• « - Toi, à part dessiner, reprit Jackson, visiblement fatigué de parler de lui, tu fais quoi d’autre ?

     - Du football, répondit Megan.

     - Du football ? répéta-t-il en pliant les bras pour se faire un oreiller. Tu regardes, c’est ça ?

     - Je joue.

     - Mais tu es une fille ! Les filles ne jouent pas au foot, railla-t-il. (…) Tu devrais avoir de vraies activités de fille, comme… je sais pas… t’occuper de fringues, de maquillage, faire les boutiques.

     

    Les filles ne jouent pas au foot

    - Toutes les filles ne se cantonnent pas à ça !

     - Ah bon ? Les filles que je connais ne jouent pas au foot.

     Megan leva les yeux au ciel.

     - Ce que tu peux être bouché… ! Moi, si !

     Jackson digéra l’info dans un bref silence.

     - Et ça marche ?

     - En fait, j’étais la seule fille dans l’équipe du collège, répondit-elle. On s’en sortait pas mal.

     Le son qu’émit Jackson sembla dire qu’il était impressionné.

     - Tu dois être bonne, alors. » (p.101-102)

     

    (A la vie, à la mort ! de Celia BRYCE)

     

     

     

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  •  « - Dieu est bon et miséricordieux, m’a dit un jour maman.

     - Dieu est également châtiment et punition, ai-je ajouté. En tout cas, c’est ce qu’on nous apprend à l’école.

     - Il n’est que douceur et bonté, Dakia. Ce sont les hommes qui peuvent être mauvais ou bons.

      Mes parents se disent « pratiquants laïques ». A l’égard de la religion, maman et papa nous laissent, à Chafia et à moi, une totale liberté. Ils nous ont toujours expliqué que le rapport à Dieu est intime, privé. La foi est affaire personnelle entre Dieu et soi-même, et aucun être humain n’est autorisé à s’immiscer dans cette relation. » (p.14-15)

      

    La foi est affaire personnelle

    « Mes parents m’ont expliqué les raisons qui poussent le GIA à assassiner les intellectuels, les journalistes, les enseignants, les étudiants, etc. Tout ce qui symbolise le savoir, le raisonnement et la critique représente, pour le GIA, un danger pour son projet de société, une république islamique, une société fermée, rétrograde.

     Les groupes armés du FIS – le Front Islamique du Salut – veulent faire de l’Algérie une théocratie, un pays où la religion régirait la société, un pays où il est interdit d’être libre.

     (…)

     Mais les filles, les femmes, quel danger représentent-elles ? » (p.30)

       

     (Dakia, fille d’Alger de DAKIA)

     

     

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  • « - Laurel est la première homosexuelle que je connaisse.

    Une personne sur dix

     - Une personne sur dix est homosexuelle, tu sais, a précisé Laurel. Disons plutôt que je suis la première personne dont tu n'ignores pas l'homosexualité. » (p.149)

      (Les cœurs fêlés de Gayle FORMAN)

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  •  « J'ai cru qu'on allait m'offrir un vélo avec sept vitesses et une selle de sport, un mauve et tout, et puis ils m'en ont offert un qui était bleu clair. Avec un panier. Un vélo de fille en plus.

     - Ben, t'es une fille.

     - Ça c'est du sexisme. Donner des trucs de filles aux gens juste parce que c'est des filles. »

       

    (De bons présages de Terry PRATCHETT)

     

     

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  •  « Coumba le fixe, longuement, ne baisse pas les yeux, il ne doit pas être beaucoup plus vieux qu'elle, trois ou quatre ans, mais à cet âge, entre un homme et une femme, cela ne compte pas et Coumba est une femme, attirante, désirable, elle le sait bien, depuis ses douze ans. Les hommes, elle connaît et elle sent bien que ce flic la regarde... comme un homme, un homme en chasse, un homme à l'affût.

