• "- Il n'y a pas de "pour une fois"... il n'y en a jamais eu, et il n'y en aura jamais ! Je ne peux pas laisser la moindre chance à son handicap de prendre le dessus !
    - Ne sois pas si radical !
    - Je suis pragmatique, point ! La petite ne doit pas relâcher ses efforts, quelle que soit la situation.
    - Je ne suis pas une handicapée..." (p.25)

    Pas une maladie

    "- Ce dont vous devez prendre conscience, c'est que la trisomie n'est pas une maladie, mais un état. Essayez de comprendre à quel point ces deux termes sont différents. La trisomie ne se guérit pas." (p.40)

    "- Il ne faut pas croire que le simple fait de quitter l'école l'empêchera de progresser. Au contraire, les I.M.E. ont des méthodes plus adaptées, qui lui apporteront beaucoup.
    La dénomination "Institut Médicoéducatif" fait penser à "hôpital psychiatrique" mais il paraît que, en réalité, c'est tout à fait différent.
    Les enfants sont traités au cas par cas, et ils reçoivent une éducation qui correspond à leurs capacités.
    - Ecoute je suis fatigué ! Pas la peine de me faire de la retape pour ces... ghettos éducatifs aujourd'hui !
    La réalité, c'est que, à part nous, elle ne va plus être entourée que de handicapés..." (p.42-43)

     

    (Mon année, T.1 de Morvan et Taniguchi)

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  • Silence

     

    En marge de la vie grouillent d'étranges morts

    Des limbes oubliés d'où nul ne les dérange

    Décalés, ignorés, rejetés sans remords

    Simples ou handicapés : ce sont les nouveaux anges

     

    Différents de nature et comme trop sensibles

    On les juge toujours à l'écart d'une norme

    Délicates ratures que l'odieux prend pour cible

    Rassuré par l'aplomb de sa bêtise énorme

     

    Ceux qui ont tous les droits et aux autres les torts

    Se permettent de rire en nous montrant du doigt

    Mais Silence gribouille à ces êtres sans voix

    Qu'ils ne sont ici-bas que pantins sans ressort.

     

     

    le 10 juillet 2000

     

    (Poème inspiré par la bande dessinée "Silence" de Comès)

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  • "J'ai réussi à adopter une attitude normale grâce aux influences de mon entourage. Je n'ai pas appris à sourire parce que je m'étais intégré. Je me suis intégré parce que j'avais appris à sourire !
    Je pouvais ressembler aux autres enfants !
    Au début, je me contentais de les imiter mais au bout d'un moment, je suis devenu capable de rire ou de me fâcher naturellement !"

    Cette société codifiée

    ""Toi et moi, on est pareils. On est des imposteurs !"
    Qu'est-ce qu'elle voulait dire ?
    Impossible qu'en a peine deux jours elle ait découvert que je ne suis plus le même !
    Bon... c'est vrai que je m'efforçais de trouver des repères.. mais je le faisais déjà quand j'étais gamin !
    Je jouais le rôle de celui que je désirais être...
    Pourquoi ?
    Pour bien m'entendre avec ma mère, mes amis, mon entourage... pour m'adapter à cette société codifiée."

    (Erased de Kei Sanbe)

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  • En parler

     

    "Je m'installe près d'elle sur le lit. Je pense : "Demande-moi comment s'est passée ma journée, demande-moi comment s'est passée ma journée, demande-moi comment s'est passée ma journée..."
    - Je suis anorexique.
    J'éclate de rire, à notre grande surprise à tous les deux.
    - Pourquoi ris-tu ?
    Je ris de plus belle. Elle me donne un coup de pied dans le bras.
    - Ce n'est pas drôle, Donnie, j'ai une maladie ! Comment peux-tu rire ?
    - C'est drôle, parce que ça fait une putain d'année que tu es anorexique, tu as été à deux reprises dans ce foutu hôpital et c'est la première fois que quelqu'un, toi, ou m'man, ou p'pa, ou n'importe qui d'autre m'en parle."

     

    (Comment j'ai disparu d'Adrienne Maria Vrettos)

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  • "Vous avez pris une décision que certains experts qualifieraient d'étrange ; vous avez enseigné à Jack que le monde mesurait environ trois mètres sur trois et que tout le reste -tout ce qu'il voyait à la télé ou entendait raconter dans ses quelques livres- était purement imaginaire."

    "« Ecoute. Ce qu’on voit à la télé, c’est… ce sont des images de choses réelles. »
    J’ai jamais rien entendu d’aussi incroyable."

    Dehors

    "Quand j’avais quatre ans, je savais même pas qu’il y avait un Dehors ou je croyais que c’était juste des histoires. Après, Maman m’a dit qu’il existait pour de vrai et je me croyais omnisavant. Mais maintenant que je suis dans le Dehors, en fait je sais pas beaucoup de choses, je suis tout perdu tout le temps."

