• Le métier des parents

     « « Et vous, Diane, votre père est photographe animalier... c’est intéressant comme métier, et en ce moment c’est quel animal qu’il suit ? » Diane marmonne sur un ton fermé et boudeur qu’elle ne sait pas vraiment, elle vit plutôt avec sa mère. M. Malonne enchaîne sans commentaire.

     Il passe devant Stella et lui parle de ses heures de GRS, c’est bien de s’engager dans le sport. Rien sur le métier de sa mère, elle est caissière. Un bon point, doublé d’un sourire, pour Yohan dont la mère est ophtalmo ou opticienne, je confonds. 

     Qui il est Malonne pour choisir entre ceux qui méritent qu’on leur parle de leurs parents et les autres qu’il regarde à peine ? J’ai envie de gueuler. De l’engueuler. De lui faire cracher qu'on est en pleine discrimination, qu'il pratique le tri social, qu'il baigne dans les préjugés aussi injustes que cruels. Comme si les enfants étaient responsables de la réussite ou de la galère de leurs parents. Comme si ça déterminait quelque chose de ce qu'on est, des résultats qu'on va obtenir cette année, de ce qu'on va devenir. Je n'ai pas envie de croire que le métier des parents indique le métier qu'on choisira, nous les enfants. Je vomis sur le principe de reproduction. On est la liberté. » (p.9)

     

    Le métier des parents

     

    « Je lis sur son visage qu'intérieurement il se félicite de jouer la carte de la proximité avec ses élèves, il s'intéresse à leur famille, il est soucieux de qui ils sont, et patati et patata. Le bon prof, quoi ! Sauf qu'il ne s'attarde pas sur Maël, son père bosse chez un maçon, ou sur Jeff, son père est au chômage depuis que l'entreprise Logiprox a fermé, sans repreneurs, ou sur Gaby, sa mère est à la cantine, c'est elle qui nous tend les assiettes au self.

     Si mon père l'entendait, ça le rendrait fou. Y a pas de sous-métiers, y a pas de faux métiers, c'est ce qu'il me dit, que de vrais boulots, de vrais boulons parce que c'est ça, on en est là. Toutes les pièces d'une gigantesque machine qui avance, recule, fonctionne tant bien que mal. On a besoin de toutes les pièces, comme pour un puzzle, sinon y a un trou et ça ne tourne plus rond. » (p.11-12)

      

    (à quoi tu ressembles ? de Magali WIENER)

     

     

    « La judéitéLa singularité »
    Partager via GmailGoogle Bookmarks Blogmarks

    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :