• Les victimes du harcèlement scolaire

    extrait du Monde des Ados n°351 du 4 novembre 2015

    Les cibles du harcèlement scolaire

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • "CINGLER : Frapper fort avec un objet mince et flexible.

     

    Cinglée

     

    Obéir est la seule façon de complaire aux grands. mais parfois, à force d'essayer de ne pas parler à table, de ne pas parler en général si c'est pour dire des bêtises - mais comment savoir à l'avance si on va dire une bêtise ? - Donc ne pas parler du tout.
    A force de ne pas toucher (...). Pas toucher ! Pas toucher ! On regarde avec les yeux, pas avec les mains !
    A force de ne pas courir dans la maison, ni dans la rue, de ne pas sauter partout, de ne pas mettre ses doigts dans sa bouche, de ne pas chantonner tout bas (...) de ne pas dire NON, de ne pas dire JE VEUX, de ne pas, de ne pas, de ne pas, la fureur lui vient. Elle se met à hurler, à pleurer en se jetant par terre.
    (...)
    Elle se recroqueville sur son ventre et halète et hurle pour pousser hors d'elle quelque chose d'énorme, mais quoi ? Alors la mère arrive avec un torchon passé sous l'eau froide et l'en cingle jusqu'à ce qu'elle se taise. La petite fille est cinglée. tais-toi parce que tu es cinglée ! Tais-toi ou tu seras cinglée ! Plus tard le torchon ne sera plus nécessaire pour la faire taire, elle apprendra à se cingler elle-même, sans faire de bruit." (p.47-48)

    (La petite cinglée de Janine Teisson)

     

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire

  • "Je hais ma mère et elle me hait depuis toujours. Mon père vient de mourir dans un accident de voiture. Je n'ai pas d'amis à part quelques relations de gamers. Je pense que je vais me tuer. Ce sera plus facile." (p.69)

    "Depuis la mort de son père, blesser les autres était à peu près la seule sensation vivante qu'il ressentait. Pas tout à fait du plaisir, mais quelque chose en lui qui se remettait à vibrer dans ces moments-là." (p. 71)

    "Elle savait élever la voix. Elle savait trancher, ordonner, orienter. Il y avait quelques jours, quelques mois, ces nouvelles capacités l’auraient sans doute rassuré. Il se serait attaché à cette maman libérée de ses fantômes et enfin sortie d’un coma de quinze ans. Mais les contes de fées n’existaient pas et la Belle au bois dormant qui s’éveillait dans son monde en lambeaux lui donner envie de la tuer. De l’éliminer. Ca bouillonnait en lui, il avait peur. Peur de cet amour qu’elle lui exhibait sous le nez et qu’il ne pouvait pas supporter parce que cet amour aurait pu lui donner envie de vivre et d’espérer, de s’attacher et peut-être d’oublier le visage de son père."

    "Il eut envie de la gifler. Et à la colère succéda la honte. Quel genre de mec frappe sa mère ? Oui, mais tout le monde n'a pas une mère comme la mienne. Un cercle vicieux. Une mauvaise relation mère-fils. Un lien malsain. Il aurait voulu que tout soit différent."

    "Il avait vu la jalousie, la possession et son égoïsme. Elle ne voulait pas qu'il soit heureux, qu'il ait des copains, des amours, des éclats de rire. Florence avait raison, la seule chose qu'elle souhaitait était de le garder pour elle. L'étouffer dans ses bras. Il avait quinze ans et elle l'aimait comme un nourrisson dans une relation fusionnelle, loin des autres et du reste du monde.
    Il fallait qu'il se libère." (p.191)

     

     

    "Les gosses n'étaient pas toujours en sécurité dans leur maison, car c'était là que pour certains leur vie se faisait bousiller à jamais. Une violence sans témoins, bien calfeutrée derrière les doubles rideaux." (p.223)

    "La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême."

    "Il s'en était tenu à un fil. A une main levée dans cette nuit d'hiver. Au courage d'un garçon qui avait refusé le carnage au péril de sa propre vie. Ce résistant s'appelait Henry-Pierre d'Archambaud. Un premier de la classe à la santé fragile. Un être transparent dont tout le monde s'était toujours moqué. Un figurant des matins lycéens qui, en une fraction de seconde, s'était métamorphosé en premier rôle.
    - Je ne suis pas un héros, Ed, juste un ami."