    "- En fait c’est plus dur qu’avant. » Maman regarde par terre. « Quand notre univers se limitait à quelques mètres carrés, il était plus facile à maîtriser. Beaucoup de choses effraient Jack pour l’instant. Mais je ne supporte pas la façon dont les média font de lui un monstre, un singe savant ou un enfant sauvage, ce mot…"

    (Room d'Emma Donoghue)

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  • "Or je suis convaincu de peu de choses exprimables, l'une est que l'on peut être soi-même après bien des efforts mais que l'on na pas intérêt à être n'importe qui."

     

    (Le rat, la Célestine et le bibliothécaire de Pierre-Yves Lador, page 138)  

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  • Tout seul

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  • "La mauvaise graine

     

    J' suis ni l'oeillet ni la verveine
    Je ne suis que la mauvaise graine
    Ils m'ont semée comme un caillou
    Sur un chemin à rien du tout
    Même les corbeaux me font la gueule
    Leur pauv' gueul' qui s'en va tout' seule
    Quand y'a plus rien dans leur frichti
    Et qu'il fait froid et qu'il fait gris
    J' suis ni l'oeillet ni la verveine
    Je ne suis que la mauvais' graine

    J' suis pas du blé qu'on met en gerbe
    Je ne suis que la mauvaise herbe
    Qui dresse son cou dans les champs
    Quand par hasard vient le printemps
    Même les brebis font des manières
    Et préfèr'nt l'herbe buissonnière
    Cell' qui va tout droit chez l' client
    Sur un coup d'oeil ou en sifflant...
    J' suis pas du blé qu'on met en gerbe
    Je ne suis que la mauvaise herbe

    J' suis ni untel ni machin chouette
    Je ne suis que la mauvaise tête
    Qui met des vers où c' qui faut pas
    En comptant bien sur ses dix doigts
    Mes amis n' compren'nt rien aux choses
    Ils dis'nt que c'est la mauvaise cause
    Que j' râle toujours qu' ça fait du tort
    Qu'il faudrait fair' un p'tit effort
    Ben vrai ! Mon Dieu c'est pas la peine
    Ils connaiss'nt pas la mauvais' graine

    Aux sans oeillets aux sans verveine
    Je dédie la mauvaise graine
    Qu'ils sèmeront comme un caillou
    Sur des chemins à rien du tout
    Et des fleurs noirs tout en gerbe
    Fleuriront sur de nouveaux verbes
    Des fleurs d'amour des fleurs de rien
    Des fleurs aussi comme un destin
    Quand sur l'oeillet ou la verveine
    Poussera la mauvaise graine"

    (Léo Ferré)

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  • "O homme moderne qui n'a jamais eu tant de possibilités de choix toutes faites et est sûr de sa grande liberté de choix et qui choisit ce que choisissent les autres...."

     

    (Le rat, la Célestine et le bibliothécaire de Pierre-Yves Lador, page 93)   

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  •  

    Le cul entre deux chaises

     

     

     

     

     

    Enfant chez les adultes, pas toujours à son aise,

     

    J’ai souvent entendu évoquer certain âge

     

    Par l’expression curieuse “le cul entre deux chaises”

     

    Signifiant qu’il est dur d’aborder les virages.

     

     

     

    Le passage obligé par un moment à vide

     

    Lorsque sur la balance les deux plateaux hésitent;

     

    Où se poser alors et quel indice décide

     

    Si l’on est assez grande ou encore trop petite?

     

     

     

    Je n’étais qu’une gamine au regard des parents

     

    Qui parlaient sérieusement en buvant leur café

     

    Alors que les cousins à l’autre bout du rang

     

    Complotaient face à ma précoce gravité.

     

     

     

    Et toujours tiraillée entre plusieurs extrêmes

     

    J’ai assemblé ma vie de quelques joies éparses

     

    Me construisant ainsi en un ardent dilemme

     

    Mais n’arrivant jamais à trouver de comparses.

     

     

     

    J’étais la petite sœur qu’on traîne comme un boulet

     

    Et l’aînée qui empêche de vraiment s’amuser

     

    Ne m’accordant jamais à aucun de ces rires,

     

    Aucun jeu qui convienne à ma façon de dire.

     

     

     

    J’ai grandi par à coups et puis rapetissé,

     

    Cherchant à combler du temps les déséquilibres,

     

    A force de fiction mon chemin s’est tissé:

     

    C’est le rêve qui fait que ma réalité vibre.

     

     

     

    Entre ce que je suis et ce que je parais

     

    Que je sois seule ou comme en représentation

     

    J’oscille machinalement de fenêtres en murets

     

    Montrant tour à tour indifférence et passion.

     

     

     

    Perpétuellement serai-je en décalage

     

    Ainsi vouée aux tracas et à la solitude,

     

    Où trouverai-je un jour le judicieux dosage

     

    Qui me fera quitter cette triste habitude?

     

     

     

    le 7 juin 1998

     

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