• Hors de prix

    «  Quand j’ai arrêté de picoler, je me suis dit : «  Comment tu vas tenir le coup ? » Alors je me suis répondu que j’avais qu’à faire comme si j’étais sur une île déserte, pas un bistrot à l’horizon, pas un marchand de vin, rien, comme si j’étais Robinson Crusoé. T’as un canif et un bout de ficelle et démerde-toi avec pour construire un monde. Epave parmi les épaves, je n’avais que ça pour m’en tirer. C’est de cette façon que je suis devenu artiste. Bien sûr, on ne le sais pas tout de suite, et puis, qu’est-ce que ça veut dire ?... J’avais juste envie de m’évader. Faut être un peu malheureux, sans doute. Il n’y a que les prisonniers qui s’évadent.

     - Alors ça se vend ?

     - Ben oui, ça m’étonne autant que toi.

     - Cher ?

     - ça veut dire quoi, cher ? Je suis hors de prix, comme un beau coucher de soleil, comme un bon moment passé avec un ami. On n’achète pas le bonheur et c’est tant mieux ! Qu’est-ce qu’il leur resterait, aux pauvres ?... La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie.

       

    Hors de prix

    Vincent ne comprend pas tout. Trop de mots, d’idées qui se bousculent dans sa tête comme des autos tamponneuses.

     - Quand même, tout ce pognon et tu vis là, dans ce…

     - Trou ?... comme une cloche ?... Ben oui, mais je suis chez moi et je m’y sens bien.

     Vaut mieux mourir dans sa peau que vivre dans celle d’un autre. » (p.72-73)

       

    (J’irai te voir de Pascal GARNIER)

     

     

     

    « Comme toi et moiAutoportrait d’une marginale »
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