     

    (Un hiver en enfer de Jo Witek)

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • "La plupart du temps, ce qu'on appelle la violence au collège est le fait d'incivilités ou d'agissements malveillants envers des élèves en situation de faiblesse lesquels deviennent l'objet de brimades, d'insultes, de moqueries, de bousculades, d'humiliations... En effet, le harceleur ou la harceleuse s'en prend rarement à plus fort que lui et, quoi qu'il ou elle en pense, il n'y a rien de bien glorieux dans de tels agissements..." (p.80)

    La médiation

    "Comment ça, dans quel camp ? Qui parle de camp, ici ? C'est la guerre ou quoi ? Tu veux savoir dans quel camp je suis, celui de Mylène la victime, ou le tien ? Je suis dans celui de la justice, ma belle !"

     

    "Chez nous, on a instauré un système de médiation et ça marche plutôt bien. Le but est d'y améliorer l'ambiance en incitant les élèves à régler par eux-mêmes les différents conflits qui peuvent surgir au quotidien."

     

    "La médiation vise à remplacer la violence par des mots. Autrement dit, avant de taper, on cause !"

     

    "les conflits seront réglés entre les élèves. Aucun adulte n'interviendra et les médiateurs seront tenus de garder secret tout ce qui sera dit ou fait dans le cadre de leur médiation. C'est seulement en cas de conflit grave qu'il faudra en référer à un adulte."

     

    (M comme... de Yaël Hassan)

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Ce qui galope

    "Enoncer un avis trop personnel sur un sujet pareil, ça serait prendre le risque de se choper une honte absolue - et un commentaire bien senti, dans l'heure, sur Facebook. Ce qui galope le plus vite dans ce bahut, ce ne sont pas meilleurs sprinteurs des cours de gym mais les rumeurs, les réputations et les caricatures assassines qui vont avec." (p.22)

     

    (La fille quelques heures avant l'impact d'Hubert Ben Kemoun)

     

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • "Pendant toute ma scolarité, si j'avais dû attendre d'être choisie pour faire partie d'une équipe, j'aurais attendu sur la touche comme les autres laissées-pour-compte. Les grosses, les bigleuses, les filles mal "coordonnées", les asthmatiques qui soufflaient comme des locomotives dès qu'elles couraient plus de quelques mètres." (p.18)

     

    "Matt Donaghy n'avait pas été arrêté par la police de Rocky River.
    Matt Donaghy n'avait pas été menotté, conduit de force par la porte de derrière du lycée jusqu'à un véhicule de police, et emmené au commissariat pour y être inculpé d'un crime.
    Personne n'avait été témoin d'une telle scène. Mais on en parlerait comme si elle avait eu lieu. Elle serait racontée, partagée, discutée comme un film qui n'avait pas été vu par tout le monde, mais que quelques-uns avaient vu, ou prétendaient avoir vu, et elles serait commentée avec tant de délectation, d'appréhension et d'enthousiasme que, très vite, il semblerait que quasiment tout le lycée de Rocky River y avait assisté, et avait son opinion sur le sujet." (p.46)

     

    Les conséquences d'une rumeur

    "- Je me ferais du souci, monsieur, si j'étais à votre place. On pourrait vous accuser d'avoir exclu Matt Donaghy sans raison valable, et de l'avoir diffamé.
    Le visage terreux de Parrish s'assombrit encore un peu plus.
    - Personne n'a diffamé ce garçon. Son nom n'a pas été divulgué. Nous avons été très prudents.
    - Mais tout le monde est au courant, monsieur. C'est un secret de polichinelle." (p.96)

     

    "Merci, Ursula. Je... ça me touche beaucoup. Tu es la seule personne qui m'ait appelé, Ursula, ajouta-t-il sur une impulsion. Je suis un paria, on dirait... c'est bien le mot ? Un genre de lépreux. Un pestiféré." (p.90)
    "Matt envoya un e-mail à M.Weinberg :

    Lundi/Quarantaine/Isolement cellulaire

    Monsieur Weinberg,
    Je suis une sorte de lépreux, on dirait ? Personne ne peut "communiquer" avec moi ? Parce qu'on penserait que c'est une "conspiration" ?
    QUE DISENT LES GENS ?

