• "Au fait, tu sais, il y a des nouveaux au deuxième dans ton ancien appartement. Ils ont une fille qui est pas normale. Elle parle pas, elle pousse des cris en agitant les mains; Tu vois le tableau ! (p.29)"

     

    "- Dis espèce de singe, tu sais pas parler !?
    - Elle vous parle, Monsieur ! lance une voix forte derrière moi. Elle vient de vous répondre qu'elle danse avec qui elle veut et ne vous a point choisi comme partenaire.
    (...)
    Cette demoiselle est sourde, explique-t-il, elle ne parle pas la même langue que nous et communique grâce à la langue des signes.
    Rapidement, le Poète et la fille échangent quelques gestes. Puis celui-ci nous traduit d'une voix qui porte loin :
    - Elle dit qu'il est malhonnête de profiter de son silence pour l'insulter... Elle souffre d'être considérée comme une débile mentale sous le prétexte qu'elle est sourde... J'ajouterai pour ma part que sa langue est aussi riche que la nôtre, malheureusement peu de gens la connaissent." (p.62-63)

    Se sentir exclu

    "Il y a un mur entre nous, toujours ce même mur de verre qui rend difficile toute communication. Je me sens désorienté. Pour la première fois de ma vie, je réalise que c'est dur de ne pas être comme les autres. Dans ce groupe, c'est moi l'handicapé, l'exclu." (p.93)

     

    "J'articule plus lentement, en faisant attention :
    - Pourquoi tu m'as invité à la fête ?
    Elle écrit :
    Pour que tu ressentes ce que je ressens au milieu de tous les entendants...
    (...)
    Maintenant, tu as compris que c'est difficile de ne pas pouvoir communiquer, d'être seul au milieu de la foule." (p.100-101)

     

    "Ce qui est dur c'est d'être différent... d'être un oiseau sans ailes au milieu d'autres oiseaux qui volent." (p.103)

     

    "Mes amis sourds restent entre eux parce que le monde des entendants les exclut. mais le soleil brille pour tout le monde et moi... Elle retourne l'ardoise, je refuse d'être mise à l'écart. Je ne veux plus de murs entre nous." (p.103)

     

    (Deux mains pour le dire de Didier Jean et Zad)

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  • "Une baleine blanche sur la couverture .
    La prof brandit le livre en évitant de croiser mon regard, parce qu'elle sait bien qu'au bahut, tout le monde m'appelle Cachalot.
    Kchalo, en fait.
    Parce que Baleine - BaLN -, c'est déjà pris.
    Par un type de première STG, si gros que le principal a été obligé de lui commander des chaises spéciales, plus larges, capable de supporter jusqu'à cent soixante-dix kilos. Ça lui laisse de la marge, mais pas tant que ça.
    BaLN, Kchalo, de quoi inspirer les plus poètes d'entre nous.
    Dans les toilettes, quelqu'un a tagué un cœur avec, à l'intérieur : " Kchalo + BaLN = love. "

    "Pourquoi est-ce que tu manges autant, Lisa ?"
    Pour me remplir, Madame.
    Pour compter double.
    Lisa + Nelly.
    Pour ne plus lui ressembler, pour qu'on ne me confonde pas avec elle.
    Pour ne plus la voir quand je me regarde dans le miroir.
    Pour oublier son absence.
    Pour combler le vide.
    Parce qu'elle me manque à crever.
    Parce qu'elle était ma moitié.
    Parce qu'elle était mon tout.
    Pour mourir et la rejoindre." (p.76-77)

    (Deux sur la balance d'Agnès Laroche)

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  • "Moi, j'étais en dehors. Etranger. S'il n'y avait pas eu l'interprète, les mains de ces trois personnes, tantôt souriantes, tantôt sérieuses, auraient dansé pour rien, dans le silence, dans l'ignorance. Mon ignorance. Et pour eux, ma voix ne servait à rien. J'étais assommé par cette révélation."

