• Au milieu de la basse-cour

     

    « Non, c'est moi, aussi.

     

    Il faut quand même être lucide. Je n'étais pas le genre de fille sur laquelle on se retournait. Et je ne faisais rien pour. Je préférais les habits amples, les sweat-shirts informes, les mecs devaient penser que je passais mon week-end affalée devant la télévision. C'était souvent pour eux une bonne surprise, quand je me déshabillais. Ils remarquaient que j'avais un corps.

     

    Au milieu de la basse-cour

     

    Ajoutez la timidité.

     

    Non, ce n'est pas ça. Je ne me suis jamais considérée comme timide. Simplement, je n'avais pas envie de batailler pendant des heures pour imposer mes goûts ou mes points de vue, pour défendre tel film, tel groupe, tel homme politique. Quelle vanité. Je les regardais tous, petits coqs sur leurs ergots, en train de bomber le torse et de parler fort. Et parfois, au milieu de la basse-cour, des poules gloussaient en picorant autour des coqs, des paonnes étalaient leur plumage parce que leur ramage était détestable – et aussi des oies cendrées. Ces pasionarias prenaient à cœur tous les sujets et montaient dans les octaves pour tenir tête aux rois de la ferme, autre manière de se faire remarquer et de séduire. » (p.91-92)

     

     

     

    (06h41 de Jean-Philippe BLONDEL)

    « Chemin de ferTurbines »
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