• Chaque individu est unique

    "Mais je suis triste, Madame. Comment aurai-je des amis si je suis tout seul dans mon groupe ? Si c'est ça mettre de l'ordre, je trouve ça injuste. Dans la nature tout est mélangé, et tout le monde vit quand même ! Chante ! Cours ! Vole ! Tout le monde a une maman !"

     

    (Mais où est donc Ornicar deGérald Stehr et Willi Glasauer, p.20)   

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  • "Tout dans ce texte est authentique.
    (...)
    Merci à celles et ceux qui ont accepté de se livrer au long de ces pages, d'où personne, jamais, ne pourra les expulser." (propos liminaire) 

     

    "Qui peut comprendre ?
    - Il va être comment le livre que vous allez écrire ?
    C'est Paul, le frère de Rosita qui me soumet à la question, avec les yeux d'un juge attendant une réponse circonstanciée. je dis :
    - Laisser des traces coûte que coûte, qu'aucun bulldozer ne pourra effacer. Se faire connaître aussi. Les gens ne nous connaissent pas et parce qu'ils ne nous connaissent pas, ils ne nous comprennent pas. Notre travail, c'est justement d'élaborer une écriture qui permette de nous faire comprendre, de nous faire connaître. C'est possible, mais ce n'est pas facile. Qui peut comprendre ?" (p.51)

     

    (L'Epine sur les roses de Jean-Michel Defromont, éditions ATD Quart Monde)

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  • "Elle était vraiment différente.
    Et quitte à être exclue...
    ...Elle l'était avec panache."

    Une présence

    "Tu te rends compte que tu es en train de dire...devant mon groupe, que si on ne perce pas...
    C'est parce que je suis grosse ? "
    "C'est n'importe quoi ! Qu'ils aillent se faire foutre !
    Cass est parfaite comme elle est !
    Exactement !
    Et puis c'est la meilleure chanteuse !
    On s'en fout, on n'a pas besoin qu'elle soit belle !"  

    "Il y a un truc très déstabilisant chez cette gosse.
    Elle a cette espèce d'immense corps encombrant dont elle ne sait pas quoi faire.
    Et puis...
    Tout à coup
    il n'y a plus de corps,
    il n'y a que cette présence.
    Et puis cette voix.
    Cette voix !"

     

    (California dreamin' de Pénélope Bagieu)

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  • "Très vite, j’eus l’intuition qu’en fuyant le handicap, on s’isole. Il est là, il faut l’accueillir comme un cinquième membre, composer avec lui. Pour ce faire, la connaissance de ses faiblesses me semble primordiale..." (p.53)

    "Le centre regorgeait d'anomalies : moi, mâchouillant mes mots et titubant gaiement ; Philippe, qui, à dix-huit ans, mesurait moins d'un mètre ; Jérôme, qui ne pouvait pas marcher ni parler, et Adrien, qui souffrait d'un retard mental et prononçait des sons presque impossible à déchiffrer. Rien ne nous unissait, pourtant tout nous réunissait. Ensemble, nous pouvions mieux tolérer l'intolérable de notre situation."

    "On a de plus en plus tendance à exclure le différent, l'inutile, l'étranger, l'autre... Jérôme ne pouvait rien faire physiquement. Après avoir évalué ses possibilités, on le qualifiait volontiers de non rentable. Pourtant, il m'a appris, mieux que quiconque, le dur "métier d'homme".   

    éloge de la faiblesse

    "Tu reviens sans cesse sur la notion de "norme", de "normalité". Pourrais-tu me définir scrupuleusement ce que signifie "normal" ?

    Alexandre: scrupuleusement,. laisse moi essayer : "qui est conforme à la majorité ou à la moyenne des cas ou des usages: Ainsi, par exemple, il est normal pour un enfant de douze ans de marcher, parler, lire, écrire..... "

    "Les gens "normaux" projettent sur l'individu différent toute l'angoisse, la peur, le malaise qu'engendre la dissemblance."

    "La difficulté aguerrit, stimule, elle oblige à trouver des solutions."

    "On m'a expliqué, par exemple ,qu'il existe deux effets de la normalité. La normalité peut constituer une stimulation pour la personne qui s'en exclue. Elle suscite en elle le désir de devenir toujours meilleure ,de réduire de plus en plus l'écart qui la sépare des autres. La normalité peut aussi créer la marginalité, exclure...." (p.92)

     

    (Eloge de la faiblesse d'Alexandre Jollien)

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  • "Notre fils est tout à fait inapte aux relations humaines, dont son père fait profession, et il ne sait ni lire ni écrire, bien qu'il ait une mère écrivain ! Et de plus, Iannis ne parle pas. Mais il a de nombreux moyens de se faire comprendre... Pas toujours adaptés, c'est le moins qu'on puisse dire, surtout de la part d'un garçon de 16 ans !"

    Un garçon singulier

    "Dans le lit une forme se devinait, entortillée dans les couvertures. Iannis dormait en position fœtale, deux doigts enfoncés dans la bouche et je ne distinguais de lui qu'un profil délicat découpé sur l'oreiller. Une pointe du col de son pyjama masquait sa joue et seul un pli très marqué entre ses sourcils indiquait une tension que le sommeil même ne pouvait apaiser. Je fus saisi par la beauté de ce visage auréolé d'une masse de cheveux blonds, par la longueur de ses cils et la ligne de son nez, quand je m'attendais à un faciès déformé par les troubles psychiques."

    "Je crois entendre les éducateurs qui s'occupaient de lui à l'hôpital de jour ! Ils avaient le chic pour "positiver", comme on dit ! Des capacités, sûrement... mais si vous viviez en permanence avec lui, vous seriez comme moi épuisé de chercher à les deviner, ces capacités !"

