• Fille manquée

    "Quand mon frère câline une poupée en lui chantant "Une chanson douce que me chantait ma maman", on dirait que ça les rend tristes : mon frère fronce les sourcils et ma mère regarde ailleurs, d'un air très embarrassé, comme si mon frangin avait dit des gros mots en public (les gros mots en public, ça embarrasse beaucoup ma mère)." (p.11)

     

    "- Pourquoi t'aime les poupées, Colas ? Je comprends pas.
    - J'ai le droit d'aimer ce que je veux ! Je suis pas obligé d'être comme toi. Toi t'aimes pas les poupées, moi je les aime bien, c'est tout.
    ça m'impressionne qu'il me réponde de cette façon-là, sûr de lui. Pour un peu je lui dirais bravo. En plus, il a raison : moi aussi je déteste qu'on m'oblige à aimer quelque chose..." (p.13-14)

     

    "ça m'énerve encore plus quand on me traite de garçon manqué, sous prétexte que je n'aime pas les "jouets de filles"." (p.16)

     

    "Je suis pas un garçon manqué, je suis une fille réussie.
    Quand mon frère joue avec mes jouets de fille, ça embête mes parents, ils ont l'air inquiet, mais on te traite pas de fille manquée, ça m'énerve !" (p.18)

     

    "ça veut dire quoi, être une fille" ? ça veut dire aimer la couture ? aimer la cuisine ? ça m'énerve !
    (...)
    - Tu préférerais être un garçon ?
    - Non !
    J'en ai marre de ces discussions, ils comprennent rien à rien. Je veux être Ludi, c'est tout." (p.23)

     

    Fille manquée

     

    "Quand je suis rentrée, Colas repassait les robes de mes poupées avec beaucoup d'application, et j'ai été à deux doigts de le trouver "trop mignon", comme dit ma mère. Je n'ai pas fait de bruit et j'ai entendu mes parents chuchoter à son sujet.
    - ça m'inquiète qu'il soit aussi efféminé, disait mon père. ça peut lui poser des problèmes plus tard...
    - Mais non ! disait ma mère, pas forcément ! C'est un garçon très sensible, c'est tout, et ça lui sera très utile dans le vie. Ce sera un super mari et un super papa : ce sera formidable pour sa femme, il l'aidera pour toutes les choses de la maison et il adorera s'occuper des ses enfants." (p.25)

     

    "Je me demandais des fois quel genre de bonhomme il serait quand il serait grand, et j'avais hâte de connaître ce bonhomme-là.
    C'était comme si mon droit au camion lui donnait droit aux poupées ; j'étais contente pour lui : si on doit cacher ce qu'on aime faire, à quoi ça sert la vie ? C'était comme si mes parents avaient pris une grande décision : laisser les enfants aimer ce qu'ils aiment. Mais j'ai vite vu que ce n'était pas facile pour eux..." (p.29)
     

    (J'aime pas les bébés d'Isabelle Minière)

    « Plantes sauvagesDiamant »
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