• planche extraite du Grand Memento encyclopédique Larousse en 2 volumes (1936)

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    « Quelques jours avant, j'avais vu à la télévision un reportage sur un adolescent qui s'était immolé par le feu. Il était mort de ses brûlures. C'était en France, ça m'a frappé.

     

    Comme je savais qu'il en était bien mort, j'ai décidé de faire la même chose. Ça ne m'a pas fait peur, parce que je me disais qu'il fallait que ça s'arrête. Je ne pouvais plus vivre comme ça. La mort ne me faisait plus peur. Je me disais qu'avec toute la douleur que j'endurais depuis plus de deux ans, un feu qui dure quinze minutes, c'était ce qu'il me fallait.

     

    J'avais pensé aussi aux médicaments, et à beaucoup d'autres façons. J'avais songé à l'électricité. Me jeter d'un pont où passent le chemin de fer et les TGV. J'y avais bien réfléchi et j'étais même allé voir les possibilités près de la gare de Lille-Flandres où, justement, il y a un pont. Je me voyais sauter sur les lignes à haute tension. J'avais entendu dire qu'on était directement électrocuté. Mais il ne fallait pas rater les lignes. Et je n'étais pas très sportif.

     

    Une solution pour mourir

     

     

    Depuis un an au moins, je cherchais une solution pour mourir. Sur internet, je parcourais les sites sur le sujet qui expliquaient comment faire pour se suicider. Cela semblait facile et je les avais trouvés en tapant juste : « Comment se suicider. » Sur certaines vidéos de YouTube, on voyait des gens qui avaient sauté d'un pont et qui étaient morts électrocutés. J'avais en tête de choisir le moyen le plus efficace. Le plus sûr. Pour les médicaments, ils donnaient des noms et lesquels prendre. Ils parlaient aussi de la pendaison, ou de se couper les veines. J'ai abandonné l'idée des médicaments, trop compliquée : il fallait les obtenir d'un médecin, par ordonnance, et ensuite les acheter dans une pharmacie. Comme je n'étais pas malade et que je n'avais jamais vu de psychiatre, j'ai renoncé. J'ai été tenté un moment par l'idée de me pendre, mais j'avais peur que ce ne soit pas assez rapide. Ce jour-là, je voulais faire vite. Disparaître en fumée.

     

     

     

    J'ignorais ce que c'était la dépression. Je ne savais qu'une chose : ma vie était mauvaise, insupportable, et mourir était la solution pour arrêter. Me retrouver dans un autre monde, au calme, un monde que j'imaginais sans méchanceté, sans école. Je pensais tous les jours au suicide. Le soir, surtout, quand j'étais tout seul dans ma chambre. Et la journée aussi, quand je me faisais embêter à l'école, frapper, racketter, traiter de gros cochon, de bon à rien. Pour moi, la mort, c'était le calme, ne plus rien faire, ne plus se faire embêter... la liberté. Disparaître, ça ne me faisait rien. Sauf que je pensais beaucoup à ma famille. Je savais que j'allais leur faire de la peine : ils m'aimaient. Mais peut-être que c'était mieux de mourir, pour un fils aussi nul dans la vie. Je me disais que pour moi, ce serait la liberté. Plus d'école, plus d'insultes, plus de coups, et plus rien à apprendre. Avec tout ce qui se passait dans l'école, et à côté de l'école, le racket, l'humiliation, pour moi, mourir, ce n'était pas le pire. Mourir était la délivrance. Mourir était devenu ma seule et unique pensée. » (p.13-15)

     

     

     

    (Condamné à me tuer de Jonathan DESTIN)

     

     

     

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  • planche extraite du Nouveau Larousse Universel en 2 volumes (1948)

    planche extraite du Nouveau Petit Larousse illustré (1938)

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    «- C'est vrai ce que nous a dit Janis ? chuchota Tara. 

     

    - Que ton petit ami est gay ? précisa Lydia.

     

    - Ne faites pas attention à elle, répondit Lisa. Elle raconte n'importe quoi. Elle est rongée par la jalousie.

     

    - Mais il paraît que ton copain passe tout son temps avec un garçon, insista Lydia.

     

    - Oui, c'est vrai. Et figurez-vous que c'est notre meilleur ami. Il n'y a rien de mal à ça.

     

     

     

    (...)

    Ainsi vont les ragots

     

     

     

    Lisa les considéra d'un œil vide puis, se tournant vers la scène où se se déroulait le spectacle, fit comme si elles n'existaient pas. Janis avait raconté des horreurs sur son compte, et toute l'équipe d'encadrement devait déjà être au courant. Elle était devenue la fille au copain gay, et ses dénégations n'y changeraient rien.

     

    Ainsi vont les ragots. Ils salissent leurs victimes, mais leur source n'est jamais remise en question.

     

     

     

    (…)

     

     

     

    Janis et ses complices avaient imprimé dans son esprit une idée dérangeante qui n'aurait jamais dû y pénétrer. Et elle avait beau se répéter que leurs soupçons n'avaient aucun fondement, le doute, tel un poison, bousculait ses convictions... » (p.192-194)

     

     

     

    (Phobie douce de John Corey WHALEY)

     

     

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  • planche extraite du Nouveau Larousse Universel en 2 volumes (1948)

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  • planche extraite du Nouveau Petit Larousse illustré (1938)

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    Si ce n'est toi c'est donc ton frère

     

    (d'après « Le loup et l'agneau, I 10 » de Jean de La Fontaine)

     

     

    Si ce n'est toi c'est donc ton frère

     

     

    « Petit mouton noir et frisé

     

    Qui voulait s'amuser

     

    Par un soir un beau soir d'été

     

    Marchait dans la cité

     

    Petit mouton qui s'ennuyait

     

    Donnait des coups de pieds

     

    Dans une boite abandonnée,

     

    Une boîte de cassoulet

     

     

     

    Quel est son nom la belle affaire

     

    Vous le connaissez bien

     

    Si ce n'est lui c'était son frère

     

    C'était quelqu'un des siens

     

     

     

    Un loup qui fermait son café

     

    Avec sa grosse clef

     

    S'arrête en le voyant passer

     

    Fallait plus rigoler

     

    Ah c'est toi qui m'a réveillé

     

    Ce dimanche dernier

     

    Moi je vais t'apprendre à crier

     

    Je vais te faire danser

     

     

     

    Ne vous mettez pas en colère

     

    Moi je n'y suis pour rien

     

    Si ce n'est toi c'est donc ton frère

     

    C'est donc quelqu'un des tiens

     

     

     

    C'est sûrement toi qui a taggé

     

    Les murs de mon café

     

    Mais voyons vous me connaissez

     

    Je ne sais pas dessiner

     

    Ah ça tu me prends pour un dingue

     

    Moi je vais te casser

     

    Le loup s'emporte et puis le flingue

     

    Et sans autre procès

     

     

     

    Ou s'il ne l'a pas fait

     

    le fera tout à l'heure

     

    La raison du plus fort

     

    est toujours la meilleure

     

    Il y a trop longtemps qu'on le sait

     

     

     

    Car après lui ce sera son frère

     

    Ce sera quelqu'un des siens"

     

     

     

    Anne SYLVESTRE chante... au bord de La Fontaine (1997)

     

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  • planches extraites du Nouveau Larousse Universel en 2 volumes (1948)

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    « J'avais seize ans, je n'en pouvais plus. De l'école, des autres.

     

    Depuis des mois, ils me demandaient toujours plus d'argent. J'étais en troisième, au lycée Vertes-Feuilles, à Saint-André, près de Marquette. Ça ne s'arrêtait jamais. Ceux-là, en plus, ils étaient grands. Ils avaient au moins vingt ans. Je revenais du collège, il devait être midi et demi. Je n'étais plus très loin de chez moi, je venais de la place de la Mairie. Je ne les avais pas vus, je pense qu'ils étaient cachés derrière des voitures. Je les connaissais bien, si je les avais repérés avant, j'aurais pu m'enfuir. Mais là...

     

    J'ai toujours eu peur de les voir. Qu'ils me réclament encore des sous. Quand ils se sont lancés sur moi, je me suis retourné pour courir, mais un des trois garçons a bloqué le passage. C'est une petite rue étroite, en longueur, avec des grands murs de brique de chaque côté. Comme un tunnel. J'ai voulu faire marche arrière et courir en sens inverse, mais un deuxième s'est mis à l'autre bout. Un derrière moi, un devant moi, quand je les ai vus faire ça, je me suis dit : qu'est-ce qui se passe ? J'ai eu très peur. C'était trop tard. S'il y avait eu des passants, j'aurais été content, j'aurais demandé de l'aide. S'il y avait eu la police ou quoi, j'aurais crié. Mais il n'y avait personne.

     

    Racket sous la menace

     

    Ils ne m'ont pas cogné, ils m'ont juste mis l'arme sur la tête. Pour moi, c'était un vrai flingue, mais je n'ai pas trop fait gaffe. Quand ils me l'ont mis sur la tête, j'ai eu trop peur, j'ai pensé que c'était un vrai. Je ne sais toujours pas si c'était un vrai ou un faux. Je ne pouvais plus bouger, j'étais bloqué. Celui qui tenait l'arme, pour moi, c'était le chef. Il était un peu plus grand que moi. Ils avaient tous la même taille. Ils me fixaient.

     

    Ils m'ont dit : « Demain, tu ramènes cent euros ou on te fait la peau. »

     

    La veille, j'avais essayé de me défendre. J'avais pris un canif et j'en avais égratigné deux. C'était la première fois que je ne me laissais pas faire. Ils étaient partis en courant. Le soir, j'avais même pensé qu'ils avaient eu peur de moi et qu'ils ne reviendraient plus jamais me coincer. Mais là, j'ai vraiment cru qu'ils allaient me tuer. Les jours d'avant, ils m'avaient dit qu'ils avaient suivi mon père et qu'ils feraient du mal à ma famille. Je les croyais. J'aurais voulu aller à la police, mais j'avais peur qu'ils me le fassent payer très cher. Je pensais qu'ils allaient faire du mal à mes parents. Ils en étaient capables.

     

     

     

    Je tremblais. Ils m'ont dit que je devais ramener l'argent le lendemain. Ils m'ont dit de retourner au collège l'après-midi, de ne rien dire à personne, de revenir demain avec le fric, sinon ils allaient tuer ma famille. » (p.11-13)

     

     

     

    (Condamné à me tuer de Jonathan DESTIN)

     

     

     

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