•  

    « Grâce à la magie maléfique d'internet, et quasiment du jour au lendemain, je suis devenu un support de conversation pour un petit groupe de personnes que je ne connaissais pas, un gars sur qui avoir une opinion, un objet de détestation ou de délectation, bref un type à juger. » (p.18)

     

     

     

    « T'es obligé de composer quand t'es à plusieurs, à réagir d'une façon qui n'est pas la tienne. Comme si t'étais sur une scène de théâtre à présenter la meilleure version de toi-même - pas nécessairement la meilleure d'ailleurs, mais celle qui correspond le plus précisément à ce que les autres réclament de toi, celle grâce à laquelle tu évolueras parmi tes condisciples sans déclencher de vagues.

     

    Au collège, la platitude est la règle de survie numéro un. Éviter de se faire remarquer permet d’être peinard. Coller à la conformité ambiante est un code à suivre pour une scolarité sans accrocs.

     

    Nous, on a décidé d’assumer le plaisir de notre compagnie respective en refusant de se joindre à la masse. Aucun courage derrière cet acte de rébellion irresponsable, plutôt la fainéantise d’avoir à feindre d’être quelqu’un que nous n’étions pas. Sauf que ça dérange quand tu t’exclus de toi-même du groupe, quand tu vis ta vie sans avoir besoin du regard de tes camarades. A croire que la liberté de choix des uns éclaire la lâcheté ordinaire des autres. » (p.24-25)

     

     

     

    (Trouver les mots de Gilles ABIER)

     

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  •  

    Comment je m'appelle

     

     

     

    « "Si vous le savez comment je m'appelle

     

    Vous me le direz, vous me le direz

     

    Si vous le savez comment je m'appelle

     

    Vous me le direz, je l'ai z'oublié

     

    Vous me le direz, je l'ai z'oublié

     

    Quand j'étais petite et que j'étais belle

     

    On m'enrubannait de ces noms jolis

     

    On m'appelait fleur sucre ou bien dentelle

     

    J'étais le soleil et j'étais la pluie

     

    Quand je fus plus grande hélas à l'école

     

    J'étais la couleur de mon tablier

     

    On m'appelait garce on m'appelait folle

     

    J'étais quelques notes dans un cahier

     

    Si vous le savez...

    Comment je m'appelle

     

    Quand j'ai pris quinze ans que s'ouvrit le monde

     

    Je crus qu'on allait enfin me nommer

     

    Mais j'étais la moche et j'étais la ronde

     

    J'étais la pleurniche et la mal lunée

     

    Quand alors j'aimai quand je fus sourire

     

    Quand je fus envol quand je fus lilas

     

    J'appris que j'étais ventre même pire

     

    Que j'étais personne que j'étais pas

     

    Si vous le savez...

     

    Quand je fus berceau et puis biberonne

     

    J'oubliais tout ça quand je fus rosier

     

    Puis me réveillais un matin torchonne

     

    J'étais marmitasse et pierre d'évier

     

    J'étais ravaudière et j'étais routine

     

    On m'appelait soupe on m'appelait pas

     

    J'étais paillasson carreau de cuisine

     

    Et j'étais l'entrave à mes propres pas

     

    Si vous le savez...

     

    Puis un jour un jour du fond ma tombe

     

    J'entendis des voix qui se rappelaient

     

    Plaisirs et douleurs souvenirs en trombe

     

    Et j'étais vivante et on m'appelait

     

    Peu importe alors l'état de la cage

     

    Le temps qu'il faudra pour s'en évader

     

    Je saurai quoi mettre en haut dans la marge

     

    Pour recommencer mon nouveau cahier

     

    Je sais maintenant comment je m'appelle

     

    Je vous le dirai je vous le dirai

     

    Je sais maintenant comment je m'appelle

     

    Et c'est pas demain que je l'oublierai

     

    Et c'est pas demain que je l'oublierai"

     

     

     

    Anne SYLVESTRE – J'ai de bonnes nouvelles (1977)

     

     

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  •  

    « - Eh, m'sieur, c'est des trucs de gonzesses ! On met pas ça, nous.