     

    "Ceux qui critiquent toujours tout disent que "ces gens-là" sont bizarres, que leurs gestes sont ridicules."

     

    Qui est le handicapé ici ?

     

    "Qui est le handicapé ici ? C'est moi !" ai-je pensé. Je me suis senti anormal. C'était bizarre.
    J'ai questionné l’interprète, elle m'a appris qu'il y a cent mille sourds en France. Rares sont les sourds profonds qui parviennent à parler. Mais alors, pourquoi ne m'a t-on pas appris leur langage ? Je suis sûr qu'enfant j'aurais dansé des mains, de la bouche, des yeux et de tout le corps avec fougue, moi à qui l'on a tant dit "Tais-toi !" Je suis sûr que tous les enfants adoreraient s'initier à ce langage aérien, secret, farceur, aussitôt effacé, eux qui ne vivent qu'au présent.
    (...) Je ruminais tout en montant la côte : "Quand je pense que j'ai appris l'anglais pendant des années au collège et que je n'ai parlé, dans ma vie, qu'à deux ou trois Anglais ! Presque tous les fonctionnaires savent dire : "Bonjour", "Quel est votre problème ?" et "remplissez ce formulaire" en anglais, je suppose, mais pas en sourd !"

    (Ecoute mon cœur de Janine Teisson)

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  • "C'est quoi une vie convenable ? Une vie de contraintes où on doit se soumettre aux desiderata des hommes sans pouvoir faire ce qu'on veut ?" (p.11)

     

    "Pour vous, les femmes sont bêtes, gauches, incultes et bonnes à rien... Bref, des êtres inférieurs à vous, messieurs. Mais ça suffit, quoi ! Tout ce que vous savez faire, moi aussi je peux le faire !"

     

    Vivre par ses propres moyens

    "Je sais que ce n'est pas facile pour une femme de vivre par ses propres moyens mais c'est une rage irrépressible que je porte en moi qui me pousse à aspirer à une vie autonome. J'ignore où tout cela va me mener mais je veux être formée pour pouvoir vivre de mon art et de mon travail. Je veux vivre dans la dignité et ne plus subir les humiliations... je veux vivre par mes propres moyens !" (p.50)


    (Arte, tome 1 de Kei Ohkubo)

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  • "En même temps, il en a vu d'autres, Mansour. C'est pas la première fois qu'on le prend pour un moins que rien. Le lycée lui refile les félicitations, mais personne ne le sait dans la rue, c'est pas écrit sur sa tête, ça ne se lit pas non plus dans son nom. Sa tête et son nom se rangent dans le tiroir "balayeur, maçon, éboueur ou marabout". Après tout, il s'en fout. Il sait pourquoi il reste au lycée après les cours, pourquoi il travaille plus que les autres. Un jour, il sera médecin, et tous ceux qui le voyaient balayeur, ou éboueur, il faudra bien qu'ils s'y habituent." (p.95)

    Couleur de peau

     

    "Assia n'a pas demandé à naître plus blanche que les Blancs. Peau blanche, cheveux blancs, et ses yeux... tellement clairs. "Tu l'as vue la gamine de Nafy ? Toute déteinte... C'est le mauvais œil, mauvais esprit ! T'approche pas d'elle, ça porte malheur." Chaque jour le regard aiguisé des autres. épiée, crainte, persécutée. Les gens comme elle, les albinos, on ne les apprécie guère au pays." (p.106)

    (Coup de chaud de Raphaële Frier)

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  • "Être femme est une infirmité naturelle dont tout le monde s'accommode. Être homme est une illusion et une violence que tout justifie et privilégie. Être est simplement un défi." (p.94)

     

    être

    "Je sais, dans ce pays, une femme seule est destinée à tous les refus. Dans une société morale, bien structurée, non seulement chacun est à sa place, mais il n’y a absolument pas de place pour celui ou celle, surtout celle qui, par volonté ou par erreur, par esprit rebelle ou par inconscience, trahit l’ordre. Une femme seule, célibataire ou divorcée, une fille-mère, est un être exposé à tous les rejets."

