• Femme et liberté

    La louve et l'afghane

     

    « Une louve efflanquée cloutée plutôt zonarde

     

    Et par certains côtés rappelant la renarde

     

    Une louve cherchant l'aventure en un bar

     

    Vit une chienne afghane entrée là par hasard

     

    La belle était soyeuse et parfumée Chanel

     

    Vêtue de soie légère et de vison pastel

     

    Cette aisance dorée que fortune vous donne

     

    Était comme étalée sur toute sa personne

     

     

     

    Ah dites-moi la belle afghane

     

    D'où vous est tombée cette manne

     

    Il semble que vous ayez tout

     

    Elle répond que prenez-vous

     

     

     

    Et l'afghane commande et l'autre l'accompagne

     

    Et vidant force coupes du meilleur champagne

     

    On se raconte un peu on compare son sort

     

    Mais comment pouvez-vous dit celle cousue d'or

     

    Pouvez-vous supporter cette vie de bohème

     

    Où le premier venu est celui qui vous aime

     

    Celui qui payera peut-être le loyer

     

    Et la maigre entrecôte et le collant filé

     

     

     

    Mais dites-moi ma belle afghane

     

    A moi qui suis vraiment profane

     

    Comme faire pour obtenir

     

    Ce qu'à mes yeux faites reluire

     

    Femme et liberté

     

    Presque rien cuisiner faire un peu de ménage

     

    Élever des enfants s'assurer qu'ils soient sages

     

    Être aimable toujours amoureuse parfois

     

    Mais jalouse jamais en échange de quoi

     

    On a tout ce qu'il faut pour être longtemps belle

     

    Massages thalasso et dessous de dentelles

     

    Caresses  le dimanche et pas les autres jours

     

    Et puis si l'on insiste quelques mots d'amour

     

     

     

    C'est merveilleux ma belle afghane

     

    Je suivrai votre caravane

     

    Mais quel est ce regard inquiet

     

    Sur la montre à votre poignet

     

     

     

    Eh bien je regardais - quoi donc - s'il était l'heure

     

    D'y aller - quoi déjà - eh bien oui je demeure

     

    Assez loin et s'il était rentré - rentré qui

     

    - Peu importe - ah non je veux savoir - mon mari

     

    - L'anneau que vous portez à ce point vous enchaîne

     

    - Pas vraiment pas toujours voyez je me promène

     

    - Oh oui promenez-vous j'ai compris la leçon

     

    Pour moi je me sens libre avec mon vieux blouson

     

     

     

    Rentrez chez vous la belle afghane

     

    Moi je préfère ma cabane

     

    Et sans rester dans le décor

     

    Louve s'enfuit et court encore."

     

     

     

    d'après Le loup et le chien, fable V 8 de Jean de La Fontaine

     

     

     

    Anne SYLVESTRE chante... au bord de La Fontaine (1997)

    « Il gênait...Couverture »
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