    Les mateurs qui déshabillent du regard

    Elle les renifle, les voit venir à cent pas, les mateurs, les dragueurs, à la dévisager... Et encore, si ça s'arrêtait au visage... Mais ils scrutent son corps, de la tête aux pieds, ses fesses, sa poitrine... dans le bus... au supermarché... à la piscine…

     Même à la crèche, lorsqu'elle va chercher Assata et que certains pères s'arrangent toujours pour la croiser, la déshabiller du regard et se retournent sur elle, sur sa silhouette, sa si jolie silhouette. » (p.33-34)

      

    (La rebelle de Thierry CRIFO)

     

     

     

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  •  « Vendredi matin, papa a (…) continué de sa belle voix calme :

     

    Peut-on parler de race ?

    - Peut-on parler de race juive ?... Parler d’une race juive, dit Rivet, a exactement le même sens que parler d’une race de bossus. Les études sérologiques montrent que les juifs palestiniens sont des Arabes, les juifs allemands, des Allemands… » (p.64)

      

    (Un lycée pas comme les autres d’Yvonne MEYNIER)

     

     

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  • « En fait, je me suis roulé moi-même, et si Lina ne m’avait pas aidé, je serais mort roulé. Ses yeux s’embuèrent : Ce qu’elle a fait de plus beau pour moi, c’est de m’obliger à la clarté. Elle m’a appris à me dire : Quand j’effleure le pied nu de cette femme, je n’éprouve rien, alors que je meurs d’envie d’effleurer le pied de cet homme-là – oui, celui-là -, de lui caresser les mains, de lui couper les ongles avec de petits ciseaux, d’appuyer sur ses points noirs, d’être avec lui dans un dancing et de lui dire : Si tu sais valser, invite-moi et montre-moi comment tu guides !

     

    Il évoqua des moments très anciens : Tu te souviens, quand Lina et toi vous êtes venues chez nous demander à mon père de vous rendre vos poupées ? Il m’a appelé et m’a demandé, pour se foutre de moi : Alfo, c’est toi qui les as prises ? parce que j’étais la honte de la famille, je jouais avec les poupées de ma sœur et mettais les colliers de maman… Il m’expliqua, mais comme si je savais déjà tout et n’étais là que pour lui permettre d’exprimer sa véritable nature : Déjà, quand j’étais petit, non seulement je savais que je n’étais pas ce que les autres croyaient, mais je n’étais pas non plus ce que je croyais être moi-même. Je me disais : je suis quelque chose d’autre, quelque chose qui est caché dans mes veines, qui n’a pas de nom et qui attend. Mais je ne savais pas ce que c’était, et surtout je ne savais pas comment ça pouvait être moi. Jusqu’à ce que Lila m’oblige – je ne sais pas comment l’exprimer autrement – à prendre un peu d’elle. Tu sais comment elle est ! Elle m’a dit : Commence par ça, et vois un peu ce qui se passe. Ainsi nous nous sommes mélangés, c’était très amusant, et maintenant je ne suis plus celui que j’étais mais je ne suis pas Lila non plus, je suis une autre personne, qui se précise peu à peu. » (p.239-240)

      

    (L’enfant perdue. L’amie prodigieuse, tome 4 d’Elena FERRANTE)

     

     

     

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  • « La chorale « Les copains d’abord » regroupait des sans-toit qui chantaient pour l’enterrement de leurs condisciples. Ses membres avaient depuis longtemps renoncé à aller dans l’Essonne au cimetière de Thiais, là où la municipalité parisienne envoyait les corps des clochards que personne ne réclamait jamais.

     Trop loin, trop de morts, trop paumé, trop d’emmerdes dans le RER.

     Désormais, « Les copains d’abord » chantaient au Père-Lachaise, le jour de l’enterrement, à l’heure dite… ou à peu près. Un hymne à la vie en guise de salut à un mort. Les chanteurs à la voix cassée par la rue savaient bien que les crevés ne leur en voudraient pas de rester dans Paris centre et d’y faire la manche auprès des touristes attendris par leurs chants. » (p.13)

     

    « - Pourquoi Christiana elle s’assoit par terre où c’est sale et où les gens ils peuvent la voir ?