    Matt "Terroriste" Donaghy" (p.107)

     

    "Quand il avait ouvert son casier dans le couloir bruyant des premières, il avait regardé autour de lui avec un sourire timide, et attendu qu'on s'aperçoive de sa présence ... Skeet, Neal, Carl, Russ et d'autres s'étaient montrés amicaux, d'accord. En apparence. Les élèves qui avaient les casiers voisins du sien, et qui étaient assis à côté de lui en classe. Mais ils étaient gênés. Ils ne savaient pas quoi dire. Russ, qui n'était jamais à court de mots, bégayait : "C'était vraiment bizarre, hein ? ... Ca a dû te faire ... bizarre." Même Mr Weinberg [le professeur d'anglais], dissimulant son embarras sous des plaisanteries, avait changé. Et quand Matt avait fini par rencontrer Stacey [sa petite amie], après les cours, elle courait à la répétition de la chorale et lui avait dit, le visage empourpré. "Oh ! Matt ! Je t'appellerai ... bientôt !"

    Elle n'avait jamais appelé, bien entendu.

    On aurait dit que Matt avait sur le corps une plaie invisible pour lui, mais visible pour les autres, horrible, à vif. Quand ils le regardaient, ils ne voyaient plus qu'elle. Ils ne voyaient plus Matt Donaghy." (p.131)

     

    "Ursula Riggs est cool parce que : 1) Tu te fiches pas mal d'eux. Leurs yeux menteurs et leurs masques souriants. 2) Tu es toi. Tout le monde respecte ça." (p.139)

     

    "Je voulais te dire aussi, je déjeune presque toujours tout seul, maintenant. la table des laissés-pour-compte" à côté des poubelles. C'est plus facile comme ça." (p.204)

     

    "J'entends souvent mes parents parler de moi. Comme si j'étais devenu une maladie qu'ils avaient attrapée, dans le genre lèpre." (p.209)

     

    "Parce que ce qu'on m'a fait n'était pas un "crime". Cela ne peut être jugé que par un tribunal civil. Là, on peut exiger de l'argent pour avoir été traité comme de la merde.
    On continue peut-être à se sentir comme de la merde. Mais on a droit à un "dédommagement". (p.210)

     

    "Ursula l'encourageait à retourner au club théâtre et à écrire une nouvelle pièce, une comédie "sur la façon dont les marginaux se débrouillent. Une fois qu'ils ont décidé que, bon,  ils ne sont pas comme les autres, et après ?" (p.260)


    (Nulle et Grande Gueule de Joyce Carol Oates)

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • "Messages discrets, graffitis gravés sur les tables, petits cœurs, injures taguées dans les toilettes des filles, mots d'amour glissés dans un cahier."

     

    "Je suis retournée à ma place sans regarder personne.
    Je ne sais pas comment j'ai réussi à tenir sans m'effondrer.
    Cela ne faisait que commencer."

     

    Mots rumeurs, mots cutter

    "Je ne pouvais pas leur dire...Les mots restaient coincés dans ma gorge. Une grosse boule de honte et de douleur qui me coupait le souffle, m'empêchait de parler."

     

    "J'ai essayé de m'effacer, de disparaître. Mais ils parvenaient toujours à me trouver."

     

    (Mots rumeurs, mots cutter de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini)

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • Un élève de trop

    "Pourquoi m'avez-vous détesté dès le premier jour ?

    Pourquoi l'avez-vous poursuivi dans la rue ?

    Pourquoi vous êtes-vous moqués de moi quand je vous tendais les bras ?

    Pourquoi avez-vous craché sur moi ?

    Tiré sur mes habits ?

    Refusé d'être mes amis ?

    Pourquoi ?

    (...)

    Lundi, vous m'avez toisé.

    Mardi, ma chaise avez renversé.

    Mercredi, crétin m'avez appelé.

    Jeudi, mon cartable avez caché.

    Vendredi, mes cheveux avez tiré.

    Samedi, un défi m'avez lancé.

    Dimanche, je vous ai quittés."

     

    (Un élève de trop de Julia Jarman, page 207-208)

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire
  • "Le hasard de la vie fait que nos enfants croisent parfois sur leur chemin des personnes qui vont être la cause de leur métamorphose intérieure. Ils ne seront plus ce qu'ils devaient être, et seront porteurs à vie de cicatrices invisibles laissées par ces gens-là.

    La vie peut parfois être un enfer.

     

    L'enfer au collège

     

    A tous ceux qui ont vu, qui ont feint de ne pas voir, de ne pas entendre... A tous ceux qui ont fait de cette histoire une histoire banale..."

     

    (Le témoignage de Mme Jacqueline Plan in L'enfer au collège, page 79)

    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    votre commentaire