    "On ne sait jamais comment Iannis réagit. Pas comme nous en tout cas."

    "Ce n'est pas de Iannis dont tous ces jeunes gens ont eu peur, mais d'eux-mêmes, de ce que Iannis leur renvoyait. C'était leur part d'ombre qui les effrayait." (p.140)

     

    (Un garçon singulier de Philippe Grimbert)

     

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  • "- Il n'y a pas de "pour une fois"... il n'y en a jamais eu, et il n'y en aura jamais ! Je ne peux pas laisser la moindre chance à son handicap de prendre le dessus !
    - Ne sois pas si radical !
    - Je suis pragmatique, point ! La petite ne doit pas relâcher ses efforts, quelle que soit la situation.
    - Je ne suis pas une handicapée..." (p.25)

    Pas une maladie

    "- Ce dont vous devez prendre conscience, c'est que la trisomie n'est pas une maladie, mais un état. Essayez de comprendre à quel point ces deux termes sont différents. La trisomie ne se guérit pas." (p.40)

    "- Il ne faut pas croire que le simple fait de quitter l'école l'empêchera de progresser. Au contraire, les I.M.E. ont des méthodes plus adaptées, qui lui apporteront beaucoup.
    La dénomination "Institut Médicoéducatif" fait penser à "hôpital psychiatrique" mais il paraît que, en réalité, c'est tout à fait différent.
    Les enfants sont traités au cas par cas, et ils reçoivent une éducation qui correspond à leurs capacités.
    - Ecoute je suis fatigué ! Pas la peine de me faire de la retape pour ces... ghettos éducatifs aujourd'hui !
    La réalité, c'est que, à part nous, elle ne va plus être entourée que de handicapés..." (p.42-43)

     

    (Mon année, T.1 de Morvan et Taniguchi)

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  • Silence

     

    En marge de la vie grouillent d'étranges morts

    Des limbes oubliés d'où nul ne les dérange

    Décalés, ignorés, rejetés sans remords

    Simples ou handicapés : ce sont les nouveaux anges

     

    Différents de nature et comme trop sensibles

    On les juge toujours à l'écart d'une norme

    Délicates ratures que l'odieux prend pour cible

    Rassuré par l'aplomb de sa bêtise énorme

     

    Ceux qui ont tous les droits et aux autres les torts

    Se permettent de rire en nous montrant du doigt

    Mais Silence gribouille à ces êtres sans voix

    Qu'ils ne sont ici-bas que pantins sans ressort.

     

     

    le 10 juillet 2000

     

    (Poème inspiré par la bande dessinée "Silence" de Comès)

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  • "J'ai réussi à adopter une attitude normale grâce aux influences de mon entourage. Je n'ai pas appris à sourire parce que je m'étais intégré. Je me suis intégré parce que j'avais appris à sourire !
    Je pouvais ressembler aux autres enfants !
    Au début, je me contentais de les imiter mais au bout d'un moment, je suis devenu capable de rire ou de me fâcher naturellement !"

    Cette société codifiée

    ""Toi et moi, on est pareils. On est des imposteurs !"
    Qu'est-ce qu'elle voulait dire ?
    Impossible qu'en a peine deux jours elle ait découvert que je ne suis plus le même !
    Bon... c'est vrai que je m'efforçais de trouver des repères.. mais je le faisais déjà quand j'étais gamin !
    Je jouais le rôle de celui que je désirais être...
    Pourquoi ?
    Pour bien m'entendre avec ma mère, mes amis, mon entourage... pour m'adapter à cette société codifiée."

    (Erased de Kei Sanbe)

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  • En parler

     

    "Je m'installe près d'elle sur le lit. Je pense : "Demande-moi comment s'est passée ma journée, demande-moi comment s'est passée ma journée, demande-moi comment s'est passée ma journée..."
    - Je suis anorexique.
    J'éclate de rire, à notre grande surprise à tous les deux.
    - Pourquoi ris-tu ?
    Je ris de plus belle. Elle me donne un coup de pied dans le bras.
    - Ce n'est pas drôle, Donnie, j'ai une maladie ! Comment peux-tu rire ?
    - C'est drôle, parce que ça fait une putain d'année que tu es anorexique, tu as été à deux reprises dans ce foutu hôpital et c'est la première fois que quelqu'un, toi, ou m'man, ou p'pa, ou n'importe qui d'autre m'en parle."

     

    (Comment j'ai disparu d'Adrienne Maria Vrettos)

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  • "Vous avez pris une décision que certains experts qualifieraient d'étrange ; vous avez enseigné à Jack que le monde mesurait environ trois mètres sur trois et que tout le reste -tout ce qu'il voyait à la télé ou entendait raconter dans ses quelques livres- était purement imaginaire."

    "« Ecoute. Ce qu’on voit à la télé, c’est… ce sont des images de choses réelles. »
    J’ai jamais rien entendu d’aussi incroyable."

    Dehors

    "Quand j’avais quatre ans, je savais même pas qu’il y avait un Dehors ou je croyais que c’était juste des histoires. Après, Maman m’a dit qu’il existait pour de vrai et je me croyais omnisavant. Mais maintenant que je suis dans le Dehors, en fait je sais pas beaucoup de choses, je suis tout perdu tout le temps."

    "- En fait c’est plus dur qu’avant. » Maman regarde par terre. « Quand notre univers se limitait à quelques mètres carrés, il était plus facile à maîtriser. Beaucoup de choses effraient Jack pour l’instant. Mais je ne supporte pas la façon dont les média font de lui un monstre, un singe savant ou un enfant sauvage, ce mot…"

    (Room d'Emma Donoghue)

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