     

    - Nous, c'est qui ? Nous, c'est toi, et tu parles pas pour les autres, Brandon. » (p.44)

     

    Nous, c'est qui ?

     

    « - Là-bas, c'est le pays des fous. Il n'y a pas que des fous, mais il y en a beaucoup.

     

    - Ah bon. Des fous... tu veux dire...

     

    - Des gens bizarres, des illuminés, des millénaristes, des producteurs de drogue, des communautés hippies, ils sont cachés, on ne peut les voir que d'avion. » (p.153-154)

     

     

     

    « Elliot ne comprend pas tout, mais ça lui va. Il sent qu'il commence à apprécier les énigmes non résolues. Le doute qui plane. Il s'aperçoit que c'est ce qu'il aime quand il passe du temps avec Péline. La masse des mystères, les expressions qu'il ne comprend pas, les objets inutiles.

     

    Quelque chose comme un monde en plus, où des humains oubliés barbotent. » (p.234)

     

     

     

    (Le collège des éplucheurs de citrouilles de Laure DESLANDES)

     

     

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  • « Il y a aussi tous ceux qui se taisent, qui ne s’occupent pas de moi. Ils jouent les gentils de la meute mais ils vont se lâcher le soir sur internet. Ceux qui s’amusent à faire des fakes, des montages photo de moi, juste pour rire, ceux qui inventent des jeux de mots avec mon prénom… J’ai même lu une blague sur ma grand-mère qui aurait couché avec les boches ! » (p.45)

     

     

     

    « - ÇA NE S’ARRÊTERA JAMAIS ! Maintenant qu’ils t’ont prise comme bouc émissaire, aucun ne voudra risquer de prendre ta place !

     

    (…) J’ai subi ça, dans mon ancien lycée. Ils m’ont pourri la vie, en classe, sur le web, même chez moi…

     

    Maintenant, je me suis endurcie, ils m’auront plus. Les élèves, les profs, le lycée, tout ça pour moi, ça n’existe pas. Je suis dans une bulle. Mais s’ils me cherchent une seule fois, ils me trouveront ! 

     

    - Des fois je me dis que je devrais en parler aux profs. Mais ça risque de me retomber dessus. Si je vais voir le directeur, tu crois qu’il le dirait à mes parents ?

     

    - Laisse tomber ! Il ne fera rien, le directeur, je peux te le dire ! Il te prendra pas une seconde au sérieux, ni la police. On te dira que ta photo, elle a rien de choquant, c’est tout ! Pour eux, on est des gosses. Les gosses, ça se bagarre, ça chahute, c’est normal !» (p.50-51)

     

    Tous ceux qui se taisent

     

    « Chaque matin, sortir dans la rue comme descendre dans l’arène. J’essaie de ne pas penser à ce qui m’attend pour ne pas faire marche arrière. Je serre mon carton à dessin sous mon bras, je lisse ma frange deux cents fois. Dans ma tête, je répète mon petit rituel, une prière pour je-ne-sais-pas-qui, que je dois dire à voix basse, dix fois en boucle sans me tromper, avant d’être arrivée au lycée : « Je vous en supplie, faites que tout se passe bien pour moi aujourd’hui. Faites que tout se passe bien pour moi aujourd’hui. Faites que tout se passe bien pour moi aujourd’hui... » Je ne sais pas pourquoi j’ai inventé ce truc, je n’y crois pas vraiment, mais je finis par avoir l’impression que si je me trompe d’un seul mot, il m’arrivera un malheur.

     

    (…)

     

    Mais quand la grande arche de la grille du lycée est en vue, je commence à avoir trop mal au bide pour rester concentrée. » (p.66-67)

     

     

     

    « - Tu as des problèmes ?

     

    Je hoche du menton pour dire oui. Comment lui dire ? Comment expliquer ? Je cherche mes mots sans les trouver. Je ne sais même plus ce que j’ai à raconter. Je me mets à renifler. Au milieu des hoquets qui montent, la seule chose qui me vient, c’est une phrase de bébé, toute conne, qui me fait presque honte :

     

    - Tout… tout… tout le monde m’embête au lycée !

     

    - Comment ça ? Mais qu’est-ce qui t’arrive, Pupuce ?

