• Disposer de sa vie

     

    « Il s'inquiétait de toujours vous plaire, plus exactement de ne pas vous déplaire. Vous étiez, comment dire, son idéal. » (p.58)

     

     

     

    « David avait une personnalité attachante mais une faiblesse : la crainte de ne pas correspondre à ce que les autres attendaient de lui. Vos parents le poussaient à étudier le droit, pas question pour lui de les décevoir. » (p.65-66)

     

     

     

    « Parce que nous nous ressemblions tous les deux. Je suis une fille d'origine maghrébine. Difficile pour une fille arabe de disposer de sa vie. Ma famille, mon père surtout, veut que j'épouse un musulman. Moi, je ne veux pas et je dois me battre. Inimaginable pour lui que je vive avec un Français. L'incompréhension, l'intolérance inconsciente parfois de ceux qui vous aiment sont lourdes à porter. Et il est difficile de se confier à ceux qui vous connaissent depuis longtemps. » (p.67)

     

     

     

    « C'est tellement plus simple, ajoute-t-elle. Tellement banal. Mais il n'arrivait pas à en parler avec vous, avec vos parents. Un blocage. Il craignait votre jugement, votre regard parce que justement vous ne le voyiez pas tel qu'il était, vous vous étiez créé une image de lui qui n'était pas la sienne. Ça le minait, je crois. » (p.68)

     

     

     

    Disposer de sa vie

     

     

    « L'école de Gély. La cour de récréation.

     

    Ça crie, ça court, ça rit... Un de tes copains en jouant, David, te bouscule brutalement. Tu tombes. Genou ensanglanté. Tu as mal, tu pleures.

     

    • La mauviette ! Commence à crier Raphaël Paréja.

    • Le bébé ! Renchérit Jacquy Saumade.

    • Le pédé ! Le pédé !

    • Le pédé ! Tous reprennent en choeur.

     

    Six ans, tes copains comprenaient-ils seulement ce qu'ils disaient ?

     

    Je m'approche pour prendre ta défense. Très fort, je déclare :

     

    • Je vous interdis. Mon frère n'est pas un pédé !

     

    Non, ce jour-là, David, je n'ai pas pris ta défense. Dans mon intonation, transpirait trop le refus inconscient, bête et catégorique que mon frère plus tard puisse être homosexuel.

     

     

     

    « Avec cette p'tite gueule, mon David, sûr, tu vas les faire toutes craquer... » Ma phrase.

     

    « Quand nous aurons des petits-enfants de David. » Phrase des parents.

     

    (…) Je regarde mon image dans le rétroviseur. Ai-je l'air si intolérant ? Avais-tu vraiment peur de moi . » (p.69-70)

     

     

     

    (Le cahier rouge de Claire Mazard)

    « CondescendanceJe ne me sens pas noir »
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