• "Or je suis convaincu de peu de choses exprimables, l'une est que l'on peut être soi-même après bien des efforts mais que l'on na pas intérêt à être n'importe qui."

     

    (Le rat, la Célestine et le bibliothécaire de Pierre-Yves Lador, page 138)  

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  • Tout seul

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  • "La mauvaise graine

     

    J' suis ni l'oeillet ni la verveine
    Je ne suis que la mauvaise graine
    Ils m'ont semée comme un caillou
    Sur un chemin à rien du tout
    Même les corbeaux me font la gueule
    Leur pauv' gueul' qui s'en va tout' seule
    Quand y'a plus rien dans leur frichti
    Et qu'il fait froid et qu'il fait gris
    J' suis ni l'oeillet ni la verveine
    Je ne suis que la mauvais' graine

    J' suis pas du blé qu'on met en gerbe
    Je ne suis que la mauvaise herbe
    Qui dresse son cou dans les champs
    Quand par hasard vient le printemps
    Même les brebis font des manières
    Et préfèr'nt l'herbe buissonnière
    Cell' qui va tout droit chez l' client
    Sur un coup d'oeil ou en sifflant...
    J' suis pas du blé qu'on met en gerbe
    Je ne suis que la mauvaise herbe

    J' suis ni untel ni machin chouette
    Je ne suis que la mauvaise tête
    Qui met des vers où c' qui faut pas
    En comptant bien sur ses dix doigts
    Mes amis n' compren'nt rien aux choses
    Ils dis'nt que c'est la mauvaise cause
    Que j' râle toujours qu' ça fait du tort
    Qu'il faudrait fair' un p'tit effort
    Ben vrai ! Mon Dieu c'est pas la peine
    Ils connaiss'nt pas la mauvais' graine

    Aux sans oeillets aux sans verveine
    Je dédie la mauvaise graine
    Qu'ils sèmeront comme un caillou
    Sur des chemins à rien du tout
    Et des fleurs noirs tout en gerbe
    Fleuriront sur de nouveaux verbes
    Des fleurs d'amour des fleurs de rien
    Des fleurs aussi comme un destin
    Quand sur l'oeillet ou la verveine
    Poussera la mauvaise graine"

    (Léo Ferré)

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  • "O homme moderne qui n'a jamais eu tant de possibilités de choix toutes faites et est sûr de sa grande liberté de choix et qui choisit ce que choisissent les autres...."

     

    (Le rat, la Célestine et le bibliothécaire de Pierre-Yves Lador, page 93)   

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  •  

    Le cul entre deux chaises

     

     

     

     

     

    Enfant chez les adultes, pas toujours à son aise,

     

    J’ai souvent entendu évoquer certain âge

     

    Par l’expression curieuse “le cul entre deux chaises”

     

    Signifiant qu’il est dur d’aborder les virages.

     

     

     

    Le passage obligé par un moment à vide

     

    Lorsque sur la balance les deux plateaux hésitent;

     

    Où se poser alors et quel indice décide

     

    Si l’on est assez grande ou encore trop petite?

     

     

     

    Je n’étais qu’une gamine au regard des parents

     

    Qui parlaient sérieusement en buvant leur café

     

    Alors que les cousins à l’autre bout du rang

     

    Complotaient face à ma précoce gravité.

     

     

     

    Et toujours tiraillée entre plusieurs extrêmes

     

    J’ai assemblé ma vie de quelques joies éparses

     

    Me construisant ainsi en un ardent dilemme

     

    Mais n’arrivant jamais à trouver de comparses.

     

     

     

    J’étais la petite sœur qu’on traîne comme un boulet

     

    Et l’aînée qui empêche de vraiment s’amuser

     

    Ne m’accordant jamais à aucun de ces rires,

     

    Aucun jeu qui convienne à ma façon de dire.

     

     

     

    J’ai grandi par à coups et puis rapetissé,

     

    Cherchant à combler du temps les déséquilibres,

     

    A force de fiction mon chemin s’est tissé:

     

    C’est le rêve qui fait que ma réalité vibre.

     

     

     

    Entre ce que je suis et ce que je parais

     

    Que je sois seule ou comme en représentation

     

    J’oscille machinalement de fenêtres en murets

     

    Montrant tour à tour indifférence et passion.

     

     

     

    Perpétuellement serai-je en décalage

     

    Ainsi vouée aux tracas et à la solitude,

     

    Où trouverai-je un jour le judicieux dosage

     

    Qui me fera quitter cette triste habitude?

     

     

     

    le 7 juin 1998

     

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  •  

    La Tordue

     

     

     

    J’ai des idées un peu bizarres

     

    Si on soulève ma carapace,

     

    C’n’est pas une lubie du hasard

     

    Regardez bien ce qui dépasse:

     

     

     

    Car j’aime la pluie et l’orage

     

    Peut-être par goût du décalage,

     

    Mais si je reste dans la tempête

     

    Soyez sûr que c’est dans ma tête.

