• La maladie des gens qui s'interdisent de manger

     « - Bonnie prétend que la fille a cette maladie des gens qui s’interdisent de manger. Mais je ne sais pas si c’est vrai.

     Margaret secoua la tête.

     - De jolies jeunes filles qui s’affament toutes seules. J’ai lu des articles là-dessus. Elles font ça pour avoir l’impression de garder le contrôle de leur corps, et tout à coup elles perdent le contrôle et ne peuvent plus s’arrêter. C’est d’une tristesse... » (p.135)

       

    « Elle laissa glisser sa main jusqu’à l’épaule osseuse et la jeune fille – des larmes filtraient de ses paupières closes – appuya la joue contre la main d’Olive.

     - Je ne veux pas être comme ça, murmura Nina.

     - Bien sûr, répondit Olive. Et nous allons trouver un moyen de t’aider.

     La jeune fille secoua la tête.

     - Ils ont déjà essayé. Mais je rechute toujours. Je suis un cas désespéré. 

    La maladie des gens qui s'interdisent de manger

    Olive prit une chaise et s’assit à côté de Nina (…). Elle se mit à caresser les cheveux de la jeune fille et en frotta quelques-uns entre ses doigts. Elle regarda Harmon et Margaret avec un mouvement de tête significatif, avant de laisser tomber les fragments de cheveux secs par terre.

     On perd ses cheveux quand on est affamé.

     (…)

     - Ton corps va se laisser mourir si tu ne lui donne pas un peu de carburant. Je sais que tu as déjà entendu cent fois ce genre d’explications, c’est pour ça que tu restes plantée là, sans rien répondre.» (p.146-147)

      

     « - Cette satanée Madame-Je-Sais-Tout de bru ! A l’entendre parler, on croirait que c’est une experte en tout. Elle m’a dit : « Olive, il ne fallait pas vous attendre à ce qu’elle guérisse vraiment. Les gens qui ont cette maladie ne s’en remettent jamais. » Alors je lui ai dit : « Enfin, Suzanne, il n’en meurent quand même pas tous. » Et elle : « Eh bien, Olive, beaucoup en meurent, si. »

     - L’enterrement est privé, annonça Margaret à Harmon. Juste la famille.

     Il hocha la tête.

     - Elle avalait des laxatifs, poursuivit-elle en posant une tasse de thé devant lui puis en frottant ses narines avec un mouchoir. Sa mère a trouvé la boîte dans un tiroir de sa chambre, et c’est logique, je suppose, puisqu’elle avait cessé de conserver le peu de poids qu’elle avait repris. Ils l’ont emmenée à l’hôpital jeudi…

     Margaret s’assit et prit sa tête dans ses mains.

     - C’était une scène atroce, expliqua Olive. D’après ce qu’à raconté la mère, Nina ne voulait pas y aller, bien sûr. Alors il a fallu appeler du renfort, la police, et elle est partie en se débattant comme une enragée.

     - Pauvre trésor, dit Margaret.

     - Elle a eu une crise cardiaque cette nuit. » (p.153)

      

     (Olive Kitteridge d’Elizabeth STROUT)

       

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