• « Depuis le jour où je l'avais rencontrée, j'avais été apparemment l'esclave de Tulipe.

     

    L'esclave de Tulipe

     

    Tout ce que j'avais dit, tout ce que j'avais fait, je l'avais dit et fait en pensant à elle. Comme on ramène inlassablement sa langue sur une dent qui bouge, toutes mes pensées me ramenaient toujours à elle. Je ne communiquait pratiquement plus avec mes parents. Je m'étais complètement détachée de Julius. Je n'avais pas d'amis.

    Pendant tout ce temps, je n'avais été disponible que pour Tulipe. » (p.135)

     

    (Mon amitié avec Tulipe d'Anne FINE)

     

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  • « Esteban était malheureux dans sa classe de CP. A cause de Tom Lavadan.

     

    - Il veut toujours jouer avec moi, mais après, il me tape.

     

    Mal au ventre au moment de partir à l'école

     

     

    En discutant avec son frère, Charlie avait fini par conclure qu'il était victime d'une sorte de harcèlement. Tom exigeait qu'Esteban reste avec lui en classe, à la récré, à la cantine, et tout le monde les croyait copains. Mais Tom était imprévisible. Tantôt il s'amusait à soulever Esteban de terre pour lui montrer qu'il était fort, tantôt il le poussait dans le dos ou le cognait contre un mur. Esteban, tétanisé, vivait dans l'attente de ce qui allait lui arriver. Il avait mal au ventre chaque matin au moment de partir à l'école. » (p.10)

     

     

     

    (Papa et maman sont dans un bateau de Marie-Aude Murail)

     

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  •  

    « Tu fais semblant de ne rien voir ?

     

     

    Tu sais, il n'y a rien de plus lâche. Fermer les yeux alors que tu es au courant c'est comme si tu le persécutais avec tous les autres. » (p.82-83)

     

     

     

    (Une sacrée Mamie T.5 de Yoshichi SHIMADA et Saburo ISHIKAWA)

     

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    "Tout ce qu'on nous dit sur l'éthique de la profession, que ce soit pendant nos études ou dans les déclarations officielles, c'est du vent. Sauf votre respect, ce n'est pas parce qu'on a des diplômes qu'on est intègre.

    L'éthique de la profession

     

    (...) Parfois je me dis que ça doit être reposant de dire la vérité, de ne plus mentir. C'est tellement fatigant de mentir, de faire attention à ne pas se trahir, de fabriquer des mirages, de maquiller la vérité... Mais c'est ça ou tourner le dos aux années de compromissions et de traficotages que je viens de vivre."

     

    (Camisoles de Martin Winckler p.24)

     

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  •  

    « J'explique : Pacifia est une petite ville abrutie avec un seul vrai lycée, où tout le monde connaît les histoires de tout le monde et où les rumeurs ne s'arrêtent jamais à moins qu'un autre ado soit assez taré pour faire un truc qui fera une meilleure histoire à colporter. Mais mon histoire à moi avait l'honneur de tenir la vedette depuis plus de deux ans. Il faut dire qu'un mec de terminale surpris le pantalon baissé sur une fille de quatrième, par le père de la fille (…) était assez difficile à concurrencer. L'histoire s'était répandue dans les couloirs, les vestiaires, les fêtes et le fond des salles de classe dès que Tommy avait débarqué au lycée le lendemain matin. Sur le coup, il s'était empressé de fournir tous les détails à ses copains, même s'il savait que mon frère Darren lui mettrait une raclée. (Ce qui fut le cas.) Le temps que j'intègre Terra Nova pour ma troisième, le lycée entier pensait avoir appris tout ce qu'il y avait à savoir sur Deanna Lambert. Chaque fois que quelqu'un voyait ma tête, je savais à quoi il pensait. Je le savais parce que, chaque fois que je me regardais dans la glace, j'y pensais moi aussi. » (p.15-16)

     

     

     

    « Plus tard, quand il eut raconté à tout le monde que mon père nous avait découverts, Tommy ne me parut plus aussi sympa ni solide ni nonchalant, il n'avait plus l'air que d'un paumé dégoûtant et je compris pourquoi il n'intéressait pas les filles du lycée. Même Melony, dont le porte-clés proclamait « Vierge à 99% » me laissa tomber quand ça se sut. Il me fallut un moment pour comprendre pourquoi Melony se préoccupait de réputation, jusqu'à ce que j'entende l'histoire que Tommy avait racontée à tout le monde. Il en avait fait une blague. Il m'avait transformée, moi, en blague. » (p.112)

     

     

    Les rumeurs ne s'arrêtent jamais

     

     

    « C'est à la fois triste et drôle à quel point les souvenirs de deux personnes à propos de la même chose peuvent être différents. C'était ça le problème en fait, que cette chose se soit produite entre nous, et que pour Tommy ce soit une chose et pour moi une autre, et une fois que mon père s'en est mêlé c'était devenu encore autre chose. Trois personnes sur les lieux du crime, chacune avec une histoire différente. Ajoutez à cela l'ensemble des jurés, à savoir le lycée Terra Nova, et qui sut jamais ce qu'il s'était réellement passé? » (p.144)

     

     

     

    « Jason s'assit à côté de moi.

     

    - C'est des sales cons, dit-il. Oublie-les.

     

    - Il m'a empoignée. Je ne suis pas un bien public.

     

    - Des sales cons, je te dis.

     

    Je n'arrivais pas à croire que je pleurais encore. (...)

     

    La main de Bruce entre mes jambes, sous les yeux d'un tas d'inconnus, et pire, devant Jason – ça proclamait publiquement : Deanna Lambert, tu n'es qu'un cul de pétasse. Mes larmes coulèrent de plus belle.

     

    (...)

     

    - Tu n'es pas ce que dit Tommy. Ni ce que disent Bruce et Tucker. Ni ce que dis ton père. » (p.160-161)

     

     

     

    (Une fille comme ça de Sara Zarr)

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    « Chemin faisant, j'aperçus un groupe d'une dizaine de garçons qui en cernaient un autre, plus petit, qu'ils brimaient. Je n'en connaissais aucun.

    - Tiens, petit lâche, prends ça ! Dit le plus grand en lui donnant quelques coups de pieds. Ça t'apprendra à te sauver.

    - Bien sûr, on voulait te causer gentiment un peu, voilà tout, enchaînait un autre.

     

    Tous éclatèrent de rire.

    Témoin de harcèlement

     

    J'étais outré, mais trop petit pour intervenir. Je sentais bien que la haine débordait de ces garçons, qu'ils cherchaient à l'écouler, et qu'ils n'auraient pas demandé mieux si une intervention de ma part leur avait permis de s'acharner sur moi. 

    - Mais qu'est-ce qu'il a fait ? Demandai-je.

    - Il a une sale gueule, ça ne suffit pas, non ? » (p.53-54)

     

     

     

    (La cicatrice de Bruce Lowery)

     

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    « Et Le Vigan lui a lancé un coup de pied dans les côtes.

     

    C'était la première fois que j'étais confrontée à la violence physique. je devais en voir beaucoup dans les années qui allaient venir, mais cette scène est restée pour moi la plus choquante.

    Contraste malsain

     

    Pas seulement parce qu'elle était la première du genre ou parce que c'était ma mère qui en était victime, non, mais parce qu'elle mettait en scène des gens bien habillés, bien éduqués, au milieu de meubles anciens et d'élégants bibelots. Et ce contraste avait quelque chose d'incroyablement brutal et de profondément malsain. » (p.105)

     

     

     

    (Macha ou l'évasion de Jérôme Leroy)

     

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    « - Vous parlez de « flaming », depuis tout à l'heure... c'est quoi au juste ?

     

    - En gros, c'est un lynchage en ligne !

     

    - ça commence par une provocation postée sur internet suivie d'une avalanche incontrôlable de critiques !

     

    - Pour faire simple, quelqu'un fait une remarque déplacée sur Twitter ou sur un blog. On découvre où il habite grâce à sa page perso ou professionnelle. Une fois son adresse dévoilée, certains prennent des photos de sa maison ou de son appartement et les diffusent en ligne. La boîte où il travaille est harcelée de coups de fil, voire même boycottée. C'est devenu la procédure habituelle ! » (p.43-44)

     

    Flaming = lynchage en ligne

     

    « Ce que je hais le plus au monde, ce sont ces choses qui tentent de vous arracher cette dignité !

     

    Elles se trouvent dans chaque recoin de notre société. Ça peut être le regard des gens dans la rue, dans les conversations entendues dans les couloirs de votre entreprise, dans les retenues dont vous ne savez pas trop à quoi elles correspondent, sur votre bulletin de paie, dans l'attitude des policiers qui vous prennent de haut lors d'un contrôle... » (p.120)

     

     

     

    (Prophecy 01 de Tetsuya Tsutsui)

     

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    « En dépit des prévisions rassurantes de mes parents, les élèves ne changèrent pas d'attitude à mon égard. Ils me montraient toujours une figure plus ou moins maussade. Les démonstrations d'hostilité étaient rarement flagrantes, les attaques rarement directes. Mais il persistait chez eux je ne sais quel refus obstiné de m'admettre. Les allusions à ma lèvre, à ma maigreur, étaient très fréquentes. » (p.25)

     

     

    Hostilité compacte

     

     

    « Chose curieuse, cet unanime accord contre nous autres, les exclus, consolidait « leur » unité, « leur » coopération. Se chamaillaient-ils entre eux ? Il suffisait que leur regard tombât sur l'un de nous et immédiatement ils étaient réconciliés. Aucun sujet de discorde ne tenait devant l'hostilité compacte qui cimentait leurs alliances. Nous servions de prétexte à tout dégorgement de haine, de cible à tout excès de méchanceté. » (p.28-29)

     

     

     

    « Tous les jours, même aux instants où je n'étais pas leur cible, je gardais l'impression physique de cette hostilité oppressante, irrespirable, comme dans une cage. » (p.118)

     

     

     

    (La cicatrice de Bruce Lowery)

     

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    « Au foyer il fallait manger de tout et ne pas vomir sinon on nous faisait remanger ce que nous venions de rendre. Quand on allait aux toilettes pendant les heures de repas il ne fallait pas tirer la chasse d'eau pour que les surveillantes voient si on n'avait pas craché ce que l'on n'aimait pas.

     

    Si on faisait pipi au lit on ne nous changeait pas les draps. Si on salissait une culotte on devait faire le tour de tous les dortoirs avec la culotte sur la tête. » (p.13)

      

    Maltraitance au foyer

     

    « L'éducatrice et l'éducateur du foyer nous appelaient par un numéro. Moi mon numéro c'était 624.

     

    La directrice n'acceptait pas les remarques. Pour elle les enfants n'avaient pas le droit à la parole. Elle disait que de toute façon elle avait tous les droits sur nous. En écrivant page après page je pense à tous les enfants qui étaient avec moi, qui liront peut-être plus tard ce qu'était la vie au foyer et le courage qu'il a fallu pour nous en sortir. » (p.18)

     

     

     

    (La petite fille numéro 624 de Colette Ter et Didier Williame)

     

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