     

    "Si la femme chez nous est inférieure à l’homme, ce n’est pas parce que Dieu l’a voulu ou que le Prophète l’a décidé, mais parce qu’elle accepte ce sort."

     

    "La violence de mon pays est aussi dans ces yeux fermé, dans ces regards détournés, dans ces silences faits plus de résignation que d'indifférence..."

     

    (L'enfant de sable de Tahar Ben Jelloun)

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  • "Quelle que soit son origine ou la forme qu'elle prend, la discrimination est porteuse de violences et d'exclusion et trouve son origine dans l'intolérance et le refus de la différence."

    Des droits souvent bafoués

    Des droits souvent bafoués

    Des droits souvent bafoués

    rappel : les 20 critères de discrimination

     

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  • "C'est fou comme les gens ont besoin de s'enfermer les uns les autres dans des camps bien étanches. Quand ce n'est pas ta religion, c'est la couleur de ta peau, le pays de tes parents, le quartier où tu vis, les gens que tu aimes...
    Tu penses qu'il ne suffit pas d'être une personne pour exister. Pour parler de quelqu'un, tu as besoin de tout un tas d'étiquettes. Comme si nous étions des bêtes en route pour l'abattoir. Avec leurs labels accrochés sur l'oreille." (p.168)

     

    (J'envie ceux qui sont dans ton cœur de Marie Desplechin, aux éditions de l'Ecole des Loisirs)

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  • "En français, ce mot [bébé] n'a pas de féminin. Et, curieusement, il en va de même pour tous ceux qui désignent un nouveau-né. Par chance, quelque bon génie de la langue a épargné aux oreilles délicates l'affreuse sonorité de nourrissonne et enfançonne !"

    "Pendant neuf mois il n'y aurait rien, ni dans la chambre du bébé ni dans l'esprit de la famille, qui puisse marquer sa future identité sexuelle : elle attendait un enfant à aimer, et elle l'aimerait de toute façon."

    Esclave de son apparence

    "Est-il humain d'enfermer quelqu'un pour toujours dans une catégorie au seul prétexte que la population dans son ensemble se contente d'être esclave de son apparence ?"  (p.38)

    "Car finalement, comment s'assurer de l'adéquation entre une anatomie et la personne qui va devoir vivre avec ? Difficile de résumer un être à deux ou trois stigmates physiques !"

     

    (Dominique de Cookie Allez)

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  • "Donnons un lexique de toutes les notions qui se rapportent à l'exclusion, l'intolérance, le racisme, etc. Avec chaque fois une définition humoristique. Drôle mais juste. En tête de liste, je verrais bien l'injure suprême : intello !" (p.51)   

    Qui n'est pas comme eux

    "Le crayon de Sliman a ensuite sauté sur une feuille pour croquer un père furieux contre son fils qui lui rapportait un bulletin scolaire rempli de bons résultats. "T'es la honte de la famille ! Tu veux que tout le monde nous traite d'intellos ?" (p.54)   

    "La bande des Quatre. Ils se sentent insultés comme si on les avait caricaturés en singes.

    - Oui, et alors ? Quand ils traitent d'intello, de fayot, de p'tite merde celui qui lève le doigt pour aller au tableau, qu'est-ce qu'on leur dit à eux ? Est-ce qu'ils se demandent le mal qu'ils font quand ils s'en prennent à un boloss ou à quelqu'un qui n'est pas comme eux ?

    - Bien sûr, mais eux...

    - Eux quoi ? Ah oui, je sais, tu veux dire qu'on doit avoir peur. Dans ce cas, ce sont les terroristes du collège, et ça leur donne le droit de faire la loi ? Est-ce que c'est ça la République qu'on aime, comme dirait M. Ségurat ? Non, Tom a eu raison de créer Charliberté et je suis fière d'être avec lui. Viens, on va le rejoindre." (p.55)

     

    (Je suis CharLiberté d'Artur Ténor)

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