     - Parce qu’elle s’en fout. Ses fesses n’accrochent pas la poussière ni elle les regards.

     - Elle est imperméable ?

     Sam sourit et confirma :

     - Elle essaie, en tout cas. C’est pas facile, ça demande de l’entraînement. » (p.45)

      

    « Entre deux chansons, la petite demanda :

     - Pourquoi on chante ?

     - Pour que le Galeux ne soit pas seul pour le grand voyage, répondit Christiana.

     (…)

     - Il était gentil, le Galeux ?

     - Les gens comme nous, on ne peut pas se permettre d’être gentils. Et puis, on s’en fiche, petite, c’est pas le problème. Le truc, c’est que le Galeux, c’est un humain mais qu’il est crevé comme un rat. Alors nous, on vient rappeler à tout le monde que c’était un homme. » (p.68)

      

     Les gens comme nous

    «L’interrogatoire achevé, Jordan vida le fond de la bouteille de gel hydroalcoolique sur ses mains.

     Le major Boulet le regarda faire.

     - Tu en as sorti quelque chose ?

     - Elle connaît le grand Black de vue, rien d’autre. Et j’avais pas vraiment envie de jouer les prolongations. Deux minutes de plus, et je craquais. Ces loques, là, elles sont infestées de saloperies et elles font aucun effort pour s’en sortir.

     - Tu crois quoi, Jordan ? Que le monde est juste et qu’eux, ils font exprès de rester en marge ?

     - Ta gueule avec tes leçons de morale franchouillarde, s’insurgea Jordan. Quand on veut, on peut. » (p.82)

     

    « - J’ai pas de conseil à te donner, Sam. Sur ces sujets, tout le monde est à égalité. Mais il y a une chose que je sais. Souffrir parce qu’on a aimé, ça veut dire qu’on a au moins des souvenirs, qu’on a un passé. Tu sais pourquoi je picole pas comme les autres ?

     - Non.

     - Parce que l’alcool anesthésie la vie et brouille la mémoire. On peut pas avoir de futur si on n’a pas eu de passé. » (p.154)

     

    (Robin des graffs de Muriel ZÜRCHNER)

     

     

     

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  • « J'oubliais que j'étais chinoise sauf quand on me le rappelait.

         Mais tu as le visage tout aplati !!!

         Non, mais en vrai ton prénom c'est quoi ?

         Vous mangez vraiment des chiens ? » (p.64)

      

    « Mes parents aussi me rappelaient que j'étais chinoise.

         Ma chérie, tu as vraiment des yeux très bridés. Ils sont trop petits... On m'a fait une petite opération en Chine pour créer une double paupière. On t'opérera la prochaine fois qu'on retourne à Hong Kong, tu veux ? 

    « Tching tchang tchong »

     

     Je n'ai jamais cédé.

     Ni teint mes cheveux en châtain ou porté des lentilles de couleur, comme certains Chinois. » (p.70)

     

     « N'ayant pas d'autres membres de ma famille en France, ça m'a donné l'impression de n'avoir ni mémoire ni passé. C'est sans doute pour ça que j'ai toujours été mauvaise en histoire.

     Le fait d'être née à Hong Kong, sachant que cette ville s'apparente plus à Londres ou New York qu'à Pékin, ne fait qu'accentuer ce sentiment de « non-appartenance ». » (p.82)

     

     « Mes cousines consacrent un budget monstrueux aux produits cosmétiques pour avoir un joli teint. Elles veulent ressembler à des petites japonaises à la peau blanche. Il est très mal vu en Chine d'avoir une peau mate car cela rappelle les « paysans » exposés au soleil. » (p.108)

     

     (Banana Girl. Jaune à l'extérieur, blanche à l'intérieur de Kei LAM)

     

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  • extrait du Petit Larousse illustré (2005)

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