Ressources en images documentaires encyclopédiques et dénonciation du harcèlement notamment à l'école
« Lurçat méprisait les gendarmes, jugés a priori incapables de diriger une enquête criminelle, il méprisait Sponge et toutes les petites villes jugées comme des trous infects peu propres à servir sa carrière, et pour faire bon poids, il méprisait aussi les femmes qui occupaient, selon ses propres termes, des postes "d'homme".
Lili, femme gendarme dirigeant la brigade d'un "trou infect", cumulait donc les handicaps, mais elle n'avait pas l'intention de supporter la morgue de Jean-Baptiste Lurçat. » (p.38)
« Toute la ville, autrefois, la considérait avec mépris et méprisait davantage encore ses parents qui habitaient une caravane, aux abords de Sponge.
Les Roumains. Les fainéants. Les voleurs. Les mendiants professionnels. Les exploiteurs d’enfants. Ni les mots, ni les expressions ne manquaient pour accabler la famille Falcaru, un couple et six enfants.
Monica songeait souvent à ce passé si proche. Après tout, elle n’avait que vingt-six ans et ils étaient arrivés à Sponge après avoir erré dans une bonne partie de l’Europe, quand elle avait dix ans.
(…)
Monica, malgré son désir de fuir les souvenirs, remâcha encore le passé. Elle avait mendié et volé, pour vivre ou plutôt survivre et aider ses cinq frères et sœurs à survivre.
Ses parents se contentaient de boire et de dormir. Personne n’acceptait de les employer.
- Roumains ? Ah, non, désolé, la place est prise.
- Votre adresse ? Une caravane ? C’est amusant, ça… Désolé, non…
Ils ne rencontraient que des gens désolés de ne pouvoir employer madame et monsieur Falcaru, que personne d’ailleurs n’appelait madame et monsieur, mais les gitans, les tsiganes, les étrangers, les romanos, les marginaux, ou alors eux, là-bas, dans leur caravane, vous voyez qui je veux dire ? » (p.80-81)
(Echec et rap de Jean-Paul NOZIERE)