     

    Plus il a l’air inquiet, plus je m’effondre. j’essaie de raconter, les insultes, les moqueries, ma solitude forcée ? Je dis « on », « ils » ou « tous » pour ne pas donner de noms. Je lui dis presque tout mais je ne parle pas du baiser de Sofiane, je ne peux pas. Je dis juste que les garçons m’ont larguée, sans raison. Je tourne autour du pot, je mets longtemps à aborder l’histoire de la photo sur internet, des rumeurs… Quand j’y arrive enfin, Pops n’est plus horrifié mais en colère. Il contient sa respiration, sa voix vibre :

     

    - Mais c’est quoi cette photo ? C’est quelque chose de… compromettant ?

     

    - Non, c’est rien ! Juste une photo où je dors ! Après, y en a qui ont fait des montages, qui ont inventé des trucs…

     

    - Qui te l’a volée, cette photo ? Qui l’a mise en ligne ? (p.76-77)

     

     

     

    « - Ce qui lui arrive, il me semble que ça a un nom. C’est du harcèlement et c’est probablement puni par la loi. Alors il faut se calmer et prendre le temps de réfléchir. Si tu fais n’importe quoi, tu risques d’aggraver la situation. » (p.78)

     

     

     

    « Je n’arrive pas à le croire ! Maintenant qu’il sait que je ne suis pas morte ou suicidée, il ne se sent même plus concerné ! Alors, qu’est-ce qu’ils vont penser tous les autres, ceux qui n’ont jamais été mes amis , Que j’ai été trop loin, que j’abuse, que je le méritais ! Qu’il y avait une part de vérité dans tout ça ! Et moi, qu’est-ce que j’en sais vraiment ? » (p.86)

     

     

     

    (Ma réputation de Gaël AYMON)

     

     

     

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  •  « Ratsan a confiance en moi. Il y croit et il m'investit d'une mission qui me fait grandir. Il me bouscule, me pousse, me malmène parfois mais y a toujours au bout un fruit à cueillir. Je n'ai jamais osé lui confier que mes parents étaient contre. Que j'étais un enfant programmé pour autre chose. Parce que mes parents parlent de moi comme si je leur appartenais. Un objet qu'on modèle, qu'on sculpte, qu'on taille. Ils disent à leurs amis : « On verrait bien Benjamin faire de la politique, il est doué à l'oral, il est séducteur, il sait convaincre. » Et c'est dans cette logique dont ils ne se cachent même pas qu'ils m'ont parlé de Sciences Po.

     

     

    Programmé pour autre chose

    (…) Ils ont tracé un chemin pour moi que je n'emprunterai que sur un pied ! J'ai dit « oui » pour acheter la paix, les endormir et neutraliser leurs critiques. J'aurai le confort de m'installer loin de la ligne de front. Je ne supporte pas de me faire canarder par mon père. Donc, l'année prochaine, je vais au lycée du centre-ville, bien coté, je fais ce qu'il faut pour les tenir à distance mais ma vie, elle sera ailleurs et Ratsan m'aidera, c'est lui qui m'aiguillera. Je serai patient. » (p.107-108)

      

    (à quoi tu ressembles ? de Magali WIENER)

     

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  •  

    « Il a songé aux bandes de Daech et il s’est dit que ce n’étaient pas des musulmans qui avaient commis de tels actes, c’étaient simplement des sauvages privés de tout Dieu. Fallait-il en conclure que Dieu ne peut rien contre les barbares qui se revendiquent de Lui ? Les chrétiens, les musulmans et les juifs n’ont-ils pas, chacun, dans leur histoire des exemples terribles qui en attestent ? » (p.32)

     

    La liberté de penser

     

    « « Aime tes ennemis comme toi-même ! » Le message de Jésus avait tant fait rêver Nadir quand il était petit. Mohamed riait lorsqu’il citait le Christ. « Tu sais que l’amour est aussi la clé de l’Islam, rétorquait-il. Vous, les chrétiens, vous n’avez pas le monopole de la lumière. » Cela posait question à Nadir : pourquoi existe-t-il plusieurs religions si toutes les religions affirment la même chose ? Qu’on ait donc le même dieu pour tous, cela créera moins de conflits et on cessera de se tuer pour montrer que son dieu a raison plutôt que celui du voisin ! Sa mère trouvait toujours des réponses apaisantes à ses questions d’enfant curieux. C’est elle qui lui a appris l’importance des différences et le respect dû à la culture de l’autre et à sa religion. » (p.64)