     

     

     

    Tout l’monde crie “Vive la liberté!”

     

    ... A condition d’n’pas déparer;

     

    J’appelle ça de l’hypocrisie:

     

    Laissez place à la fantaisie.

     

     

     

    Le conformisme est si puissant

     

    Qu’il arrive à faire croire aux gens

     

    Qu’ils sont originaux, en vogue,

     

    En se donnant pour norme une mode.

     

     

     

    Et si vous êtes plus réservé

     

    Les gens vous regardent de travers

     

    Alors qu’il ne faut pas s’en faire

     

    C’est notre façon d’exister.

     

     

     

    Ah! Pourquoi ne pas marcher droit...

     

    Moi mes écarts ne se voient pas,

     

    Je les garde précieusement là

     

    Dans mon cœur où ils font ma joie.

     

     

     

    Il se peut que j’sois différente

     

    Comme on me le prétend parfois

     

    Mais l’être pour que ça se voie

     

    Ce n’est pas vraiment c’qui me tente.

     

     

     

    Cette humeur me passera peut-être

     

    Et je pourrai alors renaître

     

    Mais à tout prendre, à tout choisir

     

    Des moindres maux, choisir le pire

     

     

     

    Je ne changerai pas une note

     

    Ni une virgule, ni une enveloppe,

     

    Je ne reprendrai que plus fort

     

    Mes sales manies ... et sans remords!

     

     

     

     

     

     

     

    le 20 mai 1997

    (Camille Léon)  

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  • "Lily, dis-moi c'est quoi une dépression? je demande en m'essuyant mes moustaches de lait.
    - C'est un peu comme si quelqu'un entrait en toi et te faisait faire des choses dont tu n'as pas l'habitude."

    "Dépression : ça ne s'attrape pas, Simon. Ca arrive et puis ça s'en va, pour la plupart du temps. Des fois, ça vient de l'enfance, des fois non. Ou de la drogue, ou de la mort d'un proche. Ou d'un grand ras le bol de tout."  

    Face à la dépression

    "Les gens ont tous leurs petites faiblesses, leurs moments de fatigue, de stress, et n'importe qui peut en passer par là. Souvent, les gens pensent que celle ou celui qui en vient à se rendre à l'hôpital pour se faire soigner a baissé les bras. Or, crois-moi, c'est tout le contraire. Le malade qui se fait soigner sait au moins qu'il est malade. Contrairement à tous ces gens qui s'enferment chez eux en essayant de se convaincre que tout vas toujours bien."

     

    (Au pays des kangourous de Gilles Paris)

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  • "La seule différence entre les deux résidait dans cette paire de baskets bariolées qui représentaient désormais bien plus que de simples chaussures. Elles étaient mon étendard, celui de mon audace et de ma folie, et bien qu'elles soient un peu ternies par les trois derniers jours, elles rougeoyaient encore comme des charbons ardents." (p.17)

    "C'est bien toi, mais en partie seulement, pas complètement. Disons que c'est toi, déformé par ta propre perception. Dans les miroirs, nous sommes toujours moins bien qu'en réalité, tu n'as pas remarqué ?" (p.86)

    "Il s'agissait bel et bien d'une comédie. Ce terme levait le mystère de la Maison, il suffisait de comprendre qu'il s'appliquait à tout ce qui m'entourait.
    En effet, il était absurde qu'un groupe rassemble tous les raseurs soumis tandis qu'un autre ne se composerait que de tarés ingérables. C'était impossible. Plus clairement, quelqu'un, à un moment donné, avait conçu ce système. Dans quel but ? ça, c'était une autre histoire..." (p.118)

    "Ils sont sauvages, constata pensivement Bossu. Personne n'a besoin d'eux, et ils se suffisent à eux-mêmes..." (p.145)

    "Est-il possible qu'une personne qui a du pouvoir sur une autre ne s'en serve jamais ?" (p.418)

    (La Maison dans laquelle de Mariam Petrosian)   

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  • La différence invisible

    "Il n'y a rien à guérir chez vous, rien à changer. Votre rôle n'est pas de rentrer dans un moule, mais plutôt d'aider les autres - tous les autres - à sortir de celui dans lequel ils sont enfermés. Vous n'êtes pas là pour suivre une voie pré-établie mais, à l'inverse, pour emprunter votre propre chemin, et inviter ceux qui vous entourent à sortir des sentiers battus.

    En embrassant votre identité profonde, en vous réconciliant avec votre singularité, vous devenez un exemple à suivre. Vous avez donc le pouvoir de faire voler en éclats ce carcan normatif qui nous étouffe tous et nous empêche de vivre ensemble dans le respect et la tolérance.

    Votre différence ne fait pas partie du problème, mais de la solution.

    C'est un remède à notre société, malade de la normalité."

     

    (dédicace liminaire de Julie Dachez à La différence invisible)

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