé enliser ?

     

     

     

    Bien sûr, je n'aurais pas dû m'éloigner du troupeau.

     

     

     

    Bien sûr, j'aurais dû faire semblant de ne pas entendre leurs propos médisants.

     

     

     

    Bien sûr, j'aurais pu me régler sur leur niveau d'hypocrisie.

     

     

     

    Mais non. Ça j'en ai toujours été incapable – et ils l'ont toujours su d'ailleurs.

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    Quand j'ai enfin ouvert les yeux et reconnu la solidarité paradoxale de ce groupe d'individualistes aux défenses bien aiguisées, ces adultes aimables et souriants rompus aux codes stratégiques de la société...

     

     

     

    Quand j'ai compris qu'ils n'hésitaient pas à poignarder leur plus amical camarade dans le dos en faisant semblant que c'est de l'humour...

     

     

     

    Quand j'ai enfin entendu que ce qu'ils proféraient fièrement dans la basse-cour était bien loin de refléter leur véritable bassesse...

     

     

     

    J'ai perdu l'espoir.

     

     

     

    J'ai perdu confiance, et dans mon jugement qui m'avait trompée toutes ces années, et dans l'honnêteté de mon prochain.

     

     

     

    J'ai perdu l'envie de faire des efforts pour m'intégrer.

     

     

     

    J'ai perdu le goût de faire plaisir à mon entourage professionnel que j'avais toujours marqué de petites attentions qui me semblaient naturelles.

     

     

     

    J'ai perdu même l'enthousiasme de partager les lectures et les découvertes pédagogiques qui ont fait de moi une documentaliste engagée dans sa profession.

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    A quoi bon quand les collègues que vous croyiez amicaux , les collègues avec lesquels vous aviez l'habitude de construire de belles activités en partenariat, les collègues qui vous faisaient croire qu'ils appréciaient la pertinence de votre travail, vous désignent en riant comme « la pire feignasse privilégiée » de l'établissement ?

     

     

     

    Tout cela parce que mes trente heures de présence hebdomadaire leur semblent plus enviable que leurs dix-huit heures de cours ?

     

     

     

    Tout cela parce que j'avais demandé à assouplir mon emploi du temps afin de satisfaire un maximum de projets pédagogiques ?

     

     

     

    Tout cela parce que peu d'entre eux mettent les pieds dans « mon antre » et la plupart ignorent la teneur exacte de ma fonction aux multiples facettes.

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    Sans mon complice pédagogique qui m'a soutenue sans faillir, sans remettre en question mes choix extrêmes d'isolement que je voyais comme une protection, je ne serais plus là pour témoigner.

     

     

     

    Il a essayé de me faire comprendre que je me faisais du mal inutilement et que les autres avaient déjà oublié ce qui avait pu déclencher une telle réaction de ma part.

     

    Et puis il m'a laissé faire à mon idée, se contentant de m'assurer de son soutien indéfectible – et c'était déjà énorme.

     

     

     

    Quelques mois plus tard, il a choisi de me rejoindre dans cette retraite forcée qui nous marginalisait au sein d'une communauté éducative en laquelle nous n'arrivions plus à croire.

     

     

     

    Comment se joindre à un groupe d'individus qui complotent comme des courtisans à Versailles ?

     

     

     

    Comment s'identifier à des hypocrites dont nous connaissions trop bien les propos officieux tenus en salle des profs et les déclarations officielles diamétralement opposées qu'ils proféraient devant ELLE ?

     

     

     

    Comment se reconnaître dans ces professeurs plus soucieux de leur bien-être que des objectifs pédagogiques de leur supposée mission enseignante ?

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    Nous avons continué à travailler comme nous l'avions toujours fait, au plus près de la réalité de notre public et de l'actualité pédagogique.

     

     

     

    Nous avons choisi de nous adapter à la nouvelle Réforme qui ne bouscule pas vraiment les fondements de nos pratiques, alors que la révolte gronde en salle des profs émanant de collègues qui se sont sentis attaqués dans leur bon droit, refusant de voir que les élèves ont évolué au fil des ans et qu'il faut bien en tenir compte.

     

     

     

    De plus en plus isolés, de plus en plus marginalisés, nous nous réconfortons en évoquant l'appétit des élèves face aux nouvelles actions à mettre en place.

     

     

     

    Mais nager à contre-courant épuise, même si vous savez que le but que vous vous êtes fixé est celui à atteindre.

     

     

     

    Et un jour, un obstacle administratif ou un refus budgétaire de trop vous entraîne au fond et vous commencez à vous noyer...

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    Il est entré au CDI peu après la sonnerie.

     

    Les cours venaient de laisser place à la pause repas.

     

     

     

    Comme il fermait la porte derrière lui, j'ai tout de suite vu, à ses yeux humides et au tremblement de ses lèvres, qu'il s'était passé quelque chose.

     

    Alors quand il a éclaté en sanglots, ne pouvant réprimer les larmes de son désespoir, j'ai décidé de faire reconnaître notre souffrance qui n'a que trop duré.

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    Qu'est-ce qui a permis qu'une seule personne – serait-ELLE chef d'établissement – puisse détruire en toute impunité autant de vies ?