     

     

     

    "Liberté de penser = liberté de choquer ?" (p.132)

     

     

     

    (Un sale livre de Franck ANDRIAT)

     

     

     

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  •  

    « Papa m’a dit cent fois qu’un garçon, ça règle ses comptes tout seul, que ça doit savoir se débrouiller, « comme un homme » il a dit. » (p.5-6)

     

     

     

    « Au bahut j'esquive toute la journée. Je suis devenu expert dans l'art de me rendre invisible une fois sorti de la salle de cours. Je ne me change pas dans les vestiaires mais dans les toilettes du bâtiment des sciences, je ne passe pas par le grand hall si j'en aperçois un de la bande, je connais à peu près toutes les issues du collège et je traîne pas sous le préau ni vers le terrain de basket, je passe la plupart des récrés dans un couloir du troisième étage, assis par terre à attendre que ça sonne pour rejoindre la classe. Mais ça suffit pas. Parce que si c'est pas dans les vestiaires, c'est dans un coin du gymnase, si c'est pas dans le hall, c'est sur le chemin de l'arrêt de bus, si c'est pas dans le couloir du troisième, c'est dans n'importe quel autre, comme si tous les chemins me menaient à la peine. » (p.22-23)

     

    « Comme un homme »

     

    « Mais on s’y fait Sarah, à ce monde qui cogne et qui heurte, c’est celui dont on avait peur la nuit quand on était petits. Quand ma mère me disait que les monstres n’existaient pas, que fallait pas avoir peur, c’était pas vrai Sarah. Ces monstres-là, ils existent, moi j’en ai rencontré. On s’y fait et c’est le pire, on s’habitue à tout.

     

    J’ai honte, je n’ose pas la regarder, j’essaie de me redresser. Elle me redemande si ça va. Non, ça va pas, mais j’ai pris l’habitude. » (p.21)

     

     

     

    « Vincent m’interpelle à nouveau :

     

    - Et ça fait quoi d’être une fiotte ?

     

    Les larmes me montent aux yeux. C'est nerveux. Comme quand quelqu'un t'engueule mais que tu trouves pas les mots pour te justifier. J'aimerais gueuler que merde, ça suffit, qu'est ce que je t'ai fait, putain? Pourquoi tu me fais chier comme ça? Et pourquoi ça t'intéresse tant que j'sois pédé ou pas? Franchement, ça va continuer encore longtemps? T'as pas autre chose à foutre? » (p.15)

     

     

     

    (A copier 100 fois d’Antoine DOLE)

     

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  •  

    « - Nous autres, les gitans, on nous traite de romanos, de manouches, de tziganes. Au moindre vol, on nous montre du doigt :

     

    - C’est un coup des gitans !

     

    Angelo bouillonnait. Il m’a rejointe après un dernier tour de skate, et sa voix s’est radoucie pour me dire :

     

    - Autrefois, nous étions emprisonnés, exécutés, reconduits aux frontières. Nous sommes devenus nomades. On n’avait pas le choix.

     

    Nous autres, les gitans

     

    J’ai repensé à ce que m’avait expliqué mon père. Que les gitans campent dans les villes sur des terrains inoccupés. Un jour, on les informe qu’ils n’ont plus le droit de rester. Alors ils reprennent la route. » (p.27)

     

     

     

    (Couleur choco de Laure OZON-GRISEZ)

     

     

     

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  • « Qu’est-ce qui fait d’un individu un homme libre ? Des centaines de philosophes se sont posé la question sans jamais apporter de réponse convaincante. Parce que la liberté s’expérimente plus qu’elle se pense, sans doute. Moi qui ne suis pas philosophe mais seulement un homme à la vie bien remplie, je propose à ceux que cette interrogation taraude la piste suivante : l’homme sans chaînes n’existe pas, ou alors c’est celui qui repose six pieds sous terre. Est libre au contraire l’homme qui connaît ses chaînes, qui s’efforce de les choisir le moins pesantes possible, et qui enfin en supporte le poids avec courage.

    Un homme libre

    J’ai cru, il y a longtemps, me libérer en quittant ma famille et je suis tombé dans les griffes de mon travail. Je m’en suis évadé en révélant le secret d’un mensonge et je suis devenu prisonnier de ma fuite. C’est seulement aujourd’hui que j’ai compris qu’en liant mon destin à celui de ces enfants, j’avais agi pour la première fois en homme libre. Parfois, les actes qui nous paraissent fous sont peut-être les plus raisonnables... » (p.125)

     

    (Phaenomen, tome 3 d’Erik L’HOMME)

     

     

     

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  • « Les parents de Shannon Kershaw ont trouvé ces photos sur son ordinateur. Ils sont très inquiets, ce qui peut se comprendre, tout comme tes parents ici présents. Shannon nous a dit que M. Hunter aimait flirter avec ses élèves. Et que tu avais eu un coup de coeur pour lui.

     (…)

     Apparemment, ils se sont déjà fait leur propre idée de ce qui s’est passé samedi, et quoi que je puisse dire, ça ne changera rien.

     (...)

     Je regarde à nouveau la photographie et peu à peu tout s’éclaire. Il ne s’agit pas d’un rapprochement malsain entre une jeune fille effrayée et un adulte insistant, mais d’un professeur qui essaie d’aider son élève. Le cliché a dû être pris juste après le départ de Sam, lorsque Shannon m’a laissée seule, en larmes, au milieu du jardin plongé dans le noir. M. Hunter m’a simplement ramenée à l’intérieur de la maison pour me confier à Emily.

     J’ai la tête qui tourne en repensant à la peine de Shannon après que M. Hunter a repoussé ses avances, à sa fureur quand elle a appris que j’avais appelé ses parents, aux photos prises par Jas, à la disparition de son appareil, à la façon dont les images se sont retrouvées comme par hasard sur l’ordinateur des Kershaw…

     (…)

     Je me tourne vers Mlle Bennett et déclare d’une voix calme :

     - C’est Shannon qui était amoureuse de M. Hunter. Elle a craqué pour lui dès le début du trimestre. Voilà pourquoi elle l’a invité à sa fête – elle comptait flirter avec lui dans l’espoir qu’il se passe quelque chose.

     (…)

     Mais ce n’était pas réciproque. Pour lui elle n’était qu’une élève. Quand il le lui a expliqué, Shannon s’est mise dans tous ses états.

     (…)

     Je crois que je sais quand cette photo a été prise.

     Ce n’est vraiment pas ce que vous croyez. Je venais de me disputer avec Sam Taylor à cause de Shannon, et M. Hunter essayait de me réconforter. Il m’a emmenée voie Emily et l’a aidée à me calmer…

     ( …)

      

    Recadrage

     Contrairement à ce que vous disiez tout à l’heure, les images peuvent parfois mentir. Et celle-ci est particulièrement trompeuse. On était dans la cuisine, au milieu d’une foule de gens. Emily se tenait juste à côté de moi – regardez, on voit un bout de sa manche, juste là. Vous croyez vraiment que M. Hunter aurait eu des gestes déplacés devant elle ? Interrogez-la ! Demandez à Jas, aussi. C’est lui qui a pris la photo de Shannon, et probablement celle-ci.

     (…)

     

     - Hé ! s’écrie Jas en s’emparant des photos. Vous avez trouvé mon appareil ? Mais qui a recadré cette image ? Vu comme ça, on dirait qu’il se passe des trucs louches !

     - Recadré ? Répète Mlle Bennett. Est-ce que tu pourrais nous décrire l’original ?

     - On voyait M. H. et Emily en train de consoler Cannelle dans la cuisine. Je voulais faire un reportage sur les dessous des soirées adolescentes. Et il y a toujours une fille qui pleure, pas vrai ? Mais avec ce cadrage, la photo n’a plus rien à voir… ça craint ! Ça en dit long sur le pouvoir des paparazzi. » (p.235-238)

     

     (Miss Pain d’épices de Cathy CASSIDY)

       

     

     

     

     

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