     

     

     

    Qu'est-ce qui a facilité les manœuvres de cette personne dans sa volonté de tout maîtriser et tout gouverner à son idée, dût-ELLE employer la force et tout écraser sur son passage ?

     

     

     

    Qu'est-ce qui a favorisé le développement d'une atmosphère si malsaine que tout nouvel arrivant en flaire la malédiction à la première visite ? Une atmosphère si malsaine que chacun se méfie de son voisin et cherche à placer ses pions de façon à bénéficier de plus d'avantages que lui...

     

     

     

    Quand les gens sont tellement imbus de leur petite vie et uniquement soucieux de préserver leur confort et leurs privilèges, ils tapissent un nid bien douillet pour le coucou qui va y établir ses quartiers. Il va pouvoir se repaître de leurs énergies vitales, exacerbant l'ombre du moindre conflit potentiel, susceptible de lui dégager de l'espace.

     

    Les victimes du harcèlement sont les oisillons qui n'ont jamais appris à sa battre pour garder la place qui est la leur.

     

     

     

     

     

    ***

     

     

     

     

     

    Le harcèlement n'existe que parce que nous le voulons bien.

     

     

     

    Le harcèlement ne peut se développer que si le milieu où il s'exerce y est favorable.

     

     

     

    Le harceleur ne peut agir qu'avec le consentement d'un environnement aussi malsain que lui.

     

    le 3 octobre 2016

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  • "- Croyez-vous qu’on est victime de quelque chose comme ça parce qu’on est faible, parce qu’on le veut bien, parce que, même si cela parait incompréhensible, on l’a choisi ? Croyez-vous que certaines personnes, sans le savoir, se désignent elles-mêmes comme des cibles ?
    (…)
    - Je ne crois pas, non. Je crois que c’est votre capacité à résister qui vous désigne comme cible."

     

    Les heures souterraines


    "Elle n'en parle pas. Même à ses amis.
    Au début, elle a essayé de décrire les regards, les retards, les prétextes. Elle a essayé de raconter les non-dits, les soupçons, les insinuations. Les stratégies d'évitement. Cette accumulation de petites vexations, d'humiliations souterraines, de faits minuscules. Elle a essayé de raconter l'engrenage, comment cela était arrivé. A chaque fois, l'anecdote lui a semblé ridicule, dérisoire. A chaque fois, elle s'est interrompue."


    "Elle a cru qu'elle pouvait résister.
    Elle a cru qu'elle pouvait faire face.
    Elle s'est habituée, peu à peu, sans s'en rendre compte. Elle a fini par oublier la situation antérieure, et le contenu même de son poste, elle a fini par oublier qu'elle travaillait dix heures par jour sans lever la tête.
    Elle ne savait pas que les choses pouvaient basculer ainsi, sans retour possible.
    Elle ne savait pas qu'une entreprise pouvait tolérer une telle violence, aussi silencieuse soit-elle. Admettre en son sein cette tumeur exponentielle. Sans réagir, sans tenter d'y remédier. [...]

    Mais quand elle y réfléchit, le soir, allongée dans son lit ou plongée dans l'eau bouillante d'un bain, elle sait très bien pourquoi elle se tait.
    Elle se tait parce qu'elle a honte."

     

    "Elle ne savait pas que les choses pouvaient basculer ainsi, sans retour possible.
    Elle ne savait pas qu'une entreprise pouvait tolérer une telle violence, aussi insidieuse soit-elle. Admettre dans son sein cette tumeur exponentielle. Sans réagir, sans tenter d'y remédier"

     

    (Les heures souterraines de Delphine de Vigan)

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  • Le harcèlement scolaire tue

    "Ce n'est pas à l'élève de briser la loi du silence, tu le sais, toi, Marion. C'est à l'adulte d'intervenir et de clamer :

    "C'est interdit ! Tolérance zéro !"

    L'hypocrisie mine ces invitations maladroites à la prise de conscience collective. Ton père et moi, nous avons brisé la loi du silence."

    (Marion 13 ans pour toujours de Nora Fraisse, p.157)

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    Ceux des baraquements

     

    "On ne demande pas à naître. Par la vie nous sommes tous égaux mais nous avons tous des parcours différents.
    Quand on naît dans la misère, on grandit dans un milieu que l'on n'a pas voulu mais que la société a donné à nos parents. On grandit avec tout ce qui nous entoure, un logement insalubre, le froid, la faim, l'alcool, et surtout le regard des autres, par le rejet qu'il nous montre.
    Alors, je voudrais remonter le temps et faire partager ma propre expérience, ouvrir mon cœur à ceux qui ne l'ont pas vécue, non pas par haine ou mépris mais pour qu'ils aient aujourd'hui un autre regard sur celui ou celle qui vit dans la misère. Cette misère on ne l'a pas voulue, on nous l'a donnée, comme une potion, et bien souvent, on n'arrive pas à trouver l'antidote, ou on ne veut pas vous le donner, ou alors, il est des fois trop tard."


    (Ceux des baraquements de Marcel Le Hir, p.9-10)

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